Arte Magazine n°2016-43 22 oct 2016
Arte Magazine n°2016-43 22 oct 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-43 de 22 oct 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : no pasaran !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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GETTY IMAGES DOCUMENTAIRE LAURIE ANDERSON LA REINE ARTY Dans son essai documentaire Heart of a dog, la musicienne new-yorkaise Laurie Anderson prouve une nouvelle fois l’acuité de son regard, entre vie intime et réflexion sur le monde. Retour sur la carrière d’une artiste avant-gardiste et affranchie. 6 N°43 – Semaine du 22 au 28 octobre 2016 – ARTE Magazine Lundi 24 octobre à 0.50 HEART OF A DOG Lire page 17 Une voix électronique, comme filtrée au vocodeur *, des bribes de chants syncopés, une musique synthétique ultraminimaliste  : c’est avec «O Superman (for Massenet)», morceau à la séduction froide, plus Kraftwerk que Duran Duran, que Laurie Anderson se fait connaître en 1981. Deuxième vente de singles en Angleterre à sa sortie malgré sa volonté de rupture avec les canons pop de l’époque, «O Superman» réussit à symboliser par avance tout ce que la carrière de la violoniste offrira à son public. Non seulement il laisse entrevoir l’aube d’une humanité nouvelle couplée à la technologie, mais il parvient à concilier chapelles d’avant-garde et audience populaire. Laurie Anderson réussira d’ailleurs à apparaître comme l’archétype de la New-Yorkaise arty (vie trépidante et internationale, concepts artistiques insolites) et à rester accessible, souvent proche de la réalité sociale et politique de l’Amérique. Au fil d’albums à tête chercheuse et de concerts associant vidéos, textes, sons ou théâtre, elle élargira la palette du musicien moderne avec un sens consommé de l’imprévisible. CAPITALISME HONNI Ses disques, comme Big science (1982) ou Homeland (2010), mêlent électro, classique, expérimentations digitales, spoken words ou voix du monde. Ils évoquent souvent les aliénations contemporaines et les rapports à la technologie de celle qui se définit comme une nerd. Quant à ses performances, elles balaient un spectre allant du plus incongru (concert de klaxons en 1972, pour chiens en 2016), au plus engagé. Entre sculpture 3D et vidéo, celle qui fut résidente à la Nasa projette, en 2015 à New York, l’hologramme d’un prisonnier de Guantánamo contant son récit en direct d’un studio en Afrique. À côté de l’image, Laurie Anderson joue du violon et déclame. Contemptrice du capitalisme, «désastre absolu pour les relations humaines», elle n’hésite pas non plus à porter un regard introspectif vers sa vie intime, comme un autre territoire à explorer et à commenter. À la mort de son époux Lou Reed en 2013, elle écrit  : «Lou était un prince et un combattant. […] La beauté qui nous entoure et que nous avons à l’intérieur de nous est sans fin.» Son dernier film Heart of a dog, couplé à un disque éponyme, participe de cette veine, entre petite et grande focale, en évitant tout nombrilisme. «Lors d’une longue tournée il y a quelques années, raconte-t-elle, l’utilisation répétée du mot ‘je’me fit presque perdre mon esprit. Je me suis retrouvée à vraiment me haïr.» Laurie Anderson, toujours sur la corde raide. Pascal Mouneyres * Appareil qui analyse le son et le restitue sous forme synthétique.
NICK BRIGGS FOR SKY LIVING C’est le 30 août 1977, dans une modeste maison du nord de Londres, que se serait manifesté pour la première fois le «poltergeist d’Enfield». Ce soir-là, le lit de Janet Hodgson, 11 ans, aurait été pris de tremblements aussi spontanés qu’inexplicables. Le lendemain, alors que la commode de sa chambre venait à son tour de se mettre en mouvement, elle avertit sa mère, qui raconta par la suite à la police avoir entendu des coups contre les murs. Ainsi débuta une affaire largement relayée par la presse de l’époque, qui allait inspirer plusieurs livres et films, et apparaît aujourd’hui comme l’un des cas les mieux documentés de poltergeist («esprit frappeur» en allemand). Celui-ci sévira pendant deux ans, sous des formes plus ou moins effrayantes (bruits, voix, projections, déplacements en tout genre), jusqu’à prendre possession de la petite Janet, à qui il serait arrivé de léviter et de parler avec la voix de l’ancien propriétaire des lieux, évidemment décédé. Des rapports, des photos, des enregistrements confirment certains de ces phénomènes, et ont largement contribué à alimenter cette troublante histoire. Pour les sceptiques, il s’agirait là d’un vaste canular, orchestré avec beaucoup d’imagination par une adolescente en mal d’attention, avec la complicité de sa famille. Janet Hodgson, de fait, a avoué avoir simulé quelques-unes des mani- SÉRIE ESPRIT FRAPPEUR, ES-TU LÀ ? L’affaire Enfield se classe parmi les plus troublants des faits divers paranormaux. À l’origine de plusieurs livres, de films et d’une minisérie diffusée par ARTE, l’histoire titille notre fascination pour le surnaturel. N°43 – Semaine du 22 au 28 octobre 2016 – ARTE Magazine festations du poltergeist – mais seulement pour convaincre que les autres étaient réelles, ce qu’elle affirme encore aujourd’hui avec force. UNE «PRÉSENCE» L’enquête scrupuleuse effectuée à l’époque par Maurice Grosse et Guy Playfair, membres d’une société spécialisée dans le paranormal, tend à épaissir le mystère. Car s’ils admettent avoir été dupés, parfois, par cette jeune fille qui s’efforçait alors de faire face à une expérience pénible, ils attestent de la réalité d’une «présence» dans la maison du 284 Green Street. Mais faisaient-ils eux-mêmes preuve d’objectivité ? Deux fictions se sont récemment emparées de cette affaire. Conjuring 2  : le cas Enfield, un film calibré pour les amateurs de frissons, avec pour héros les époux Warren, célèbres chasseurs de fantômes américains qui se sont effectivement rendus à Enfield, mais n’y ont passé qu’une journée. La seconde est donc cette minisérie diffusée par ARTE, qui s’appuie, elle, sur une enquête plus profonde, fouillant la psychologie des protagonistes (Janet, mais aussi les enquêteurs qui essaient de comprendre). Elle fait ainsi ressortir les ambiguïtés propres à toute bonne histoire fantastique. Jonathan Lennuyeux-Comnène Jeudi 27 octobre à partir de 20.55 LE MYSTÈRE ENFIELD Lire page 23 7



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