Arte Magazine n°2016-13 26 mar 2016
Arte Magazine n°2016-13 26 mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-13 de 26 mar 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : ça va disjoncter !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dimanche 27 mars à 16.50 Le musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg Lire page 13 Documentaire Ermitage L’esprit de famille En marge d’une programmation spéciale dédiée à la Russie, ARTE explore les splendeurs du musée de Saint-Pétersbourg, le deuxième plus grand au monde. Entretien avec Mikhaïl Piotrovski, son directeur, qui y a passé toute sa vie. En 1992, vous avez succédé à votre propre père, Boris Piotrovski, à la tête du musée de l’Ermitage. Est-ce un héritage dynastique ? Mikhaïl Piotrovski  : J’ai littéralement grandi à l’Ermitage, car nous habitions tout près et j’ai été familier dès ma prime enfance de ses moindres recoins. Ayant choisi la même spécialité que mon père, l’archéologie, j’ai continué à fréquenter les lieux tous les jours, et c’est naturellement que j’ai commencé à y exercer, tout en voyageant beaucoup, notamment dans les pays arabes, puisque je suis orientaliste. À la mort de mon père, en 1990, j’ai été nommé vice-directeur, et deux ans plus tard, dans une situation critique, créée par le chaos qui a suivi la chute de l’URSS, on m’a proposé la direction. Peut-être parce que, indépendamment de ma légitimité académique, ce musée a toujours été ma maison. Le musée d’aujourd’hui ressemble-t-il à celui que vous avez connu enfant ? Je crois que oui, même s’il a été rénové et considérablement modernisé. Cela tient à l’esprit de famille. Je ne suis pas le seul, parmi le personnel, à y avoir passé toute ma vie, loin de là. On ne peut entrer dans un lieu pareil sans s’y attacher, alors on reste. C’est un peu archaïque, certainement, c’est contraire aux règles de gestion en vigueur en Occident, mais les traditions ont aussi du bon. Nos chats errants dans le sous-sol en font partie. 6 N°13 – semaine du 26 mars au 1er avril 2016 – ARTE Magazine Cette intimité avec l’ancien palais d’hiver des tsars a-t-elle influé sur votre vision de l’histoire nationale ? Pour moi, l’Ermitage symbolise l’histoire et la culture russes dans ce qu’elles ont de plus lumineux, et je dois préserver sa raison d’être  : l’amour des arts, le savoir et l’ouverture. La Russie est un pays fermé, mais le musée tel que je l’ai connu a toujours été beaucoup plus ouvert sur l’extérieur que n’importe quel autre lieu. Et aujourd’hui, alors que le pays s’isole à nouveau, nous demeurons un trait d’union avec le reste du monde. Un isolement d’ailleurs très relatif pour quelqu’un qui a connu la vraie Guerre froide ! Je dois avouer aussi qu’en tant qu’archéologue je considère les aléas de l’histoire récente, y compris la fin dutsarisme, puis de l’Union soviétique, comme des changements plus mineurs qu’on ne le prétend. Quelles sont vos priorités aujourd’hui ? Ma priorité, c’est une forme de fidélité, mais elle implique de conserver à l’Ermitage sa dimension mondiale. Nous sommes avant tout un musée international, qui organise cinq à six expositions par an à l’étranger… Il nous faut aussi préserver notre lien affectif très fort avec les Russes. La culture est moins sacrée pour eux qu’à l’époque soviétique. Mais ils considèrent toujours que l’Ermitage leur appartient et les représente. Nous devons rester à la hauteur de cette exigence. Propos recueillis par Irène Berelowitch Arts Alliance Distribution
Documentaire Les voies de la conscience Alors que son dernier film, Je ne suis pas un salaud, est à l’affiche, ARTE diffuse un documentaire bouleversant d’Emmanuel Finkiel, Je suis, en immersion auprès de personnes victimes d’un accident cérébral. Entretien. Pourquoi ce film sur des personnes victimes d’un accident cérébral ? Emmanuel Finkiel  : J’ai découvert ce centre de rééducation au décor impressionnant lors du tournage d’un téléfilm, et puis, en 2006, j’ai fait moi-même un léger AVC, qui m’a conduit sur les chemins de la rééducation. Cela m’a permis de rencontrer des gens souffrant de cette pathologie et de les voir différemment, puisque j’étais un peu embarqué dans le même bateau qu’eux. J’ai alors demandé quels seraient les patients dont les familles autoriseraient qu’on les filme et peu à peu, cela s’est resserré sur ces trois personnages, avec l’idée de les mettre en miroir avec le téléspectateur. Vous êtes dans une totale empathie avec eux… Ils m’ont profondément touché. Ces gens tentent de rééduquer leur conscience, de se reconstruire et de reconquérir leur identité. Cela prend des chemins qui désemparent les proches, durant un temps infini. Image de soi, rapport avec autrui  : c’est passionnant, parce qu’au-delà de la pathologie la découverte d’une conscience abîmée informe sur la nôtre. Peu importe le profil ou le milieu  : il ne reste plus que le noyau dur de la personne, auquel la caméra donne accès. Comment avez-vous trouvé votre place de cinéaste dans cette intimité ? Nous avons filmé les protagonistes d’assez loin, si bien qu’ils nous oubliaient. Il s’agissait d’être en immersion totale, avec le moins d’interventionnisme possible, tout en restant à l’affût de la moindre trace qui pouvait nous informer sur leur état et leur évolution. C’est ainsi qu’on a pu capter, par exemple, le premier sourire, discret et inattendu, de Christophe, le moniteur de tennis, qui n’exprimait plus aucune émotion, quand il se remet à jouer et marque un point gagnant. Quels ont été vos rapports avec les familles ? Elles m’ont autorisé à filmer, parce qu’elles avaient foi en la personne et ses progrès, même si rien n’est jamais garanti. Pour elles, le film, d’une certaine manière, devait témoigner de cette victoire. Il y a cette jeune mère de famille extraordinaire, qui faisait chaque jour cent kilomètres aller-retour pour voir aurélie lamachere - sipa N°13 – semaine du 26 mars au 1er avril 2016 – ARTE Magazine son mari. Le film montre combien, pour reconstruire la conscience, les autres sont importants, avec leur confiance dans le patient et son évolution. Avec cette règle troublante, en matière de lésion au cerveau, qu’il ne faut pas tenter de retrouver la personne d’avant. C’est une autre qui renaît à la vie, pour le meilleur et pour le pire. Il faut l’accepter et faire ce deuil, selon la formule «ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre». Propos recueillis par Sylvie Dauvillier Mercredi 30 mars à 23.25 Je suis Lire page 21 7



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