Arte Magazine n°2016-32 6 aoû 2016
Arte Magazine n°2016-32 6 aoû 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-32 de 6 aoû 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Stones toujours.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOCUMENTAIRE THE ROLLING STONES ROULENT TOUJOURS ! Plus d’un demi-siècle après leurs débuts dans les clubs de Londres, les « pierres qui roulent » ont enterré tous leurs rivaux, une manière pour eux de perpétuer la mémoire de celui qui fut l’âme fondatrice du groupe, Brian Jones. Samedi 6 août à 22.30 THE ROLLING STONES CROSSFIRE HURRICANE Lire page 9 4 N°32 – Semaine du 6 au 12 août 2016 – ARTE Magazine 1964 GETTY IMAGES Pourquoi, à 70 ans largement sonnés, les Rolling Stones continuent-ils de se produire sur scène ? Pour le fun ? L’argent ? Le challenge ? Une autre hypothèse se profile à la vision de Crossfire hurricane, le documentaire commandé par le groupe en 2012, pour ses 50 ans. Continuer d’exister, ce serait aussi entretenir la flamme du garçon auquel ils seront à jamais redevables, Brian Jones. Car, même s’ils ont « oublié » de se rendre à ses obsèques, Mick Jagger et Keith Richards soulignent dans ce film combien le guitariste multiinstrumentiste du groupe, viré puis retrouvé mort trois semaines après, à 27 ans, dans sa piscine, le 3 juillet 1969, avait été l’âme fondatrice des Stones. Sept ans plus tôt, c’est cet ange blond qui avait réuni les musiciens, trouvé le nom, donné l’image et l’orientation musicale du groupe. On l’oublie trop souvent  : le véritable leader, c’était lui. IMMORTELS ? Quand les Rolling Stones n’étaient encore qu’un petit groupe hargneux tentant de se faire entendre en pleine Beatlemania, c’est son modèle qui les a sortis du lot, les faisant devenir les « antihéros » de leurs rivaux de Liverpool, résume Mick Jagger. La presse va titrer « Laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stone ? » et leur prêter tous les défauts (insolents, sales, arrogants…). En réalité, Jones fait rougir ses comparses par sa personnalité sulfureuse, même s’ils acceptent de suivre ses préceptes  : sexe, drogue et rock’n’roll, jusqu’à la case prison en 1967 pour Mick Jagger et Keith Richards. Mais la violence les dépasse. En 1969, peu après la mort de leur mélancolique créateur, et dans la foulée de l’album au titre séditieux Let it bleed (« Que ça saigne ») , un jeune homme est assassiné dans le public, lors d’un concert à Altamont, en Californie, par des Hells Angels embauchés dans le service d’ordre. Piégé par son image, le groupe doit se réinventer. L’aura sombre des Stones laissera bientôt place à l’entertainment, l’éclate plutôt que la provoc. « C’est peut-être plus lisse », avouera Mick Jagger. C’est aussi sans doute le seul moyen de survivre pour un groupe que la subversion et les excès auraient fini par enterrer, à l’image de leur vieil ami Brian. Au sommet de leur montagne de dollars et de décibels, les Stones peuvent cependant remercier celui d’entre eux qui n’a pas eu l’heur de prendre la moindre ride. Les fantômes sont immortels. Sans son ombre devenue légende, formeraient-ils aujourd’hui le plus vieux groupe de rock du monde, capable de drainer les foules d’un bout à l’autre de la planète ? Il était temps de le remercier. Ludovic Perrin
COLLECTION DOCUMENTAIRE LA CHAMBRE NOIRE DE LA MODERNITÉ Avec L’Inde dans l’objectif, la réalisatrice Emma Tassy plonge dans l’Inde contemporaine à travers les regards des photographes de ce pays-monde, témoins privilégiés de ses bouleversements. Dimanche 7 août à partir de 16.45 L’INDE DANS L’OBJECTIF Lire page 10 N°32 – Semaine du 6 au 12 août 2016 – ARTE Magazine 1 2 3 SANJIT DAS PABLO BARTHOLOMEW DILEEP PRAKASH L’Inde compte aujourd’hui plus d’un milliard d’habitants et continue son irrésistible ascension démographique, économique et politique, plus de cinquante ans après l’élan impulsé par Nehru. Avec leurs clichés, les photographes indiens s’emploient à capter les convulsions de cette modernité nouvelle. Leurs photos mettent en évidence les lignes de fracture du monde contemporain. SANJIT DAS (1) Ce jeune artiste documente ainsi les conflits liés aux inégalités abyssales de son pays, déclinant par l’image cette question entendue dans la bouche d’un paysan spolié par une multinationale  : « Si je ne veux pas vendre ma terre, n’ai-je pas le droit de dire non ? » PABLO BARTHOLOMEW (2) La politisation de la photographie indienne est protéiforme. Dès les années 1970, par exemple, Pablo Bartholomew est le premier à se pencher sur l’intimité d’anonymes qui partagent son quotidien. Si ce geste paraît presque banal vu d’Occident, il va alors à l’encontre des codes culturels indiens, entièrement construits autour de la notion de groupe, à commencer par le premier et le plus fort d’entre eux, celui de la famille. Bartholomew fait ainsi émerger l’individu de la masse, pour rendre sensible l’essor d’une société nouvelle, libérée des carcans ancestraux. DILEEP PRAKASH (3) La photographie sonde aussi les plaies identitaires d’une nation qui n’est elle-même qu’une construction artificielle, une utopie imparfaite, échouant à unifier des milliers de cultures, de langues et de religions différentes. Que signifie être indien ? En s’intéressant à la communauté anglo-indienne, fruit métissé du passé colonial britannique, angle mort et refoulé de la psyché nationale, Dileep Prakash pose frontalement la question. « L’Inde rend sombre », affirme le photographe Sanjit Das. C’est entre autres dans cette chambre noire aux dimensions d’un continent que se forgent les images de notre modernité mondialisée. Emmanuel Raspiengeas 5



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