Arte Magazine n°2016-26 25 jun 2016
Arte Magazine n°2016-26 25 jun 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-26 de 25 jun 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Boko Haram.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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sylvain cherkaoui/COsmos SYLVAIN CNERICAOUI/COSMOS Mardi 28 juin à 22.55 Boko Haram Les origines du mal Lire page 15 en couverture Boko Haram Généalogie de la violence Le réalisateur Xavier Muntz (Encerclés par l’État islamique) a enquêté sur les origines du djihadisme qui ensanglante le nord du Nigeria. Il dresse un constat implacable sur la responsabilité de l’armée dans la dérive meurtrière du groupe. Pourquoi avez-vous centré ce nouveau film sur l’histoire de Boko Haram ? Xavier Muntz  : D’abord parce que c’est un aspect très peu traité par les médias, qui agitent l’épouvantail Boko Haram sans s’intéresser à sa dimension éminemment locale. Qui a entendu parler de MohamedYusuf, son charismatique fondateur, sommairement exécuté par les militaires en 2009 ? On ne peut pas comprendre la violence de Boko Haram si on méconnaît celle que l’armée a exercée pour le combattre dans l’État de Borno et sa capitale, Maiduguri, où le groupe est apparu en 2002. Si je n’ai pas souhaité tourner au sein d’une des unités de l’armée nigériane basées là-bas, c’est que les militaires représentent autant une cause du problème qu’une solution. On leur attribue près de la moitié des quelque 32 000 morts civils recensés depuis le début du conflit. En mars 2015, Boko Haram a prêté allégeance à Daech. Quoi de commun entre ces deux mouvements que vous avez approchés de près ? L’adhésion à Daech représente un geste opportuniste. L’instauration d’un califat n’était nullement une revendication historique de Boko Haram. La violence de Daech est une arme de propagande, qui 4 N°26 – semaine du 25 juin au 1er juillet 2016 – ARTE Magazine vise à créer un traumatisme chez l’ennemi, et elle est théorisée comme telle. Celle de Boko Haram a été engendrée en partie par les représailles contre le mouvement. Quels ont été les obstacles au tournage ? Le soutien militaire des États voisins – Niger, Cameroun, Tchad – et l’élection de Muhammadu Buhari à la présidence, fin mars 2015, ont beaucoup contribué à améliorer la situation sécuritaire, notamment à Maiduguri. Mais il y a toujours du danger à travailler dans la région. Le 30 janvier dernier, alors que j’étais sur place, une attaque spectaculaire a eu lieu dans un village proche de la ville. Boko Haram a tué ce soir-là 86 personnes. Je n’ai rien vu car j’étais consigné à mon hôtel par l’armée, qui a constamment cherché à entraver mon travail. J’ai attendu mon visa de journaliste durant neuf mois. Une fois sur place, alors que je disposais de trente jours, l’étatmajor de Maiduguri, après m’avoir ainsi assigné à résidence, m’a obligé à partir pour Abuja, la capitale, solliciter une autorisation militaire de tournage. Puis, il m’a imposé une escorte qui intimidait les témoins, officiellement pour des raisons de sécurité. J’ai dû ruser pour travailler avec un minimum de liberté. Propos recueillis par Irène Berelowitch
Rue des Archives/BCA RUE DES ARCHIVES/BCA collection documentaire Du crime à la toile Pour le deuxième numéro de la collection Histoires de cinéma, Frédéric Bonnaud, nouveau directeur de la Cinémathèque française, s’intéresse aux films inspirés de faits divers et à leurs auteurs. Mise en bouche avec quatre longs métrages tirés de crimes édifiants. De sang-froid « M le maudit » de Fritz Lang (1931) Pour son premier film parlant, Fritz Lang a étudié plusieurs tueurs en série dont la sauvagerie, avérée ou imaginée, a horrifié l’Allemagne dans les années 1920  : Peter Kürten, surnommé « le vampire de Düsseldorf », guillotiné en 1931 pour quatre-vingts crimes avoués ; CarlGroßman, qui aurait vendu au marché noir les parties comestibles d’au moins cinquante victimes ; KarlDenke, qui, entre 1903 et 1924, aurait assassiné une trentaine de personnes, dont il aurait cuisiné, mangé et conservé les restes dans des bocaux. Un autre psychopathe, Fritz Haarmann, dit « le boucher de Hanovre », exécuté en 1925 pour le meurtre de vingt-quatre garçons, deviendra, lui, le personnage central de L’homme de la mort (1995) de Romuald Karmakar. r N°26 – semaine du 25 juin au 1er juillet 2016 – ARTE Magazine « De sang-froid » de Richard Brooks (1967) En 1959, à Holcomb, dans le Kansas, deux marginaux, Perry Smith et Richard « Dick » Hickock, pénètrent par effraction dans la ferme des Clutter. Ne parvenant pas à leur faire avouer où ils dissimulent leur argent, ils assassinent les parents et deux des quatre enfants. Après avoir lu un entrefilet dans la presse sur ce fait divers, Truman Capote se rend sur les lieux du crime, envoyé par le New Yorker. Le récit de son enquête, devenu un chef-d’œuvre de la littérature, nourrira le film de Richard Brooks tout autant que ceux de Bennett Miller (Truman Capote) et Douglas McGrath (Scandaleusement célèbre). « L’adversaire » de Nicole Garcia (2002) Pendant dix-huit ans, Jean-Claude Romand fait croire à sa famille et à son entourage qu’il est médecin et chercheur au siège de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Passant ses journées dans le désœuvrement, il escroque ses proches en leur faisant miroiter de juteux placements. En 1993, sur le point d’être démasqué, il assassine son épouse, leurs deux enfants et ses parents. Arrêté, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Le roman L’adversaire d’Emmanuel Carrère, adapté par Nicole Garcia, prend pour trame cette affaire, également portée à l’écran par Laurent Cantet dans L’emploi du temps. « La prochaine fois je viserai le cœur » de Cédric Anger (2014) Entre 1978 et 1979, un maniaque agresse violemment plusieurs femmes dans le département de l’Oise. Narguant les enquêteurs en leur adressant des courriers, Alain Lamare, le coupable, est un homme au-dessus de tout soupçon  : gendarme, il participe même activement aux recherches. Déclaré irresponsable au terme des expertises psychiatriques, il n’a pas été jugé. Guillaume Canet incarne avec force ce meurtrier dans La prochaine fois je viserai le cœur de Cédric Anger. Christine Guillemeau Mercredi 29 juin à 23.00 Histoires de cinéma La passion du fait divers Lire page 17 5



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