Arte Magazine n°2016-12 19 mar 2016
Arte Magazine n°2016-12 19 mar 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-12 de 19 mar 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : le siège.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Luisa Ricciarini/Leemage documentaire Le dernier califat Après six siècles d’une puissance inégalée, l’Empire ottoman a été démantelé en moins de cent ans, de 1830 à 1923. En retraçant son déclin et sa mort, ARTE rappelle la genèse oubliée de conflits qui, de l’ex-Yougoslavie au Proche et au Moyen-Orient, n’ont pas fini de secouer le monde. Les Turcs ottomans voulaient que leur empire, fondé en 1299 en Anatolie, soit éternel. Avant de se refermer, la Sublime Porte aura été l’une des plus vastes puissances du monde moderne. De batailles en conquêtes, les successeurs d’Osman I er, fondateur de ce qui devient en 1517 le califat ottoman d’Istanbul, ont affronté six siècles durant de multiples adversaires  : Espagnols, Vénitiens, Génois, Autrichiens, Russes, sans oublier les armées du redoutable Tamerlan. Ils ont surtout fait trembler la chrétienté, de l’empereur Charles Quint autsar Nicolas II. Après la prise de Constantinople par Mehmet II en 1453, qui scelle la chute de l’Empire byzantin, l’ancienne capitale de l’empire romain d’Orient devient le cœur d’un empire tentaculaire. L’apogée du règne de Soliman Son âge d’or, l’empire ottoman le doit à Soliman le Magnifique, au XVI e siècle. Calife et commandeur des musulmans, il entreprend des réformes administratives, juridiques et fiscales et, en souverain éclairé, fait rayonner les arts. En 1536, il signe une alliance avec la France de François I er pour faire front contre 6 N°12 – semaine du 19 au 25 mars 2016 – ARTE Magazine les Habsbourg, leur ennemi commun. L’imposante flotte, qu’il confie à l’amiral Barberousse, va d’autre part lui permettre d’asseoir sa suprématie sur la Méditerranée, la mer Rouge et le Golfe persique. Un immense empire Au fil des siècles, l’Empire accroît encore ses possessions. En Europe du Sud, les Ottomans mettent la main sur les Balkans, faisant tomber dans leur escarcelle la Bosnie, l’Herzégovine, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie et la Macédoine. Ils prennent également pied en Crète, à Chypre, au Péloponnèse, en Grèce continentale et sur les îles de la mer Égée, où ils poussent jusqu’à Rhodes. En Europe orientale, les Ottomans ajoutent à leurs prises l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Crimée. Sur le continent africain, ils conquièrent la partie côtière de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte tandis qu’au Moyen- Orient la dynastie impose sa domination sur la Syrie, l’Irak, le Liban, la Palestine et, dans le pourtour de la péninsule arabique, sur le Yémen et le Hedjaz, terre des lieux saints de l’islam, de La Mecque et Médine. Le début de la fin L’intérêt grandissant des puissances européennes pour les routes maritimes et les riches ressources contrôlées par l’Empire ottoman vont précipiter sa chute à partir de 1821, date de la guerre d’indépendance grecque. Après avoir été entraîné aux côtés de l’Allemagne dans le premier conflit mondial, il est dépecé entre les vainqueurs en 1920 par le traité de Sèvres. Une onde de choc qui, de la Bosnie hier à l’Irak et à la Syrie aujourd’hui, n’a pas fini de résonner. Christine Guillemeau Mardi 22 mars à partir de 20.55 La fin des Ottomans (1 & 2) Lire pages 18-19
Photo Josse/Leemage Documentaire Portraits de jeunesse Du Christ emmailloté aux jeunes émancipés du XX e siècle, un documentaire retrace l’évolution du regard des peintres sur l’enfance à travers les âges. Histoire d’une libération résumée en trois tableaux emblématiques. L’exposition L’art et l’enfant se tient du 10 mars au 3 juillet au musée Marmottan Monet, à Paris. Louis XIV âgé de 10 ans d’Henri Testelin (1648) Jusqu’à la fin du Moyen Âge, en dehors du Christ, l’enfant n’est que très rarement représenté par les peintres. Mais avec l’avènement des enfants-rois et les ambitions géopolitiques de certaines nations en construction, une nouvelle ère de portraits s’annonce  : celles des princes et princesses, dont il faut faire voyager l’image en vue des mariages arrangés. Le tableau de Testelin se situe un peu à part de cette tendance puisqu’à 10 ans Louis XIV règne déjà. D’où les attributs royaux qu’il tient ostensiblement en main  : la couronne de laurier (la puissance et la gloire) et le sceptre (l’autorité). Parsemés dans l’espace du tableau, une palette, une statue de marbre, un globe terrestre et une équerre font du monarque N°12 – semaine du 19 au 25 mars 2016 – ARTE Magazine Dimanche 20 mars à 17.35 L’art et l’enfant Lire page 13 Le ballon de Félix Vallotton le protecteur des arts et des sciences. L’apparition de sa jambe droite gainée de blanc l’atteste  : le roi aime aussi la danse. Il s’affirme ici comme le grand chorégraphe du destin de la France. La liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix (1830) Il ne porte pas le bonnet phrygien de sa célèbre voisine de barricade mais un béret d’étudiant, brandit deux pistolets et porte un sac à munitions trop grand pour lui, sans doute récupéré sur un soldat mort. Ce révolté symbolisant l’idéal de justice de la jeunesse marque une nouvelle étape dans la représentation de l’enfant. Celui-ci n’est plus le Christ, le prince ou le fils de bourgeois portraituré, mais un acteur de l’histoire, capable de s’opposer à l’ordre social  : un individu autonome et pensant. Quelques années plus tard, Victor Hugo s’inspire de lui pour le Gavroche des Misérables. Le ballon de Félix Vallotton (1899) Émancipation et ultramodernité au tournant du siècle. Cette toile emblématique du peintre suisse achève de libérer l’enfant de ses carcans traditionnels, autant picturaux que familiaux. La petite fille (ou le garçon aux cheveux très longs ?) s’impose ici comme la figure centrale, seul objet de fascination. Apparemment libre dans l’espace sans limites de la scène, l’enfant passe de l’ombre à la lumière, loin des adultes réduits à deux silhouettes lointaines. L’audace de Vallotton se situe également dans la composition  : une perspective plongeante et dynamique, en accord avec le mouvement de la petite fille qui tourne le dos à des siècles de portraits frontaux et figés. Une grâce jubilatoire. Pascal Mouneyres 7



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