Arte Magazine n°2016-41 8 oct 2016
Arte Magazine n°2016-41 8 oct 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-41 de 8 oct 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : dans le noir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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OCTOBRE 10 LUNDI PATHÉ FILMS 20.55 CINÉMA VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS Une jeune intrigante (Danièle Delorme) entreprend de capter l’héritage d’un restaurateur débonnaire (Jean Gabin). Une plongée dans la noirceur de l’âme humaine, diffusée en version restaurée. Par une froide et grise matinée, Catherine, la vingtaine, cheveux courts et regard incisif, débarque Au Rendez-Vous des innocents, le très couru restaurant du chef André Chatelin, dans le quartier parisien des Halles. Elle révèle au propriétaire qu’elle est la fille de son ex-femme, laquelle vient de s’éteindre à Marseille dans le dénuement. Attendri par la jeune orpheline, Chatelin lui offre le gîte et le couvert, la prenant sous son aile paternelle comme il l’a fait avec Gérard, un étudiant en médecine déshérité. Catherine, dont la mère est en réalité droguée mais vivante, peut alors mettre son plan à exécution  : à force de mensonges, elle provoque une brouille entre les deux hommes, séduit André et l’épouse, dans l’optique de s’approprier sa fortune. AUTOPSIE DU MAL «Je veux manger à ma faim, je veux être habillée proprement ! », hurle Catherine à sa mère dans la chambre d’un hôtel miteux. Sa jeunesse misérable et dépravée apparaît pourtant comme une maigre circonstance atténuante, tant le cinéaste s’emploie à l’ériger en archétype de la méchanceté, dissimulée derrière un visage d’ange. Face à elle, Jean Gabin incarne avec un naturel époustouflant un personnage au grand cœur, à la faconde tout aussi généreuse, quoique flanqué d’une mère despotique et meurtri par les souvenirs de son premier mariage. Pénétré de réalisme zolien dans sa séquence d’ouverture, captant la vie grouillante du quartier des anciennes Halles de Paris et l’effervescence d’un restaurant de quartier, le film chavire vers une implacable autopsie du mal. Lire aussi page 9 Film de Julien Duvivier (France, 1956, 1h50mn, noir et blanc) Scénario  : Julien Duvivier, Charles Donat, Maurice Bessy Avec  : Jean Gabin (André Chatelin), Danièle Delorme (Catherine), Gérard Blain (Gérard Delacroix), Lucienne Bogaert (Gabrielle), Robert Arnoux (Bouvier), Gabrielle Fontan (Mme Jules), Germaine Kerjean (Mme Chatelin) - Image  : Armand Thirard Montage  : Marthe Poncin - Musique  : Jean Wiener - Production  : Société Nouvelle Pathé Cinéma, Les Films Agiman Version restaurée en 2015 16 N°41 – Semaine du 8 au 14 octobre 2016 – ARTE Magazine CYCLE JULIEN DUVIVIER Voici le temps des assassins lundi 10 octobre à 20.55 Marie-Octobre mercredi 12 octobre à 20.55 La belle équipe lundi 17 octobre à 20.50 La fin du jour lundi 17 octobre à 22.35 MONDADORI PORTFOLIO/RUE DES ARCHIVES
22.45 CINÉMA ÉTÉ VIOLENT Sublimes de sensualité, Jean-Louis Trintignant et Eleonora Rossi Drago portent cette élégante chronique d’un amour d’été contrarié par la guerre et les convenances sociales. Été 1943. Fils d’un dignitaire fasciste, Carlo passe des vacances en bord de mer, à Riccione. Un jour, le vol en rase-mottes d’un avion de chasse le surprend avec ses amis à la plage. Prise de panique, une fillette égarée se réfugie dans les bras du jeune homme. Lorsque sa mère, Roberta, une jeune veuve de guerre, la retrouve, la beauté de cette femme plus âgée que lui subjugue Carlo. Le lendemain, à la plage, le hasard les remet en présence et, quelques jours plus tard, Roberta se laisse emmener par le jeune homme en excursion à Saint- Marin. Une idylle se noue, vite contrariée par la jalousie d’une amie de Carlo, les convenances sociales et la guerre. FEUX INTÉRIEURS Rarement Jean-Louis Trintignant aura incarné avec autant de fougue la figure d’un jeune premier brûlant de désir. Dans ce mélodrame subtil, les effusions du sentiment amoureux se voilent d’une pudeur à peine contredite par l’exaltation des corps des baigneurs offerts au soleil. Attisant le feu intérieur, la belle et méconnue Eleonora Rossi Drago, ancienne Miss Italie, donne à ce mélodrame un extraordinaire éclat sensuel. Habitué à filmer des histoires d’amour contrariées, Valerio Zurlini (Journal intime, Lion d’or à la Mostra de Venise en 1962, La fille à la valise…) s’inspire de sa propre jeunesse pour tisser cette romance douloureuse. (Estate violenta) Film de Valerio Zurlini (Italie, 1959, 1h34mn, noir et blanc, VF/VOSTF) - Scénario  : Valerio Zurlini, Suso Cecchi d’Amico - Avec  : Eleonora Rossi Drago (Roberta Parmesan), Jean-Louis Trintignant (Carlo Caremoli), Jacqueline Sassard (Rosanna), Lilla Brignone (la mère de Roberta), Raf Mattioli (Giorgio), Federica Ranchi (Maddalena) - Image  : Tino Santoni - Montage  : Mario Serandrei - Musique  : Mario Nascimbene - Production  : Titanus, S.G.C. ALAIN CAVALIER 0.20 LA LUCARNE LE PARADIS Dans sa maison normande, entourée d’une nature luxuriante, Alain Cavalier convoque les mythes et le sacré pour évoquer sa version intime, espiègle et poétique, du paradis. Dans le jardin d’Éden d’Alain Cavalier, tout est à porté de main  : la minicaméra DV du cinéaste, l’oiseau blessé, le visage de l’être aimé ou la tête du chat noir, le mausolée bout de ficelle au pied d’un arbre pour le défunt bébé paon, dont les restes ont été emportés par un renard, ou par les esprits de la forêt. Le cinéaste passe «du coq à l’âme», et c’est somptueux. À 81 ans (au moment du tournage), l’inlassable filmeur solitaire, libéré depuis longtemps du joug de l’intrigue, rejoue sans queue ni tête les fantaisies de l’enfance. Jouissant des croche-pieds qu’il lance au réel, il revisite L’odyssée d’Homère ou le Nouveau Testament, composant une nature morte éminemment vivante. MURMURES De-ci de-là, des enfants et des femmes égrènent quelques mots légers, tandis que «le filmeur» de ce Paradis nous murmure à l’oreille sa singulière vision du monde  : «Depuis l’enfance, j’ai eu la chance de traverser deux minidépressions de bonheur et j’attends, tout à fait serein, la troisième. Ça me suffit pour croire en une certaine beauté de la vie et avoir le plaisir de tenter de la filmer sous toutes ses formes  : arbres, animaux, dieux, humains… et cela à l’heure où l’amour est vif. L’innocence, le cinéaste en a perdu une partie.» Alain Cavalier a heureusement gardé l’autre. Documentaire d’Alain Cavalier (France, 2014, 1h08mn) Production  : Caméra One N°41 – Semaine du 8 au 14 octobre 2016 – ARTE Magazine OCTOBRE LUNDI 17 10



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