Arte Magazine n°2016-06 6 fév 2016
Arte Magazine n°2016-06 6 fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2016-06 de 6 fév 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : trepalium.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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documentaire L’art et la machine À partir du dernier voyage en train de Buster Keaton, Jean-Baptiste Péretié retrace avec émotion la splendeur et la chute du génial cinéaste broyé par la machine hollywoodienne. Entretien. 6 N°6 – semaine du 6 au 12 février 2016 – arte Magazine Dimanche 7 février à 22.50 Buster keaton un génie brisé par hollywood Lire page 14 Votre film traverse l’œuvre de Buster Keaton. Qu’en retenez-vous ? Jean-Baptiste Péretié  : C’est un personnage très attachant, à la fois drôle et émouvant, un comédien rare capable de faire rire et pleurer presque dans le même mouvement. Mais au-delà du grand acteur qu’on connaît, impassible face aux catastrophes qui l’entourent, Buster Keaton m’est surtout apparu comme un immense cinéaste. En seulement huit ans, ce génie enchaîne les chefsd’œuvre à un rythme effréné, fabriquant tout luimême avec sa petite bande de fidèles, comme si chaque film, merveilleux, était un prétexte pour inventer avec une caméra. Il est presque né sur une scène de music-hall… Keaton a été un enfant star. Dès l’âge de 4 ans, il participe aux shows de ses parents lors de tournées qui les mènent jusqu’en Europe, et c’est d’abord lui qu’on vient voir. Dans des numéros assez brutaux, son père le balance d’un bout à l’autre de la scène ou dans le public. C’est là, dit-il, qu’il comprend que plus il reste de marbre face à ce qu’il subit, plus il provoque le rire. Là aussi qu’il apprend à tomber et rencontre des artistes, des magiciens, dont Houdini, qui le nourrissent énormément. Dès ses premiers courts métrages, il apporte quelque chose de neuf dans l’écriture comme dans la mise en scène, contribuant à rendre cet art plus populaire encore. Dès les années 1920, il est une vedette, connue dans le monde entier. Dès La maison démontable en 1920, il révèle son incroyable créativité… J’adore ce film, comme les autres d’ailleurs, tous des perles. Dans son petit studio, il travaille de façon artisanale, mais son intense créativité le consume. S’il a continué à tourner jusqu’à sa mort, sa période la plus féconde s’arrête en 1928-1929. Ce n’est pas le parlant qui le tue – le son l’intéressait –, mais Hollywood, qui le dévore et lui coupe les ailes. Car la MGM, avec laquelle il signe alors, lui impose une manière très formatée de faire des films. C’est ce qui rend son parcours si touchant  : il s’agit du combat de l’artiste contre la machine des studios. Keaton est l’une des premières victimes de cette histoire vieille comme le cinéma américain. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier Disponible en coffret DVD chez arte Éditions
La chambre noire de Bettina Rheims Dans la mode comme dans l’art, la photographe a marqué de son regard unique les codes de représentation de la féminité. Dans son documentaire, la réalisatrice Michèle Dominici nous invite à entrer dans son laboratoire. DR Bettina Rheims Documentaire Une rétrospective à la Maison européenne de la photographie*, à Paris, une monographie aux éditions Taschen, un travail en cours sur les femmes en détention… Pour Bettina Rheims, ce début 2016 est riche en événements. Le portrait documentaire Bettina Rheims – Dans la fabrique des icônes donne de l’écho à cette effervescence, invitant le spectateur à s’approcher tout près d’une œuvre étrangement familière. «Ses photos tapissent nos souvenirs», dit la voix de Jeanne Balibar en introduction au film. La réalisatrice Michèle Dominici précise  : «Elle a contribué à construire un regard sur la femme, la mode, le luxe. Ses images sont entrées dans l’inconscient collectif, même si on ne sait pas forcément que c’est elle qui les a faites.» Le féminisme traverse quelques-uns des films de Michèle Dominici. «Je pense que c’est là-dessus qu’on s’est rencontrées», résume Bettina Rheims. Il en résulte, estime-t-elle, le film le plus intime qui lui ait jamais été consacré. Regards croisés Le documentaire ne s’attarde pas pour autant sur la vie privée de Bettina Rheims. Pour Michèle Dominici, il s’agissait avant tout de filmer une artiste au travail sans faire appel au point de vue des critiques d’art, de regarder une femme qui regarde d’autres femmes. «Le film décrit d’abord sa vie professionnelle, un monde très séduisant et, petit à petit, il gratte, pour tenter de décrypter ce regard qui creuse les questions de la féminité, du genre, du profane, du sacré», explique-t-elle. Jusqu’à cette prison où Bettina Rheims se rend pour préparer une bettina rheims N°6 – semaine du 6 au 12 février 2016 – arte Magazine série consacrée aux détenues, projet qui donne un nouveau visage à ses obsessions. «Dans leurs témoignages, beaucoup de ces femmes se plaignaient d’une perte de leur féminité. En venant avec mon regard, un peu de maquillage et quelques vêtements, je pouvais peut-être leur offrir un portrait où elles se retrouveraient. Pour moi, il y aura eu un avant et un après ce travail.» C’est à travers le questionnement d’une prisonnière qui interpelle la photographe et dénonce un système qui traite la femme «comme un objet» que le film donne à voir l’une des problématiques de l’œuvre  : transgression ou reproduction des codes du regard masculin ? «C’est un hasard, mais le propos le plus fort du film est tenu par une détenue, qui elle aussi se revendique féministe, explique Michèle Dominici. Ma position ne consiste pas à trancher, mais à laisser le spectateur se faire son idée. C’est dans son ambivalence que le travail de Bettina Rheims m’intéresse. Je voulais donner à penser ces images de femmes.» * Bettina Rheims, du 28 janvier au 27 mars 2016. Samedi 6 février à 22.30 Bettina Rheims dans La fabrique des icônes Lire page 11 7



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