Arte Magazine n°2016-24 11 jun 2016
Arte Magazine n°2016-24 11 jun 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-24 de 11 jun 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : films célestes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
M Le moine/Divergence Documentaire Prisons Double peine pour les femmes En marge d’un documentaire qui suit le quotidien d’une jeune mère emprisonnée en Italie avec ses enfants, Camille Rosa, de l’Observatoire international des prisons, fait le point sur la situation des femmes incarcérées en France. 6 N°24 – semaine du 11 au 17 juin 2016 – ARTE Magazine Vendredi 17 juin à 23.25 les Enfants en prison Lire page 25 La France a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour les mauvaises conditions dans ses prisons. À quoi ressemblent celles des femmes ? Camille Rosa  : Globalement, les femmes subissent les mêmes conditions indignes que les hommes. Mais comme l’administration applique une politique stricte de non-mixité et qu’elles sont très minoritaires – moins de 4% de la population carcérale –, elles sont confrontées à des difficultés supplémentaires. Sur 188 établissements pénitentiaires, seuls 56 sont dotés de quartiers réservés aux femmes et trois leur sont exclusivement dédiés *. Ce nombre réduit de lieux de détention les éloigne souvent de leur environnement familial. Les créneaux de parloirs sont, dans certains établissements, moins nombreux et moins pratiques pour les proches que ceux des hommes, ce qui implique que les femmes souffrent plus qu’eux de l’isolement. Quels sont les droits des jeunes mères détenues ? D’un côté, un enfant ne devrait pas avoir à subir l’enfermement. De l’autre, le priver de sa mère ou de son père est également très préjudiciable. C’est une équation difficile à résoudre. Dans son dernier rapport, Adeline Hazan, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) préconise des alternatives à l’enfermement pour les justiciables parents d’enfants en bas âge, notamment l’exécution de peines en milieu ouvert. Mais pour l’heure, la prison reste pour la justice l’alpha et l’oméga de la peine. Les détenues qui en font la demande peuvent conserver auprès d’elles leurs enfants jusqu’à leurs 18 mois. Passé ce délai, ces derniers sont soit placés dans la famille, soit confiés à l’Aide sociale à l’enfance. La taille minimale de la cellule pour une mère et son enfant est fixée à 15 mètres carrés, mais cette disposition est, malheureusement, assez peu respectée. Les futures mères bénéficient-elles d’un accompagnement particulier ? Ici ou là, des dispositifs sont parfois mis en place, mais la question de la parentalité n’est pas prise en charge par l’administration pénitentiaire. Nous plaidons pour que les détenues ne soient pas incarcérées lorsqu’elles attendent un enfant, qu’elles puissent exécuter leur peine en milieu ouvert, comme le recommande aussi la CGLPL et comme le permet la loi. Pourtant, chaque année, une soixantaine de femmes donnent naissance à un enfant en prison. Propos recueillis par Christine Guillemeau * à Rennes, Versailles et Fleury.
2008 Getty Images Documentaire Brexit Should I stay or should I go ? Avant le référendum du 23 juin sur le Brexit (Britain exit), le réalisateur anglais Don Kent, Européen convaincu et Français d’adoption, signe un portrait décalé, empreint d’humour et de poésie, de son pays divisé. Entretien. Pourquoi ce film autour de la question du Brexit ? Don Kent  : C’est un sujet qui m’intéresse d’autant plus que je suis anglais, d’origine écossaise. Je vis en France depuis plus de quarante ans et j’observe la Grande-Bretagne avec une certaine distance. Je me suis demandé ce que signifie aujourd’hui la notion d’identité britannique dans un pays qui est plus que jamais multiculturel et multiracial. Je voulais comprendre aussi la manière dont elle entre en jeu dans le référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Le film est aussi un portrait du pays au moment où il est peut-être sur le point de sortir de l’Europe. De quelle manière avez-vous construit ce documentaire ? J’ai sélectionné des images évoquant la vie des gens, les arts, la culture et les développements politiques de ces soixante dernières années. J’ai voyagé en Angleterre et en Écosse à la rencontre d’artistes, de journalistes, de femmes et d’hommes politiques, mais aussi d’anonymes. En Angleterre, entre Liverpool, Bradford ou Londres, j’ai suivi ce qu’on appelle la North-South divide, la ligne qui divise symboliquement le nord, plus pauvre, où le parti antieuropéen de Nigel Farage, l’Ukip, est très N°24 – semaine du 11 au 17 juin 2016 – ARTE Magazine populaire, et le sud du pays, qui attire les richesses. L’Angleterre, et c’est frappant, est la nation d’Europe où l’écart entre les plus riches et les plus pauvres est le plus énorme. Alors, que signifie être britannique aujourd’hui ? Il n’existe pas de réponse probante. Elle diffère selon que j’interroge un Anglais d’origine pakistanaise ou par exemple un Écossais, l’Écosse étant à 90% proeuropéenne. La société anglaise ressemble à une mosaïque. À Londres, qui vient pour la première fois d’élire un maire musulman, Sadiq Khan, il suffit de se promener dans n’importe quelle rue pour traverser les cinq continents. Quelle sera selon vous l’issue du scrutin ? Je suis incapable de faire une prédiction, alors qu’au début du tournage j’étais persuadé que les Britanniques voulaient rester dans l’Europe, comme en 1975, où ils ont voté dans ce sens à 67%. Certes, les questions de la souveraineté, de la finance, de l’économie importent, mais c’est celle de l’immigration qui prédomine aujourd’hui, avec la crainte d’un afflux de migrants venus de Calais. C’est un enjeu très fort. Un éditorialiste du Guardian m’a dit que cela pourrait être la première raison pour laquelle une partie des électeurs votera pour le Brexit. Propos recueillis par Laure Naimski Mardi 14 juin à 20.55 Goodbye Britain ? Lire pages 18-19 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :