Arte Magazine n°2015-49 28 nov 2015
Arte Magazine n°2015-49 28 nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-49 de 28 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : une histoire d'âme.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Philippe QUAisse/PAsco Documentaire Lundi 30 novembre à 22.25 Woody Allen  : a documentary Lire page 17 Woody par Allen À l’occasion de ses 80 bougies, ARTE diffuse un portrait dans lequel le clown névrosé du septième art se livre à sa manière inimitable. Morceaux choisis. 6 N°49 – semaine du 28 novembre au 4 décembre 2015 – arte Magazine Enfance «Ma mère disait toujours que j’étais un enfant gentil, jovial, mais que, vers 5 ans à peu près, je suis devenu bougon, renfrogné. Ma seule explication, c’est que j’avais compris que j’étais mortel, et ça ne m’a pas plu du tout comme idée.» École «J’ai souvent fait l’école buissonnière avec d’autres élèves. On allait au cinéma à Manhattan. C’était l’un de mes plus grands bonheurs dans la vie. Je n’ai rien de positif à dire sur l’école. J’étais le pire élève de la terre. Je haïssais l’école avec passion. Je la déteste encore ! C’était un vrai calvaire.» Écriture «Écrire, c’est la belle vie. On se lève, on travaille dans sa chambre. Et bien sûr, dans sa chambre, tout ce qu’on invente est génial. On a l’impression d’écrire Citizen Kane.» «J’avais toujours écrit du point de vue masculin, et plus particulièrement du point de vue de l’humoriste masculin. Quand j’ai rencontré Diane Keaton, j’ai découvert une nouvelle perspective. J’ai vu les choses à travers son regard, alors j’ai commencé à écrire pour les femmes.» Tournage «C’est quand il faut tourner le scénario que la réalité vous rattrape. [...] Je suis prêt à tout, à me vendre s’il le faut, pour survivre à cette catastrophe.» «Je n’ai pas la patience de faire une prise supplémentaire. Si j’ai ce que je voulais, je veux avancer, terminer et rentrer chez moi. Je n’ai pas la force de concentration ou la persévérance nécessaires à celui qui veut être un grand artiste. Je préfère rentrer chez moi pour voir le match.» Tragédie «Le sens de l’existence, pourquoi nous sommes là, pourquoi est-ce si douloureux, les relations entre l’homme et la vie, la solitude humaine...  : ces questions n’ont pas de réponses, donc elles gardent toujours leur intérêt. Ces sujets n’ont pas arrêté de se glisser dans mon travail. Je suis voué à les aborder en clown, de façon comique. J’aurais aimé être un grand tragédien, mais ce n’est pas le cas.» Postérité «La longévité et la quantité, ce sont des réussites du point de vue de l’endurance. Mais elles n’ont pas de valeur propre. Pour moi, la réussite, ce serait de faire un grand film, celui qui m’échappe depuis des décennies.» «Quand je regarde en arrière, je me rends compte que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai réalisé tous mes rêves d’enfant. [...] Alors, pourquoi, malgré tous ces coups de chance, ai-je l’impression de m’être fait avoir quelque part ? »
KEYSTONE-FRANCE Cinéma Fritz Lang M le Maître Figure de l’expressionnisme allemand, Fritz Lang n’a cessé d’explorer son époque en réinventant le langage cinématographique. Retour sur l’œuvre d’un visionnaire habité par la fatalité des êtres et du monde. Une quarantaine de films, une somme colossale d’archives – notes, dessins, etc. – dont beaucoup constituées puis léguées par lui-même à la Cinémathèque française...  : l’œuvre de Fritz Lang (1890-1976), monument du septième art, n’en finit pas de susciter la fascination, voire la sidération. Car cette figure tutélaire de l’expressionnisme allemand, qui ambitionnait avec ses films rien de moins que de «donner une forme esthétique aux problèmes supérieurs de l’humanité», a non seulement insufflé au cinéma une puissance démiurgique quasi inégalée, mais a utilisé les outils de son art avec une telle N°49 – semaine du 28 novembre au 4 décembre 2015 – arte Magazine Mercredi 2 décembre à partir de 20.55 M le Maudit Espions sur la Tamise Lire page 21 maîtrise qu’il a réinventé pour longtemps le langage cinématographique. Vertiges du temps et de l’espace – murs et dédales d’escaliers –, mouvements virtuoses et lumières traduisant les angoisses de ses personnages, broyés par le destin ou rongés par la culpabilité  : le visionnaire, au cinéma «implacable» selon l’admirateur Claude Chabrol, travaillait en architecte, digne fils de son père dont c’était le métier dans la Vienne bourgeoise, au tournant du XX e siècle. Passions des corps et des âmes Peintre avant d’être scénariste et réalisateur, dès 1919, avec La métisse, l’homme au monocle, blessé lors de la Première Guerre mondiale, a anticipé derrière la caméra les désastres d’époques successives, imprimant la pellicule des passions des corps et des âmes comme des incertitudes du monde. Installé à Berlin à l’aube des années 1930 avec sa compagne, la scénariste et future nazie Thea von Harbou, le père de la trilogie du Docteur Mabuse séduit d’abord le Führer, tant par le pangermanisme des Nibelungen que par son ahurissant manifeste de science-fiction Metropolis, la plus grosse production des studios Babelsberg. Mais tandis que M le Maudit (1931), son premier film parlant, dénonce la dégénérescence du pays, le cinéaste au sommet s’exile aux États- Unis, témoignant, à l’ombre d’Hollywood, d’une égale et géniale inspiration dans les films de genre  : western (Le retour de Frank James), film d’espionnage (Espions sur la Tamise), thriller (La femme au portrait), drame (Règlement de comptes) ou encore film d’aventures (Les contrebandiers de Moonfleet). Déçu pourtant par les dérives de la démocratie américaine – et la chasse aux sorcières –, Fritz Lang finit par revenir sur le Vieux Continent, amer et presque oublié, avant que Godard ne le consacre dans Le mépris en maître absolu du cinéma. Sylvie Dauvillier 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :