Arte Magazine n°2016-23 4 jun 2016
Arte Magazine n°2016-23 4 jun 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-23 de 4 jun 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : héroïne de roman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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bruno bade Documentaire 4 N°23 – semaine du 4 au 10 juin 2016 – ARTE Magazine Mardi 7 juin à 20.55 plus vite, Plus haut, plus dopés Lire page 19
Un sport sans triche Espoir du cyclisme hexagonal à la fin des années 1990, Christophe Bassons a dû abandonner la compétition après avoir dénoncé le dopage érigé en système au sein des équipes professionnelles. Devenu professeur de sport, il est aujourd’hui l’un des treize conseillers interrégionaux antidopage qui dépendent du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Pourquoi le dopage est-il si fréquent ? Christophe Bassons  : Le sport, notamment de haut niveau, est l’un des derniers grands vecteurs d’insertion sociale. Un gamin qui n’a rien au départ peut en quelques années gagner beaucoup d’argent et offrir une vie très agréable à sa famille. Mais le rythme des entraînements et des compétitions, nécessaire pour s’imposer dans une discipline, met les organismes à très rude épreuve. Plutôt que de privilégier la récupération, certains sportifs choisissent d’être assistés médicalement pour répondre à une charge de travail inadaptée et de plus en plus soutenue. Comment, lorsque vous étiez un cycliste professionnel, avez-vous résisté à cette facilité ? Lorsque vous entrez dans le dopage, vous entrez dans le mensonge. Ces choses que vous ne pouvez pas assumer au grand jour vous privent de votre liberté de parole, mais également de votre liberté d’action. Ce qui m’a toujours guidé dans mon sport, c’est d’essayer de repousser mes capacités physiques et mentales le plus loin possible et d’y parvenir sans culpabilité. Dans la vie, c’est la même chose  : je ne ferais rien que je ne puisse assumer. En quoi consistent vos missions et vos pouvoirs de conseiller antidopage ? J’ai deux missions principales  : mettre en œuvre à l’échelle régionale les contrôles antidopage pour l’Agence française de lutte contre le dopage et animer la commission régionale de lutte contre le trafic de substances ou méthodes dopantes. Se doper ne constitue pas une infraction au regard du droit pénal. Détenir un produit dopant sans raison médicale est en revanche délictuel. Sur ma région d’in- est-il possible ? Symbole du sportif «propre», l’ancien cycliste Christophe Bassons apporte son témoignage à l’enquête que Xavier Deleu consacre aux différentes facettes de la planète dopage. Entretien. tervention, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, ma principale mission consiste donc à organiser et coordonner des contrôles sur le terrain. Avec une ordonnance délivrée par le juge des libertés et de la détention, nous sommes autorisés à fouiller un véhicule, un lieu ou un domicile pour y saisir les produits illicites détenus soit par un sportif, soit par un encadrant. En cas de délit avéré, le premier risque jusqu’à un an de prison et le second jusqu’à cinq. Le but n’est pas forcément d’enfermer les gens mais de pouvoir les auditionner pendant leur garde à vue afin de remonter les filières. Qu’est-ce qui, selon vous, assure de beaux jours au dopage ? Malgré les efforts, aux échelons national et interétatique, nous restons effectivement dans une course permanente contre des tricheurs et des trafiquants toujours plus inventifs. En matière de prévention, l’approche moralisatrice a souvent un effet contreproductif sur les plus jeunes. Comme le système scolaire les formate pour qu’ils répondent à ce que l’on attend d’eux, beaucoup ont du mal à dire «non» quand l’équipe autour d’eux dit «oui». Que faudrait-il faire pour limiter la triche ? Développer chez les sportifs une bonne estime de soi – celle qui valorise les compétences et les progrès personnels –, favoriser leur épanouissement psychique par la méditation, par exemple, sont des pistes explorées dans des pays pionniers, comme le Canada. Pour mettre un véritable coup d’arrêt à la triche, il faudrait changer nos mentalités. Tant que le système ne récompensera que les meilleurs et pas forcément les plus méritants, le dopage restera une solution pour ceux qui sont prêts à tout pour gagner. Il est urgent que le mouvement sportif se responsabilise. Propos recueillis par Christine Guillemeau artimiNF. N°23 – semaine du 4 au 10 juin 2016 – ARTE Magazine Les stars du dopage Médaille d’or du 100 mètres à Séoul en 1988, le Canadien Ben Johnson a perdu son titre après avoir été contrôlé positif aux stéroïdes anabolisants. L’arrestation de Willy Voet, le soigneur de l’équipe cycliste Festina, éclabousse en 1998 Richard Virenque, qui avoue devant les juges en 2000 s’être dopé. Après avoir remporté sept Tours de France, Lance Armstrong finit par reconnaître en 2012 qu’il s’était «chargé» en utilisant un mix d’EPO, de testostérone et de transfusions sanguines. Diego Maradona a été contrôlé positif à la cocaïne (1991 et 1997) et à l’éphédrine en 1994 aux États-Unis, lors du Mondial, dont il est exclu. Plus futé, le boxeur Mike Tyson a reconnu avoir échappé aux sanctions grâce à un faux pénis empli d’urine propre. Côté femmes, la sprinteuse américaine Marion Jones a fini par avouer s’être dopée aux stéroïdes. Elle a dû purger une peine de six mois de prison pour s’être parjurée devant un tribunal. Contrôlée positive au meldonium (THP) en mars 2016 à l’Open d’Australie, la star du tennis Maria Sharapova risque de deux à quatre ans de suspension. Pour avoir utilisé un produit brûle-graisses, l’international français Mamadou Sakho a été suspendu fin avril pour trente jours par l’Union des associations européennes de football à titre conservatoire. 5



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