Arte Magazine n°2015-51 12 déc 2015
Arte Magazine n°2015-51 12 déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-51 de 12 déc 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : les aventuriers de l'art moderne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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en couverture 4 N°51 – semaine du 12 au 18 décembre 2015 – arte Magazine photos  : SILEX FILMS/FINANCIèRE PINAULT Art, bohème et poésie En combinant leurs talents pour créer Les aventuriers de l’art moderne, la nouvelle série documentaire d’ARTE, Dan Franck, l’auteur, Amélie Harrault, la réalisatrice de l’animation, Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux, les monteuses et coréalisatrices, ont révolutionné le documentaire d’art. Entretiens croisés. Votre trilogie, éditée chez Grasset, a été à l’origine de la série. Pouvez-vous nous la résumer ? Dan Franck  : J’ai commencé à rédiger Bohèmes, le premier tome, il y a une vingtaine d’années, avec l’idée de raconter la vie des artistes et de l’art moderne entre 1900 et 1930, à Montmartre et à Montparnasse. J’avais vu les documentaires formidables de Jean-Marie Drot sur le même sujet. Je voulais écrire un livre où l’on ressente l’allégresse qui correspondait au quotidien de ces gens-là, ce foisonnement artistique extraordinaire. Après Bohèmes, j’ai écrit Libertad !  : les mêmes artistes et d’autres s’engageaient, avec le déclenchement de la guerre d’Espagne, la montée du nazisme, la découverte de l’Union soviétique et le mirage du communisme. L’époque est plus difficile, plus rude. Les couleurs deviennent plus sombres encore dans Minuit, le dernier tome, qui parle de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance ou de « l’entre-deux ». Comment avez-vous procédé ? D. F.  : J’ai travaillé en lisant énormément – environ trois cents livres pour un roman – et je me suis beaucoup attaché aux témoignages  : les textes
SILEX FILMS/FINANCIèRE PINAULT d’André Salmon, la correspondance entre Max Jacob et Guillaume Apollinaire ou l’opposition entre les surréalistes Aragon et Éluard. Les anecdotes viennent de là. Elles donnent une idée de l’époque, des amitiés et des inimitiés, et elles permettent, grâce à des scènes très parlantes, de montrer qui ces artistes étaient les uns par rapport aux autres. La trilogie raconte une histoire de bandes, celle du Bateau- Lavoir, celle de La Rotonde. Comment vivaient ces artistes ? Quelles étaient leurs relations et comment ont-elles influencé leur production ? Quelles étaient vos exigences pour une adaptation ? D. F.  : Il me paraissait essentiel que le décalage des romans, qui ne sont pas des livres « sérieux » d’historiens d’art, soit respecté. Il fallait une fantaisie, une création, une équipe qui corresponde à mes désirs et à ceux de la maison de production. Ce sont les productrices qui ont découvert Amélie Harrault, la réalisatrice de l’animation, ainsi que Pauline Gaillard et Valérie Loiseleux. Toute la puissance du travail final vient d’elles. Quels défis vous a posé le matériel avec lequel vous deviez composer ? Pauline Gaillard  : Le premier épisode de la série, Bohème, débute en 1900  : il n’existait aucune archive classique qui puisse nous aider à incarner l’histoire des personnages. Est alors apparue la nécessité d’utiliser la fiction et l’animation, une logique qui est devenue poétique. À l’écran, le mouvement vient de l’image animée, mais aussi de cette volonté que nous avions de rester hors de l’histoire de l’art et de l’illustration documentaire classique, et de nous en tenir à l’évocation. Comment avez-vous utilisé les archives ? Valérie Loiseleux  : La recherche d’archives devait épouser le fil historique et les nécessités propres à chaque épisode. Le support visuel doit parler de l’époque à travers des objets, des décors reconnaissables, des tenues vestimentaires. On a aussi cherché des gestes quotidiens, des gens qui s’étirent, qui mangent, qui se lèvent, des détails de main, de pied. Ces archives de corps en mouvement « donnent la main » à certaines animations d’Amélie. Elles lient les séquences. Qu’apporte l’animation au projet ? Amélie Harrault  : Pour moi, l’écriture visuelle est aussi importante que l’histoire, et l’animation s’y prête. Trouver un langage pictural permet d’enrichir un discours. Les différentes techniques permettent de faire varier les émotions. Les trois médiums principaux ont été le papier découpé, qui permet de faire vivre les photos et de les sortir de leur contexte ; l’animation traditionnelle qui donne de la dynamique et enfin, la partie la plus poétique et onirique  : la peinture sur verre. J’ai dû constituer une équipe d’animateurs aux profils différents, dotés d’une sensibilité plastique et éloignés des codes de l’animation « télé » tels qu’on les entend aujourd’hui. Propos recueillis par Philomène Bon N°51 – semaine du 12 au 18 décembre 2015 – arte Magazine Mercredi 16 décembre à 20.55, jeudi 17 et vendredi 18 à 22.25 Les aventuriers de l’art moderne Lire pages 21, 23 et 25 arte 8 Sur arte.tv/lesaventuriersdelartmoderne, prolongez l’aventure avec une infographie interactive des personnages de la série, l’intégralité des entretiens filmés de l’auteur et des réalisatrices, etc. NS Le coffret dvd Les aventuriers de l’art moderne sera disponible le 3 décembre 2015. 5



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