Arte Magazine n°2015-45 31 oct 2015
Arte Magazine n°2015-45 31 oct 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-45 de 31 oct 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : les heures souterraines.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Nemo Perier Stefanovitch en couverture De l’écrit à l’écran C’est un peu par hasard qu’ils se sont croisés, dans Les heures souterraines. Ses romans à elle sont sensibles et efficaces. Sa filmographie à lui, éclectique et singulière. Du livre au film, Delphine de Vigan et Philippe Harel poursuivent la conversation. 6 N°45 – semaine du 31 octobre au 6 novembre 2015 – ARTE Magazine Delphine de Vigan et Philippe Harel Comment est née cette adaptation ? Philippe Harel  : D’une manière assez amusante. Ma femme, Sylvie Bourgeois, qui est écrivaine, devait rencontrer l’éditrice Karina Hocine [Lattès, NDLR] pour un projet de livre. Il se trouve que Karina Hocine, qui est arrivée en retard à ce rendez-vous, est aussi l’éditrice de Delphine de Vigan. Ma femme, en plaisantant, lui a demandé de lui offrir un livre pour se faire pardonner. Elle est revenue à la maison avec Les heures souterraines. Je l’ai ouvert et j’ai tout de suite été attiré  : le sujet, la façon dont il était traité, cette alternance de deux personnages destinés l’un à l’autre mais qui passent leur temps à se rater... Delphine de Vigan  : On s’est rencontrés, et Philippe m’a raconté sa lecture du roman. Je connaissais son travail et sa vision m’a plu. Cela s’est passé ensuite de la même manière que pour No et moi, adapté par Zabou Breitman  : une fois que je suis d’accord
sur la personne qui va porter le projet, je ne m’en mêle plus. Une adaptation, c’est toujours une interprétation  : un auteur s’empare du travail d’un autre pour se l’approprier. Parfois, c’est une trahison, et il y en a de très belles. Avez-vous été surprise par certains choix ? D. de V.  : Par le traitement du dénouement, principalement, mais le cinéma a une grammaire différente de celle du roman. Ce qui m’importe, c’est d’être surprise, émue. Et les personnages tels qu’ils sont incarnés par Marie-Sophie Ferdane et Mehdi Nebbou suscitent en moi un élan très fort. Ce sont mes personnages et, en même temps, ce ne sont plus les miens. P.H.  : Au cinéma comme en littérature, il y a toujours un moment où le récit et les personnages deviennent plus forts que nous  : au début, on a beaucoup de liberté, mais plus on avance, moins ils nous laissent le choix. Malgré tout, je cherche à rester dans l’esprit de l’écriture, dans le ton. Il y a des dialogues que j’ai quasiment repris dans leur intégralité. Le livre comme le film parlent de la solitude de la vie en ville. Comment avez-vous cherché l’un et l’autre à la traduire ? D. de V.  : C’est un tableau urbain. La ville est vraiment le troisième personnage de mon roman. Pour Mathilde, ça s’incarne dans ses voyages en métro. J’ai consacré vingt pages à décrire ce trajet qu’elle fait quotidiennement, de chez elle jusqu’à son bureau. Thibault, qui passe ses journées dans sa voiture, subit aussi cette violence. Sans compter qu’en tant que médecin, il en est un témoin privilégié. Les urgentistes que j’ai interviewés m’ont dit que la solitude était à l’origine de 40% de leurs consultations. P.H.  : J’ai insisté sur le côté répétitif, les embouteillages, les interphones... En fait, chaque personnage est dans un autre rythme que le monde qui l’entoure. Le choix de la voix off me permettait de passer de l’un à l’autre de manière fluide et de mettre en scène des images mentales, où les personnages n’apparaissent pas, mais imaginent, se souviennent. À la fin, ils s’adressent l’un à l’autre en voix off  : c’est comme ça qu’on comprend que leur rencontre a eu lieu. Depuis le début, j’avais envie de voir ce regard qu’ils échangent dans le métro. Quand j’ai monté cette scène, j’ai compris qu’il n’y avait pas besoin d’en dire plus. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène Vendredi 6 novembre à 20.55 Les heures souterrAINes Lire page 24 Patrick Fournial Mehdi Nebbou et Marie-Sophie Ferdane Marie-Sophie Ferdane Grande actrice «J’aimais bien l’idée qu’elle soit grande, je lui ai même rajouté des talons. Il y a toujours quelque chose d’émouvant chez les grandes femmes, je trouve. Elle exprime une douceur, et en même temps une autorité qui convenaient parfaitement au personnage», dit Philippe Harel de celle qui incarne Mathilde dans Les heures souterraines. Cette interprétation subtile et attachante a valu à Marie-Sophie Ferdane un prix au dernier festival de Luchon. En plus d’être grande, elle a une tête bien faite et déborde de talents  : normalienne, agrégée de lettres, violoniste, pensionnaire de la Comédie- Française durant six ans, cette ancienne du Conservatoire est aussi metteur en scène. C’est d’abord sur les planches que sa carrière se déroule aujourd’hui, mais il y a fort à parier qu’on la reverra bientôt sur les écrans, petits ou grands. N°45 – semaine du 31 octobre au 6 novembre 2015 – ARTE Magazine 7



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