Arte Magazine n°2016-22 28 mai 2016
Arte Magazine n°2016-22 28 mai 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-22 de 28 mai 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Karin Viard, la belle échappée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
BFI Cinéma Des joyaux dans la cendre Parcours d’une renaissance, la trilogie autobiographique de Bill Douglas, méconnue en France, revisite avec une poésie âpre et poignante son enfance malmenée dans l’Écosse de l’immédiat après-guerre. Lundi 30 mai à partir de 22.40 Trilogie Bill Douglas Mon enfance ; Ceux de chez moi ; Mon retour Lire page 17 Une silhouette chétive et déguenillée, accroupie au milieu de l’immensité d’un terril, empoche des copeaux de charbon. Cet enfant inoubliable au visage douloureux, c’est Jamie (Stephen Archibald), le double cinématographique du réalisateur. Lorsqu’il tourne, en 1971, son moyen métrage Mon enfance, première partie de ce qui n’est pas encore une trilogie, Bill Douglas a déjà 37 ans. Enfant illégitime né en 1934 à Newcraighall, un faubourg minier d’Édimbourg, d’une mère catholique, internée dans un asile, et d’un père protestant, le garçon grandit auprès de sa grand-mère maternelle dans une extrême pauvreté. À la mort de cette dernière, il est élevé à la dure par la mère de son père et finit dans un orphelinat. Son salut viendra de sa rencontre avec un jeune homme aisé et lettré qui effectue avec lui son service militaire 6 N°22 – semaine du 28 mai au 3 juin 2016 – ARTE Magazine en Égypte. Grâce à Peter Jewell, le jeune Bill s’installe à Londres et s’ouvre aux arts et à la littérature. Il devient comédien au sein du Theatre Workshop de Joan Littlewood, écrit des pièces, puis intègre la London Film School, dont il sort diplômé fin 1970. L’art de l’épure Encouragé par le cinéaste Lindsay Anderson, l’un des piliers du free cinema, Bill Douglas débute une œuvre unique dans le septième art britannique. Dans un noir et blanc violemment contrasté, Mon enfance (1972), Ceux de chez moi (1973) et Mon retour (1978) rassemblent, dans une succession de plans fixes épurés, d’une incroyable intensité poétique et émotionnelle, les images et les sensations que Douglas a conservées du passé. Déployant un style proche du cinéma muet qu’il affectionne, ainsi que d’auteurs européens comme Bergman ou Bresson, avec des dialogues rares et des acteurs non professionnels, Bill Douglas restitue le ressenti, davantage que le récit, de sa jeunesse difficile. Même s’il bénéficie outre-Manche d’une vraie reconnaissance, le cinéaste ne parviendra à tourner qu’un seul autre long métrage, Comrades (1987), une fresque sur des proto-syndicalistes déportés en Australie en 1834, avant d’être emporté prématurément par un cancer en 1991. Alors que son interprète, Stephen Archibald, meurt dans le dénuement en 1998, à 38 ans, il reste d’eux ces trois films, tels des joyaux noirs que Bill Douglas considérait comme leur « happy ending ». Marie Gérard
magazine Le tour d’Allemagne de Claire Doutriaux Comment vit-on outre-Rhin aujourd’hui ? Les réponses de Claire Doutriaux, la créatrice de Karambolage. Partie mi-mars sur son vélo électrique, elle sillonnera l’Allemagne pendant trois mois, filmant avec son téléphone paysages et habitants. Des instantanés à découvrir chaque dimanche dans le magazine franco-allemand d’ARTE. Sur arte.tv/karambolage, retrouvez des cartes postales et des bonus sur le périple à vélo de Claire Doutriaux. Le pouls de l’Allemagne « Cela fait maintenant plus de douze ans que je travaille sur ‘Karambolage’depuis Paris. Je me rends souvent en Allemagne pour des projections, des rencontres avec des graphistes ou des auteurs, mais il s’agit de rendez-vous utilitaires entre deux avions. L’envie m’est venue de replonger dans l’Allemagne profonde, d’aller dans des lieux moins touristiques, plus anonymes, afin de reprendre le pouls du pays. » À bicyclette « Outre-Rhin, il existe des pistes cyclables partout, à tel point qu’on se perd parfois. Elles sont nécessaires car, en raison de la grande densité de population, peu de petites routes restent à l’écart du trafic. Les paysages sont toujours beaux quand on les traverse à vélo. Plus que la marche, la bicyclette permet de relier l’habitat à la nature, aux champs. » Rencontres « J’ai croisé des personnes formidables au cours de mon périple. Je pense notamment à une jeune libraire tombée amoureuse d’un homme de 86 ans, ancien professeur de mathématiques à l’étonnante vitalité, qui passe ses nuits à résoudre des équations de haut niveau ; au pasteur mennonite de Hambourg, un homme à la fois sensible et drôle qui m’a expliqué les valeurs de cette Église évangélique et pacifiste, méconnue en France ; à une professeure qui a choisi de se consacrer à un groupe de quinze jeunes réfugiés. Au-delà de la langue, elle leur enseigne l’Allemagne. Ils ont constitué une véritable famille autour d’elle. Je voulais brosser des portraits de gens ‘normaux’, hors du milieu culturel, et tous différents. Chaque rencontre accouche d’un beau moment. » N°22 – semaine du 28 mai au 3 juin 2016 – ARTE Magazine Immigration « Avant, en dehors de la communauté turque, l’immigration était limitée en Allemagne. Aujourd’hui, on voit beaucoup de réfugiés, syriens évidemment, mais aussi plus de visages noirs, y compris dans les petites agglomérations. Beaucoup de mes amis hébergent des réfugiés. Mais je remarque que si les gens se montrent prêts à les aider individuellement, tous, même ceux qui émanent des milieux de gauche, se posent la question de l’intégration future de ces populations. C’est un sujet de préoccupation permanente. » Propos recueillis par Manon Dampierre Dimanche 29 mai à 20.00 Karambolage Lire page 13 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :