Arte Magazine n°2016-33 13 aoû 2016
Arte Magazine n°2016-33 13 aoû 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-33 de 13 aoû 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : pathé-gaumont.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La guerre des toiles Se livrant une concurrence acharnée, Léon Gaumont et Charles Pathé bâtirent deux empires du cinéma, dévoilés dans un documentaire aux archives rares. Mais quels furent les tout premiers « blockbusters » ? Tour d’horizon. Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, affiche Adrien Barrère en couverture 4 N°33 – semaine du 13 au 19 août 2016 – ARTE Magazine Delius/Leemage La fée aux choux (1896) Même les moins cinéphiles connaissent L’arroseur arrosé (1895) des frères Lumière et Le voyage dans la lune (1902) de Georges Méliès. Mais qui se souvient de La fée aux choux ? Pourtant, cette fiction d’une minute, où une fée cueille des nouveau-nés dans des choux, fit jeu égal avec ces deux pépites. Pourquoi cette amnésie ? Sans doute parce que son réalisateur est… une réalisatrice  : Alice Guy (1873-1968), tombée dans l’oubli bien qu’elle fut la première cinéaste et productrice de l’histoire, comptant un millier de films à son actif. La fée aux choux, que Léon Gaumont, dont elle fut la secrétaire, l’autorisa à tourner en dehors de ses heures de travail, fut immédiatement copié par Pathé en raison de son succès. Émigrée aux États-Unis avec son
Mardi 16 août à 20.55 Charles Pathé et Léon Gaumont Premiers géants du cinéma Lire pages 14-15 mari, Alice Guy ouvrit un studio de cinéma prospère, avant d’être ruinée dans les années 1920. Le cinéaste Martin Scorsese a salué en elle « une réalisatrice exceptionnelle ». Histoire d’un crime (1901) Doté d’une imagination et d’une ingéniosité stupéfiantes, Ferdinand Zecca (1864-1947) a séduit Charles Pathé, qui l’engagea comme réalisateur, Georges Méliès ayant décliné l’offre. Sa recette consista notamment à exploiter le penchant morbide du public pour les faits divers sanglants. En 1901, il réalisa ainsi Histoire d’un crime, considéré comme le premier drame réaliste du cinéma. Racontant en sept minutes les derniers moments d’un condamné à mort, il comporte le premier flash-back du N°33 – semaine du 13 au 19 août 2016 – ARTE Magazine fondation seydoux septième art, au cours duquel l’assassin rencontre sa future victime. Quant à la scène finale horrifique de la guillotine, où l’on voit la tête coupée tomber dans le panier, elle contribua au succès international du court métrage, qui, n’ayant presque rien coûté, rapporta des recettes mirobolantes. Les débuts de Max au cinéma (1910) Max Linder (1883-1925) ne fait pas mentir l’adage selon lequel les humoristes sont à la ville de tristes sires. Fou de jalousie, il se trancha les veines et incita sans doute sa jeune épouse à en faire de même puisqu’on retrouva son cadavre à côté du sien. Pourtant, Max Linder fut le premier grand comique et héros récurrent du cinéma, que Charlie Chaplin considérait comme son maître. Forte d’une centaine d’épisodes, la série des Max, inaugurée en 1910 et tournée pour Pathé, le met en scène en dandy aux prises avec des situations loufoques. Le triomphe fut mondial. En 1919, il ouvrit sur les Grands Boulevards une salle de cinéma portant son nom, qui lui survit toujours. Fantômas  : à l’ombre de la guillotine (1913) Après avoir inventé le western provençal (en Camargue avec des gardians déguisés en cow-boys et des Gitans grimés en Indiens) qu’il exporta aux États- Unis, Louis Feuillade (1873-1925) – recommandé par Alice Guy à Louis Gaumont – adapta les romans Fantômas de Pierre Souvestre et Marcel Allain, créant ainsi à l’écran la figure du « super vilain ». Pour la première fois, le mal absolu avait un visage, celui de René Navarre, traqué par l’inspecteur Juve (Edmund Breon). Le succès fut phénoménal. Mais la Première Guerre mondiale surprit Louis Feuillade en plein tournage et l’obligea à stopper la production, ses acteurs et techniciens ayant été appelés sous les drapeaux. The perils of Pauline (1914) vs. Les vampires (1915) Impuissant à développer son activité dans une Europe meurtrie par la guerre, Charles Pathé se lança outre-Atlantique dans un genre nouveau  : le feuilleton policier à épisodes ou serial. L’héroïne de The perils of Pauline, interprétée par PearlWhite, y affrontait les pires dangers, comme un homme. Mais l’issue des combats demeurait toujours incertaine, chaque épisode se terminant en plein suspense par un alléchant « To be continued… », alors que la courageuse était sur le point d’être défenestrée ou poignardée. Le public fut d’autant plus captivé qu’il put suivre simultanément la série dans les journaux sous forme de feuilleton hebdomadaire. En 1916, The perils of Pauline de Louis J. Gasnier sortit sur les écrans français sous le titre Les exploits d’élaine et connut le même engouement. Pour concurrencer Pathé, Louis Feuillade imagina alors la série Les vampires avec une héroïne maléfique à la beauté vénéneuse, Irma Vep, interprétée par Musidora, qui devint l’archétype de la femme fatale. Laure Naimski 5



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