Arte Magazine n°2016-43 22 oct 2016
Arte Magazine n°2016-43 22 oct 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-43 de 22 oct 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : no pasaran !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ROBERT CAPA/MAGNUM PHOTOS EN COUVERTURE LES BRIGADES DU SACRIFICE Dans son dernier documentaire, le réalisateur Patrick Rotman se penche sur la guerre d’Espagne et sur les combats tragiques des Brigades internationales contre le fascisme. Entretien. Mardi 25 octobre à 20.55 LA TRAGÉDIE DES BRIGADES INTERNATIONLES Lire page 18 Pourquoi revenir aujourd’hui sur la guerre d’Espagne ? Patrick Rotman  : C’est un conflit oublié, mais fondamental. Je le vois comme une antichambre de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle interviennent toutes les grandes puissances, mais aussi comme un conflit symbolique entre le bien et le mal, ou, pour le dire abruptement, entre 4 N°43 – Semaine du 22 au 28 octobre 2016 – ARTE Magazine fascisme et démocratie. Ce qui m’intéressait, c’était de revenir sur cette vision mythologique, de montrer la réalité de ce conflit, qui fut aussi l’affrontement des deux totalitarismes du XX e siècle, le communisme et le nazisme. Sans oublier ce que l’on peut appeler «une guerre civile dans la guerre civile», c’est-à-dire la prise de pouvoir par les communistes dans le camp républicain. J’ai souhaité dépasser la grande chanson de geste qu’a représenté la guerre d’Espagne, en me focalisant sur le trajet héroïque des Brigades internationales. Qui étaient les combattants des Brigades internationales ? Trente-cinq à quarante mille hommes et femmes venus de tous les pays. Les Brigades étaient entièrement organisées par l’Internationale communiste, qui les armait. Elles ont été envoyées dans tous les combats, sans aucun souci de préserver des vies humaines, ce qui a provoqué des pertes énormes  : près d’un tiers des effectifs. J’ai voulu montrer la contradiction entre l’idéal magnifique de ces hommes et la terrible finalité de leur combat contre le fascisme, qui se soldera par un échec militaire et politique. Après la défaite, ceux qui étaient issus d’Europe de l’Est, les Polonais, les Allemands, les Yougoslaves, n’ont pas pu rentrer dans leurs pays, alors sous dictature nazie ou communiste. Ils furent parqués dans des camps en France, où ils ont appris la signature du pacte germano-soviétique… Une effroyable fin de parcours. Certains furent ensuite livrés à la Gestapo, pendant que d’autres parvinrent à entrer dans la Résistance. D’autres encore furent victimes de procès staliniens en Hongrie ou en Tchécoslovaquie. Qu’est-il resté de la guerre d’Espagne en France ? Elle a longtemps marqué l’imaginaire de la gauche française, avant d’être peu à peu effacée de la mémoire collective. C’est pourquoi j’ai voulu la faire revivre avec des images rares, étonnantes, émouvantes. La guerre d’Espagne symbolise toute la tragédie du XX e siècle  : le triomphe des totalitarismes. Propos recueillis par Emmanuel Raspiengeas
COLLECTION CHRISTOPHEL artec(:)NEmA Méthode -KEN LOACH PROGRAMMATION SPÉCIALE KEN LOACH WORKING CLASS HÉRAUT À l’occasion de la sortie en salles du film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake, Palme d’or à Cannes, ARTE propose une approche inédite du cinéaste. Une immersion dans sa carrière à travers un webdocumentaire, prolongé par une soirée spéciale. En ligne sur arte.tv/kenloach, le documentaire interactif d’Emmanuel Roy, La méthode Ken Loach, dévoile l’approche du septième art du cinéaste. «L es salauds ! » Prononcée d’une voix douce accompagnée d’un grand sourire, cette exclamation ponctue Ken Loach, un cinéaste en colère, le documentaire que Louise Osmond consacre au perpétuel révolté du cinéma anglais, 80 printemps cette année. Un qualificatif que le réalisateur de Moi, Daniel Blake, dernière Palme d’or à Cannes, adresse aux politiciens conservateurs au pouvoir dans son pays ainsi qu’à tous ceux qui exploitent les travailleurs et piétinent les droits sociaux. L’apparence anodine de Ken Loach cache une volonté d’airain assortie d’un inaltérable esprit de lutte, qui carbure à l’indignation. Ses propres interventions teintées d’humour et les témoignages de ses proches dessinent le portrait d’un homme qui ne masque ni ses failles ni ses contradictions  : révolutionnaire et fidèle à ses idées, mais pouvant aussi se montrer inflexible et manipulateur. CHANTRE DU RÉALISME C’est également ce qui ressort de La méthode Ken Loach, un webdocumentaire proposé par ARTE En ligne sur arte.tv/kenloach LA MÉTHODE KEN LOACH Mercredi 26 octobre à partir de 20.55 SOIRÉE KEN LOACH Lire pages 20-21 qui offre une passionnante plongée dans l’art et la manière de filmer du cinéaste britannique. En suivant la fabrication de son dernier opus, la navigation interactive permet de saisir, au gré d’une dizaine d’étapes clés dans sa carrière et ses méthodes de travail, la rigueur et l’originalité d’une œuvre débutée dans l’effervescence des années 1960. Son approche, à la limite du documentaire, repose principalement sur des acteurs souvent inconnus, chez qui Ken Loach traque l’authenticité. Pour le réalisateur de Kes ou Raining stones, il importe de montrer le monde tel qu’il est et de donner une voix à ceux que l’on n’entend pas. Chantre du réalisme social à l’anglaise, il trouve sa matière dans les luttes de la classe ouvrière, dont il est issu par son père, mais aussi celles de l’Irlande du Nord. Détesté par ceux qu’il attaque en Angleterre, très apprécié en France, Ken Loach ne se fait pas d’illusion sur le pouvoir de ses films. Mais s’il se dit être «une petite voix parmi tant d’autres», il n’a pour autant jamais cessé de la faire entendre. Marie Gérard N°43 – Semaine du 22 au 28 octobre 2016 – ARTE Magazine 5



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