Arte Magazine n°2016-40 1er oct 2016
Arte Magazine n°2016-40 1er oct 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-40 de 1er oct 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : les années Obama.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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OFFICIAL WHITE HOUSE/PETE SOUZA EN COUVERTURE IMMERSION À LA Grande dame du documentaire, couverte d’honneurs pour son travail d’investigation avec son complice Brian Lapping, Norma Percy a supervisé la magistrale série documentaire consacrée aux deux mandats de Barack Obama à la présidence des États-Unis. Entretien. 4 N°40 – Semaine du 1er au 7 octobre 2016 – ARTE Magazine
MAISON-BLANCHE Mardi 4 octobre à 20.55 LES ANNÉES OBAMA (1-4) Lire pages 18-19 Avant Barack Obama, vous avez rencontré un nombre impressionnant de chefs d’État... Norma Percy  : Je travaille avec Brian Lapping * depuis plus de trente ans et nos documentaires reposent tous sur le même principe  : ils racontent en détail la manière dont ont été prises les grandes décisions politiques qui ont façonné l’histoire internationale récente. Comment et pourquoi une guerre se déclenche-t-elle, une paix est-elle signée, une réforme historique est-elle adoptée ? Nous essayons de faire vivre cela au téléspectateur par le récit direct des personnes qui ont pris ces décisions ou y ont contribué, comme s’il avait lui-même assisté à ces moments uniques. Pas d’opinions, pas d’analyses générales, mais des faits, reconstitués avec minutie par les acteurs eux-mêmes, en recoupant les témoignages et en donnant la parole à toutes les parties  : qu’ont-ils dit, fait, pensé à ce moment-là ? Si cela nous passionne autant, c’est parce que ces instants décisifs constituent toujours de puissantes histoires humaines. Que racontez-vous, en substance, dans ces quatre heures de film ? Après avoir passé près de trois ans de ma vie à l’étudier d’aussi près, je crois pouvoir dire que, loin de l’homme froid, timoré ou changeant que beaucoup l’accusent d’être, Barack Obama s’est engagé résolument pour faire aboutir les grands dossiers qui lui tenaient à cœur. Et il a remporté des victoires importantes. Il a évité que l’économie ne s’effondre en 2008. Il a fait adopter une couverture maladie pour tous les Américains avec une réforme de l’assurance santé que sept présidents avant lui avaient échoué à faire passer... Il a signé un accord historique avec l’Iran. Mais la Constitution américaine est une création aussi étrange que merveilleuse. Pour se préserver de la tyrannie de l’exécutif, les pères fondateurs de la nation ont imaginé une infinité de contre-pouvoirs législatifs. Obama a été considérablement freiné par ses adversaires Républicains, qui ont misé d’emblée sur une opposition systématique. Et qui, assez vite, ont obtenu la majorité au Congrès. À un moment, dans sa frustration, il s’exclame  : « Je dirige le pays le plus puissant du monde et je ne peux rien faire. » « Vous et moi, nous allons changer ce pays », lance-t-il à la foule au moment de son élection, en 2008. Croyez-vous qu’il y soit parvenu ? Il est trop tôt pour le dire. Mais il me semble qu’il aura permis de courber un peu l’« arc » de l’histoire vers davantage de justice, selon sa propre formule, inspirée par Martin Luther King. Face à un personnage d’un tel charisme, avezvous craint de perdre votre impartialité ? Oui, c’était l’un des écueils possibles. D’autant que rares sont les Républicains qui ont accepté de nous parler. Les membres du Tea Party, eux, ont unanimement refusé. Cela dit, ce que nous voulions faire, c’était raconter la Maison-Blanche de l’intérieur, et je crois que nous y sommes parvenus avec la distance requise. Comment avez-vous travaillé ? Avec difficulté et en longueur, comme toujours. On effectue d’abord des recherches en amont pour déterminer les moments clés que nous devrons raconter. Puis on multiplie les entretiens « off » pour comprendre ce qui s’est passé exactement et quels interlocuteurs il nous faut. En général, ceux qu’on « veut » absolument refusent au moins trois fois. Mais on sait se montrer très insistants ! Bien sûr, on avait tout de suite sollicité un entretien avec Obama. Lorsque, en février dernier, alors que le montage était pratiquement terminé et la diffusion par la BBC fixée à fin mars, son service de presse nous a accordé vingt minutes d’entretien, on a foncé, évidemment. Finalement, Paul Mitchell, qui a mené l’entretien, a obtenu le double de temps. Vous n’y étiez pas ? Paul était chargé de poser les questions, mais j’aurais dû être présente. Malheureusement, la veille du jour J, en sortant de chez moi, à Londres, pour aller à l’aéroport, j’ai été renversée par un cycliste et me suis réveillée à l’hôpital. Ils ont accepté de me laisser sortir mais au dernier moment, en me regardant dans le miroir, j’ai renoncé. On ne va pas rencontrer l’homme le plus classe du monde avec un visage plein de bleus et de bosses. Propos recueillis par Irène Berelowitch * Du duo Percy-Lapping, ARTE a diffusé notamment  : Yougoslavie – Suicide d’une nation européenne (1995) ; Irlande  : fin de partie (2001) ; Israël et les Arabes  : la guerre de 50 ans (1998) ; Une paix insaisissable (2005). N°40 – Semaine du 1er au 7 octobre 2016 – ARTE Magazine 5



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