Arte Magazine n°2016-08 20 fév 2016
Arte Magazine n°2016-08 20 fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-08 de 20 fév 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : la planète Fifa.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PHILIPPE MATSAS/OPALE/LEEMAGE C’est par la science, comme toujours dans votre travail, que vous approchez la question de l’altruisme… Thierry de Lestrade  : À Yale, à Harvard, à l’Institut Max-Planck, des scientifiques de réputation mondiale aboutissent à la même conclusion  : la sélection naturelle vantée par les héritiers de Darwin n’est pas le seul mécanisme à l’œuvre dans l’évolution. La coopération l’entraide, sont également inscrites dans notre héritage, parce qu’elles ont permis à l’humanité de survivre  : en tant qu’espèce, nous sommes prédisposés à l’altruisme. C’est ce faisceau convergent de découvertes que nous explorons dans la première partie du film. Ensuite, nous nous interrogeons avec des neuroscientifiques, comme Richard Davidson, sur la manière de faire fructifier cet héritage dont nous avons tant besoin aujourd’hui. Peut-on parler de théories révolutionnaires ? T. deL.  : En tout cas, elles s’inscrivent à contrecourant de la pensée dominante, qui veut que la biologie soit une guerre dans laquelle seuls les plus féroces survivent, et assimile la vie des nations et des entreprises à une compétition acharnée. Sylvie Gilman  : Cette vision selon laquelle l’égoïsme universel serait le moteur de l’histoire humaine est relayée de façon omniprésente par les médias, ce qui nourrit une forme de fatalisme collectif. Lors DOCUMENTAIRE 6 N°8 – Semaine du 20 au 26 février 2016 – ARTE Magazine Vendredi 26 février à 22.25 VERS UN MONDE ALTRUISTE ? Lire page 25 OPTIMISME MÉDITÉ Les comportements altruistes relèveraient non de l’acquis, mais de l’inné. Sur la base de recherches scientifiques novatrices, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (Mâles en péril) révèlent le visage humain de l’évolution. Entretien. de catastrophes comme l’ouragan Katrina, les télévisions du monde entier ont diffusé en boucle des scènes de pillage. Or les scientifiques du Centre de recherche sur les catastrophes du Delaware ont montré que ces comportements étaient ultraminoritaires, et qu’au contraire, sur place, ce sont l’entraide et la solidarité qui avaient prévalu. L’avènement d’un « monde altruiste » vous paraît-il possible, ou est-ce un horizon théorique ? S. G.  : Encore faut-il cultiver cet héritage d’altruisme pour espérer changer le monde. Les neurosciences nous montrent que nous avons le pouvoir de nous transformer. Des chercheurs ont démontré qu’une pratique de la méditation, même très limitée dans le temps, suffit à modifier son propre cerveau dans le sens d’une plus grande bienveillance à l’égard d’autrui. Leur hypothèse, c’est aussi que ces transformations individuelles auront un impact direct sur leur environnement, et qu’elles créeront une chaîne d’altruisme. Ce film vous a-t-il transformés, vous ? T. deL.  : Oui, comme les précédents, d’ailleurs ! Sylvie médite désormais tous les jours et moi… j’essaie d’y parvenir. Propos recueillis par Irène Berelowitch
ALAIN DELON LE JANUS DU CINÉMA FRANÇAIS De Clément à Godard, des joyaux du cinéma italien au polar à la française, le mythe Alain Delon s’est forgé sur une double trajectoire, entre rôles ambivalents et héros plus monolithiques. 1990  : Alain Delon est au festival de Cannes avec Jean-Luc Godard, pour y présenter le fruit de leur tardive collaboration, Nouvelle vague. Le réalisateur franco-suisse a écrit pour la star un personnage double qui condense, en touches subtilement ironiques, toute sa carrière. Au bord du Léman, il y est successivement un amoureux docile, puis un homme d’affaires triomphant. Le premier se noie à mi-parcours, le second revient sous un nom et une apparence identiques au premier. Or c’est dans l’élément aquatique et sous le signe de la dualité, de l’usurpation d’identité, qu’Alain Delon a trouvé en 1960 son premier grand rôle au cinéma, avec Plein soleil de René Clément. Sa beauté et son magnétisme animal explosent à l’écran, il est à la fois doux et violent, il a 25 ans. JE EST UN AUTRE Que ce soit dans ses rôles, Zorro, La tulipe noire et le chef-d’œuvre de Joseph Losey Mr. Klein, ou dans ses choix, Delon montre, tel Janus, un double visage. Il y a l’acteur fascinant, instinctif et félin, magnifié par Luchino Visconti (Rocco et ses frères, Le guépard) et Antonioni (L’éclipse), puis statufié par Jean-Pierre Melville, dont il devient l’interprète favori, avec Le samouraï. Celui qui prend des risques en interprétant et en produisant un cinéma d’auteur plutôt ancré à gauche, DOCUMENTAIRE RONALD GRANT ARCHIVE/MARY EVANS PICTURE LIBRARY/PHOTONONSTOP de L’insoumis d’Alain Cavalier à Mr. Klein en passant par Le professeur de Valerio Zurlini. Un homme sensible, admirateur de La chambre verte de François Truffaut et interprète de Proust (Un amour de Swannde Volker Schlöndorff en 1984). Dans un même mouvement, Alain Delon aligne dès 1963 avec Mélodie en sous-sol une série de rôles virils, aventurier, flic ou voyou, dans des films grand public aux côtés de Jean Gabin, Lino Ventura ou Jean-Paul Belmondo (Les aventuriers, Le clan des Siciliens, Borsalino), avant de se spécialiser durant la décennie 1970 dans le polar, en dur à cuire aux dents serrées. Un genre et un personnage archétypal qu’il fait siens pour ses deux réalisations, Pour la peau d’un flic (1981) et Le battant (1983), se cantonnant dans un registre ultrabalisé. Delon reste néanmoins complexe dans des thrillers psychologiques comme La piscine (1969) et Traitement de choc (1972) où, séduisant Romy Schneider ou Annie Girardot, il révèle, une fois de plus après quelques baignades, une face sombre. Mais après son César du meilleur acteur en 1985 pour son rôle de loser alcoolique dans Notre histoire de Bertrand Blier, le comédien s’efface peu à peu au profit d’un personnage public caricatural, drapé dans sa splendeur passée. Le mystère Delon a disparu dans le Léman de Godard. Marie Gérard N°8 – Semaine du 20 au 26 février 2016 – ARTE Magazine Dimanche 21 février à 20.45 ALAIN DELON, CET INCONNU Lire page 13 CYCLE ALAIN DELON Dimanche 21 février Personne ne bouge ! – Romy Schneider à 16.20 Personne ne bouge ! – Alain Delon à 17. 00 Alain Delon, cet inconnu à 20.45 Mr. Klein à 22.20 Lundi 22 février Pour la peau d’un flic à 20.55 Traitement de choc à 22.40 Mercredi 24 février La piscine à 20.55 7



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