Arte Magazine n°2016-20 14 mai 2016
Arte Magazine n°2016-20 14 mai 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-20 de 14 mai 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : la fin des chrétiens d'orient ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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sabine weiss/getty images «L documentaire Yves Montand charmeur engagé À l’occasion des vingt-cinq ans de sa mort, Daisy d’Errata et KarlZéro consacrent un portrait à l’acteur et chanteur star, qui aura épousé tous les grands combats politiques de son temps, quitte parfois à se fourvoyer. a politique s’est intéressée à moi, de par ma naissance. On ne pouvait pas, à moins d’être une chaise ou un mollusque, se désintéresser des choses qui se passaient autour de vous», résume Yves Montand, dans l’un des nombreux entretiens qui émaillent son portrait. Alors que le petit Ivo Livi a tout juste 1 an, en 1922, Mussolini prend le pouvoir en Italie, et son père, communiste de la première heure, s’exile à Marseille, où la famille le rejoindra bientôt. Le futur acteur et chanteur grandit sous l’influence de ce militant indéfectible  : «Chez moi il y avait le crucifix, et au-dessus, Staline ! » Pourtant, à la fin de la 6 N°20 – semaine du 14 au 20 mai 2016 – ARTE Magazine Dimanche 15 mai à 22.50 Yves Montand, l’ombre au tableau Lire page 14 guerre, ses débuts parisiens sous l’égide d’Édith Piaf mettent plutôt en avant son charme faubourien de cabotin enjôleur. Mais après sa rencontre, en 1949, avec Simone Signoret, leur couple glamour se forme sous le signe de l’engagement – contre l’armement nucléaire et le maccarthysme, pour la grâce des époux Rosenberg et «le camp de paix». Séduite, la rive gauche parisienne le bombarde «compagnon de route» d’un PCF qui domine alors la gauche. En 1956, alors que les chars soviétiques sont entrés dans Budapest, il hésite, mais accepte néanmoins de partir chanter à Moscou, où il est adulé. L’année suivante, une tournée dans les pays du bloc de l’Est, avec Simone, ébranle un peu plus douloureusement sa foi dans le «Parti». Certitudes et illusions L’écrasement du printemps de Prague, en 1968, achève de lui ouvrir les yeux sur les mirages du communisme réel. Il tourne la page avec éclat, en tournant L’aveu avec le jeune réalisateur Costa-Gavras, implacable charge contre les procès staliniens qui obtient un immense succès. Les quinze années qui suivent, l’acteur continue de défendre les causes de la gauche humaniste avec la flamme et le franc-parler qui ont fait sa popularité, de la dénonciation de Pinochet au soutien à Solidarnosc. Mais en 1984, en phase avec l’époque, le grand escogriffe rieur, chéri du public, accompagne cette fois le tournant de la rigueur en acclamant le néolibéralisme économique, voire le reaganisme triomphant, dans une émission qui a fait date – Vive la crise !. Si elle n’entame en rien l’affection de ses fans – en 1988, élu «personnalité préférée» des Français, il envisage brièvement de se présenter à la présidentielle –, elle marque rétrospectivement une autre forme d’aveuglement. Comme il le dira lui-même à l’écrivain Jorge Semprún, peu avant de mourir  : «J’ai perdu mes certitudes, mais gardé mes illusions.»
RICHARD KALVAR/MAGNUM PHOTOS documentaire Régis Debray agitateur de la pensée L’intellectuel engagé, passé du combat révolutionnaire aux ors de la République, revient pour ARTE sur son parcours accidenté, qui restitue en filigrane l’histoire de la seconde partie du XX e siècle et les incertitudes du XXIe. N°20 – semaine du 14 au 20 mai 2016 – ARTE Magazine Mercredi 18 mai à 23.00 Régis Debray  : itinéraire d’un candide Lire page 21 Son sens aiguisé de la formule fait mouche tout au long du portrait en deux parties qu’il a lui-même coécrit pour ARTE, et qu’a réalisé Yannick Kergoat. «Il raisonnait très bien et délirait très bien», dit par exemple Régis Debray de Louis Althusser, qui fut son professeur lorsqu’à 20 ans, en 1960, il intègre brillamment l’École normale supérieure. Fils d’un couple de grands avocats, dont une mère qui fut aussi femme politique, le jeune Parisien milite depuis quelques années déjà au Parti communiste lorsqu’il réussit cinq ans plus tard l’agrégation de philosophie. La même année, il décide de passer à la vitesse politique supérieure et s’installe à Cuba. Théoricien de la guérilla en Amérique latine avec Révolution dans la révolution (1967), il devient agent de liaison entre Fidel Castro et Che Guevara et suit ce dernier sur le terrain en Bolivie où il est arrêté par les forces gouvernementales en avril 1967. Condamné à trente ans de prison, Régis Debray est libéré en 1971 à la faveur d’un changement du gouvernement bolivien et à la suite d’une intense mobilisation internationale emmenée entre autres par Jean-Paul Sartre. «Gaulliste d’extrême gauche» Après avoir vécu deux ans au Chili où il rencontre longuement Salvador Allende, l’intellectuel français abandonne la lutte et le continent sudaméricain après le coup d’État de Pinochet, en 1973. De retour au pays natal, c’est en conseiller de François Mitterrand qu’il se réinvente pour devenir, après la victoire socialiste à la présidentielle, chargé de mission pour les relations internationales (de 1981 à 1985) puis maître des requêtes au Conseil d’État (de 1985 à 1992). À partir de 1993 et de la soutenance de sa thèse de doctorat, Régis Debray investit le terrain universitaire, analysant la transmission de l’information à travers une nouvelle discipline dont il est le fondateur  : la médiologie. Président entre 2002 et 2004 de l’Institut européen en sciences des religions, il intervient avec véhémence sur la question de la laïcité, comme sur nombre d’autres sujets. Car s’il se définit aujourd’hui comme un «gaulliste d’extrême gauche», contemplant avec un certain détachement tant ses engagements passés que la société actuelle, l’auteur prolifique (près d’une centaine d’ouvrages philosophiques, littéraires ou politiques) est sur tous les fronts du débat d’idées. Mais c’est à la langue française, sa «patrie la plus joyeuse», qu’il veut se vouer avant tout, lui qui fut membre de l’académie Goncourt de 2011 à 2015. Marie Gérard 7



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