Arte Magazine n°2016-34 20 aoû 2016
Arte Magazine n°2016-34 20 aoû 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-34 de 20 aoû 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : la reine Comaneci.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOCUMENTAIRE SOIGNER LES DOULEURS DE L’EXIL Pendant un an, pour La permanence, la documentariste Alice Diop a filmé avec autant de rigueur que de délicatesse des consultations médicales destinées aux migrants primo-arrivants, à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Entretien. Alice Diop Comment est né votre désir de faire ce film ? Alice Diop  : Il vient d’un choc. C’est par hasard, dans le cadre d’une enquête sur l’accès aux soins des plus démunis, que j’ai assisté à une première consultation à la Pass [Permanence d’accès aux soins de santé, NDLR]. J’y suis restée un aprèsmidi et j’ai été bouleversée par les visages de ces hommes marqués par la souffrance de l’exil. J’ai ressenti le besoin de revenir pour comprendre ce qui m’avait ébranlée… J’ai passé presque un an en repérages, sans caméra, pour essayer de trouver ma place, de me faire accepter par les patients, de m’intégrer à l’équipe. La permanence est un espace exigu, et ce qui s’y échange se révèle très intime, 6 N°34 – Semaine du 20 au 26 août 2016 – ARTE Magazine Vendredi 26 août à 22.25 LA PERMANENCE Lire page 25 et parfois d’une grande brutalité. Un des enjeux du montage a consisté à travailler cette question de la violence, pour en témoigner sans voyeurisme. Au final, le film raconte comment des hommes abîmés, fracassés, rompus, trouvent dans ce lieu le moyen d’être regardés, entendus et peut-être de se relever, grâce à la bienveillance du médecin généraliste, des deux psychiatres et de l’assistante sociale qui leur font face. Votre documentaire fait aussi apparaître ces patients comme des individus… Pour moi, ils n’étaient pas des migrants, mais des êtres singuliers avec un nom et une histoire, et il était primordial que mes choix de mise en scène – le huis clos, le cadre serré, le plan-séquence – en rendent compte. Le film repose sur un échange, une relation, où les visages des patients importent autant que ceux des médecins. Que représente pour vous ce cabinet de consultations ? Un lieu de résistance, situé à l’extrémité de l’espace de droit  : à l’intérieur de l’hôpital, mais tout au fond du couloir, marginalisé par rapport à l’institution. C’est aussi un lieu d’échange et de passage, animé par le médecin généraliste Jean-Pierre Geeraert, dont l’engagement politique, éthique et moral permet à ce refuge d’exister. Les gens y viennent en nombre, comme une métaphore de notre société confrontée à l’afflux des migrants. Comment ce documentaire s’insère-t-il dans votre filmographie ? Il s’inscrit dans la nécessité de raconter quelque chose du pays dans lequel je vis, en le regardant depuis la marge. Ce film questionne le mythe de la France comme terre d’accueil, de la santé pour tous, et permet de mesurer le danger qui nous guetterait si ces valeurs fondatrices devenaient des chimères. Propos recueillis par Marie Gérard
DOCUMENTAIRE JEUX DE DUPES Dans un documentaire sur les Jeux olympiques de Berlin en 1936, Jérôme Prieur montre à quel point cet événement sportif marqua aussi l’avènement de la société du spectacle et de la mise en scène du nazisme triomphant. Décryptage. Cela peut surprendre, tant les Jeux olympiques de Berlin sont associés à Adolf Hitler, mais le Führer ne voulait pas de cette grand-messe. L’organisation des XI e Olympiades était revenue à la capitale allemande sous le gouvernement précédent, et le dictateur, peu féru de sport, en avait hérité avec un certain scepticisme. C’est pourtant cet événement, plus qu’aucun autre, qui assoit définitivement son pouvoir et impose au monde entier l’évidence de la renaissance germanique. Joseph Goebbels, ministre de la Propagande, est celui qui fait prendre conscience à son leader de la formidable opportunité de se servir des JO comme d’une tribune politique, en créant un monumental laboratoire à ciel ouvert du nazisme triomphant. Pour cela, il lance des chantiers pharaoniques et érige des installations sportives à l’architecture inspirée de la Grèce antique, modèle fantasmé du parti national-socialiste. LES DIEUX DU STADE Les craintes des gouvernements européens de voir l’esprit olympique perverti, au point de devenir le simple véhicule d’une idéologie BUNDESARCHIV. f totalitaire, n’y font rien. Hitler et son appareil d’État parviennent avec un cynisme et une efficacité redoutables à endormir la méfiance du monde. Les premières lois antisémites sont suspendues, la population est invitée à faire bonne figure et certains bâtiments de la ville sont maquillés. Celui, de sinistre mémoire, qui abrite la police criminelle est ainsi reconverti en centre d’information pour les visiteurs du monde entier. Pour la première fois, les Jeux olympiques basculent ainsi dans l’ère moderne du spectacle et de la toute-puissance de l’image. La plus grande intuition du pouvoir nazi est sans conteste d’avoir confié à la réalisatrice allemande Leni Riefenstahl leur captation cinématographique. Le film qui en résulte, Olympia (Les dieux du stade), demeure encore aujourd’hui une œuvre à l’esthétique novatrice, exaltant la stature des athlètes, autant qu’un document éloquent sur l’atmosphère de délire mystique qui planait sur ces Jeux. Y figure notamment Jesse Owens, le champion noir aux quatre médailles d’or, auquel Hitler refusa de serrer la main. Emmanuel Raspiengeas N°34 – Semaine du 20 au 26 août 2016 – ARTE Magazine r 3 Mardi 23 août à 20.55 LES JEUX D’HITLER – BERLIN 1936 Lire page 18 7



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