Arte Magazine n°2015-47 14 nov 2015
Arte Magazine n°2015-47 14 nov 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-47 de 14 nov 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,4 Mo

  • Dans ce numéro : occupied.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Aksel Jermstad ecieteed, Occupied, dâboHque diabolique thlloMefic thriller politique pollifique en dl dix'iz épisodes, épj.sodes, met en scènellp l’occupation "douce" «douce» d k, de NŒrvege la Norvège par la Russie. Russlea Un vostukt postulat radical mfizÊ. et convaf.nunt, convaincant, Mngné imaginé par p u l’auteur hutew de polars Jo Nesbo, Nesbø, et Lully analysé sek ici par Erik Skjoldbjærg 1, showrunner de la série. artipicREC>rivE en couverture La valeur de la liberté pzr Er* SkpildManog Il 9 sbownome dellz, sMeo Entrez dans la peau des personnages principaux de la série et confrontez-vous au même choix décisif  : résister ou collaborer ? La saison 1 d’Occupied sera disponible en vod et en coffrets dvd et Blu-ray à partir du 25 novembre. Comment définiriezvous le sujet central d’Occupied ? Erik Skjoldbjærg  : La série imagine comment les gens, dans une société moderne, se comporteraient si leurs droits démocratiques leur étaient enlevés petit à petit. Nous avons voulu montrer que la rébellion serait difficile, car chacun aurait trop à défendre  : sa famille, ses biens, son statut social... Beaucoup d’éléments, dans notre scénario, empêchent les personnages de prendre les armes ou de résister. D’un point de vue artistique, mon travail consiste à poser des questions, pas pour asséner un message, mais simplement pour faire réfléchir les spectateurs. L’histoire nous a montré que les gens se sont toujours montrés pragmatiques dans ces situations, qu’ils se sont adaptés, ont négocié avec l’occupant, et que seule une minorité a osé se soulever. Au début de l’écriture, j’avais en tête 4 N°47 – semaine du 14 au 20 novembre 2015 – ARTE Magazine une phrase, tirée d’une chanson de Janis Joplin écrite par Kris Kristofferson, «Me and Bobby McGee»  : «Freedom’s just another word for nothing left to lose» («La liberté, c’est une autre manière de dire qu’on n’a plus rien à perdre»). De là, je me suis demandé ce qu’il nous fallait pour apprécier la valeur de cette liberté. Le point de départ de la série a été imaginé par Jo Nesbø, qui dit s’être inspiré de la collaboration de la société norvégienne avec le nazisme, et de la manière dont elle édulcore ce passé... Le postulat de Nesbø est brillant et original. Je me suis tout de suite senti proche de son point de vue et j’ai adhéré à sa vision sociopolitique de l’événement. Ça n’a donc pas été difficile de la développer. Jo n’était pas impliqué dans l’écriture. J’ai travaillé avec ma coscénariste Karianne Lund et la production. Ce qui me paraissait compliqué, lorsque le projet a été lancé début 2013, c’était son absurdité apparente. Il fallait rendre crédible cette idée qu’une société occidentale moderne puisse
être occupée du jour au lendemain. Or, peu après le début du tournage, la crise ukrainienne a éclaté et la Russie a envahi la Crimée... Est-ce que ce télescopage de l’actualité a modifié le scénario ? Non, il était déjà écrit et en cours de tournage. Il nous a simplement paru plus pertinent. Il n’a pas changé dans sa globalité, mais nous avons retravaillé des détails. Nous avons eu le réflexe de regarder régulièrement les infos, pour observer comment nous pouvions rendre certaines séquences plus crédibles, plus dramatiques, en y piochant des références concrètes. Mais la justesse du script était déjà présente grâce aux recherches faites en amont auprès des politiciens, des juges, des policiers, des stratèges militaires, à qui nous avons posé la question  : «Et si ça arrivait ? » Dans Occupied, la Russie, à la demande de l’UE, rouvre le robinet de gaz et de pétrole qu’Oslo a fermé. Votre dernier film, Pioneer 2, traite des conséquences de la découverte par la Norvège d’immenses ressources gazières dans les années 1980. Le sujet vous tient beaucoup à cœur ? Les énergies fossiles sont les moteurs de notre économie et ont modifié notre société dans tous les domaines. La Norvège s’est construite comme un État providence, et la découverte de ces ressources a accéléré ce processus  : le pétrole et le gaz nous ont donné les moyens de nos ambitions. Or, dans le même temps, nous avons une image de pays très écolo, très propre, qui ne colle pas franchement à la réalité. Moi-même, je suis ambivalent sur le sujet, comme beaucoup de Norvégiens. Je ne peux pas nier que cette manne pétrolière m’a considérablement facilité la vie et que j’en profite tous les jours. Mais je suis inquiet quand je pense à la direction vers laquelle cette exploitation soutenue risque de nous mener. Propos recueillis par Emmanuel Raspiengeas 1. Cette interview a été réalisée dans le cadre du festival Séries Mania 2015. 2. Sorti au cinéma en France début 2015. N°47 – semaine du 14 au 20 novembre 2015 – ARTE Magazine Jeudi 19 novembre à 20.55 Occupied (1 & 2) Lire page 22 Jo Nesbø «Les choses peuvent basculer très vite» «Le sujet principal d’Occupied n’est pas la Russie, mais la nation démocratique qu’est la Norvège, et cette croyance selon laquelle la civilisation, la démocratie, nos institutions, reposeraient sur une base inébranlable. Le cas de la Yougoslavie nous a démontré l'inverse  : il n’a fallu à Slobodan Milošević que six mois environ pour désagréger une nation qui se croyait unie. […] Les choses peuvent basculer très vite. On me dit que c’est tiré par les cheveux  : ‘La Russie, occuper la Norvège ? Ça n’arrivera jamais…’Eh bien, c’est arrivé à l’Ukraine. Alors que l’on croyait cela impossible, combien de temps nous a-t-il fallu pour accepter cette situation ? On est choqué pendant deux jours, et puis cela passe.» 5



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