Arte Magazine n°2016-25 18 jun 2016
Arte Magazine n°2016-25 18 jun 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-25 de 18 jun 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : maya la belle.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Gwendal Le Flem Spectacle Hellfest Nous irons tous au paradis Depuis onze ans, le festival des musiques extrêmes, désormais fidèlement retransmis par ARTE, fait le plein en Loire-Atlantique sous un drapeau aussi noir que joyeux. Qu’il paraît loin le temps où l’on s’étripait à l’Assemblée nationale à propos de sa légitimité, le ministre de la Culture devant contrer les critiques des tenants de la bonne morale et des ligues radicales catholiques ! Onze ans après ses débuts, sur les brisées d’une première tentative au tout début des années 2000, qui songerait à voir dans le Hellfest un congrès sataniste à ciel ouvert ? Drainant des dizaines de milliers de festivaliers – comme la dixième édition, en 2015, la onzième a affiché complet dès le mois de décembre, avec quelque 46 000 fans au compteur –, ce festival d’enfer ressemble d’abord à une grand-messe potache et défouloir, où l’on vient autant écouter du hard-rock qu’arborer ses derniers tatouages sous un déluge pyrotechnique. Vikings dans la prairie Deuxième plus grosse manifestation en France derrière Les Vieilles Charrues avec ses 150 000 entrées sur trois jours, leader sur les réseaux sociaux avec ses 250 000 likers Facebook (et record d’audience pour ARTE Concert en 2015), le Hellfest a convoqué dans la petite ville de Clisson (7 000 habitants) toutes les grosses têtes d’affiche du metal – des vétérans qui en ont encore dans les amplis, de Motorhead à Kiss en passant par AC/DC, ou cette année, Black Sabbath, Korn et Rammstein… Passé l’entrée, un portique de cathédrale tagué d’un logo rouge sang, le spectacle se trouve autant dans la prairie que sur scène, parmi une flopée de pirates et de vikings 6 N°25 – semaine du 18 au 24 juin 2016 – ARTE Magazine comme on se plaît à en croiser au pays d’Astérix. Depuis l’année dernière, avec la naissance d’un skatepark en forme de croix de saint Pierre, beaucoup sont en plus montés sur roulettes. Si le jeune sociologue Corentin Charbonnier met en valeur dans la thèse qu’il a consacrée au Hellfest un élément «barbare», du moins au regard d’une société «aseptisée» et «rationalisée à l’extrême», les dérapages du groupe de heavy metal louisianais Down – dont le chanteur s’est distingué récemment en effectuant un salut nazi lors d’un concert – relèvent du très exceptionnel. Ils ont valu au festival l’annulation d’une aide publique régionale – 20 000 euros sur 16 millions de budget – et de brèves retrouvailles avec les polémiques de ses débuts. Mais au Hellfest, on sait depuis longtemps comment s’abreuver de décibels sans que les oreilles vous sifflent  : on met des bouchons. Ludovic Perrin artp C) NCERT Samedi 18 juin à 23.55 Hellfest 2016 Lire page 12 ARTE retransmet des dizaines de concerts durant toute la durée du festival, puis tout l’été avec plusieurs événements (concert privé, festivals, documentaire) sur concert.arte.tv ou à l’antenne.
Quark Productions documentaire Un monde de camps En plongeant au cœur de quelques-uns des plus grands camps de réfugiés à travers le monde, au plus près des équipes onusiennes du HCR *, la réalisatrice Anne Poiret lève le voile sur une politique humanitaire de plus en plus absurde. Entretien. Pourquoi vous êtes-vous intéressée à la gestion des camps, par le HCR notamment ? Anne Poiret  : Je voulais ausculter l’organisation des camps comme un monde en soi et en comprendre le fonctionnement. C’est vertigineux d’observer la manière dont des millions de réfugiés à travers le monde sont «gérés» en marge des États par de grandes organisations internationales, à l’instar du HCR, dont le public ne connaît pas le fonctionnement, et dont on s’aperçoit qu’il met en œuvre une logique aux effets pervers. D’abord parce que ce sont des lieux construits pour répondre en urgence à une situation de crise. Or, d’après le HCR lui-même, les réfugiés y passent en moyenne dix-sept ans de leur vie, sans avoir, la plupart du temps, ni le droit de se déplacer ni celui de travailler. Ensuite, parce que les subsides versés aux pays hôtes font que ceuxci ont intérêt à ce que les camps perdurent. Pour répondre à l’urgence de besoins vitaux s’est aussi mise en place une bureaucratie très laborieuse. Autre travers majeur  : la distribution de nourriture coûte une fortune et ne correspond souvent pas aux attentes des réfugiés qui la revendent, créant une forme d’économie grise. Existe-t-il des solutions pour rendre ces camps plus vivables ? Il faut souligner que le HCR lui-même n’ignore pas les critiques sur sa gestion. Il y a deux ans, dans une interview au site ARTE Info, António Guterres, son directeur à l’époque, avait même déclaré  : «Je hais les camps.» L’institution réfléchit à des alternatives, par exemple distribuer de l’argent aux réfugiés pour couvrir leurs besoins, plutôt que des biens matériels ou de la nourriture. Le HCR fait aussi appel à l’investissement de sociétés privées, afin d’apporter plus de confort dans les camps. Que faudrait-il pour réellement améliorer la situation ? Faire évoluer les politiques d’accueil. Le HCR s’y emploie, via le lobbying et en plaidant auprès des pays hôtes, même si on peut lui reprocher de manquer de fermeté. Récemment, son attitude vis-à-vis de l’Europe a redoré son blason. L’agence a dénoncé l’accord turco-européen sur le refoulement des réfugiés en Turquie, lequel constitue une violation du droit international. Si même en Europe, principal financeur du HCR, les principes ne sont pas respectés, comment donner des leçons à des pays comme le Kenya, qui accueille près de 600 000 personnes, et leur rappeler que leurs camps ne doivent pas ressembler à des prisons ? Aujourd’hui, face à la masse des arrivants, l’Europe est tentée elle aussi de les mettre à l’écart. Cet expédient à très court terme ne réglera pas le problème, bien au contraire. Il faut être conscient que la majorité des réfugiés ne rentreront pas chez eux. Propos recueillis par Laure Naimski * Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. N°25 – semaine du 18 au 24 juin 2016 – ARTE Magazine ri Mardi 21 juin à 22.30 Bienvenue au Réfugistan Lire page 19 artp INF. Retrouvez en ligne un dossier complet sur la crise des réfugiés. arte.tv/refugies -16 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :