Arte Magazine n°2015-45 31 oct 2015
Arte Magazine n°2015-45 31 oct 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-45 de 31 oct 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : les heures souterraines.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
Augustin Détienne Dimanche 1er novembre à 23.00 Jacques hIgelin par sANdrine bONNAIre Ce que le temps a dONNé à l’homme Lire page 14 documentaire 4 N°45 – semaine du 31 octobre au 6 novembre 2015 – ARTE Magazine
Duo d’anges heureux À travers un portrait très sensible, l’actrice Sandrine Bonnaire dessine un Jacques Higelin intime et inédit. La complicité de deux âmes fortes. «I l n’est pas de hasard, il est des rendezvous.» Ce texte d’étienne Daho aurait pu être écrit pour eux. En décembre 2012, Sandrine Bonnaire et Jacques Higelin tombent nez à nez dans un train en provenance de Thionville. Elle termine un film, il achève une tournée de concerts. Très vite, ils enregistrent «Duo d’anges heureux» sur l’album Beau repaire (2013). Puis, portés par une admiration et une confiance mutuelles, ils esquissent l’idée d’un portrait filmé. Sandrine Bonnaire connaît sur le bout des doigts l’œuvre de Jacques Higelin. Elle a grandi avec. C’est le temps retrouvé de cette adolescence que l’actrice veut capter. Higelin possède cette magielà  : chez lui, au lieu de s’estomper, l’insouciance s’est affirmée avec l’âge. On le découvre dans la perpétuation de ses gestes scéniques que Sandrine Bonnaire a l’idée de juxtaposer dans un montage s’étalant sur un demi-siècle. «Higelin est un homme du temps, c’est quelqu’un qui s’en empare», explique-t-elle. Le temps de l’INTIme Pour construire son portrait, celle qui fut révélée en 1983 par À nos amours s’est appuyée sur la correspondance de Jacques Higelin avec l’actrice Irène Chabrier (Lettres d’amour d’un soldat de vingt ans). Alors que le comédien est parti combattre en Algérie, il écrit à la jeune femme qu’il a rencontrée sur le tournage du film Le bonheur est pour demain (1961). Tout y est posé. Les interrogations sur l’amour, la musique, l’enfance et l’injustice. Curieusement, les questions que formule Sandrine Bonnaire semblent n’avoir jamais été posées à un homme pourtant familier des interviews. Il se peut qu’à 75 ans, toutes ces interrogations sur le temps se présentent à lui sous un angle différent. Et, avec la récente perte évoquée de son frère Paul, il se peut aussi que l’artiste ait été plus disposé à se confier sur le terrain de l’intime. Alors forcément, c’est un portrait où l’on parle beaucoup de femmes et où on en voit quelques-unes, comme Irène Chabrier, Sandrine Bonnaire ellemême et la fille du chanteur, Izia Higelin, filmée sur scène. Mais Ce que le temps a donné à l’homme est aussi un film où les hommes sont très présents. On les voit qui s’étreignent  : Jacques Higelin lustre le crâne nu de son fidèle percussionniste Dominique Mahut, serre dans ses bras son fils Ken, chante L’hymne à l’amour avec son autre fils Arthur qui semble, lui, vouloir garder l’image d’un père trop longtemps sur les routes. «Lors d’une projection à Biarritz, une dame dans le public m’a dit  : ‘Écoutez, moi, je vous ai vu plein de fois en concert, mais là, c’est la première fois que je sens que c’est vous.’C’est vrai  : Sandrine m’a pris tel que je suis profondément. Avec ce film, elle m’a tendu un miroir. Avant, je ne me voyais pas, elle m’a appris à m’accepter», avoue le chanteur. en haut du mur Pour cela, il fallait les silences entre les mots. C’est ce que capte principalement Sandrine Bonnaire chez cet homme habituellement si prolixe. Elle le filme aussi dans la lecture de ses propres mots  : ses pensées, ses lettres d’amour. Puis, c’est au tour de la réalisatrice de lire les missives du chanteur. Voix off  : «Les murs, ça n’effraie que ceux qui restent plantés devant. Même si on s’écorche en grimpant, même si on se blesse en retombant. On se repose, on attend que le souffle revienne pour la prochaine escalade. Mais ne rien entreprendre parce que le mur semble trop haut, se dire qu’on n’y arrivera pas, autant se flinguer.» Higelin reprend la parole, comme s’il était maintenant en haut du mur  : «Moi qui avais quitté l’école très tôt, j’ai fait plein de choses en passant d’une expérience à une autre. J’ai fait du théâtre de boulevard, des avantgardes, de l’opéra. J’ai tout fait.» Tout ce qu’il a réussi, c’est grâce à sa maman, nous apprend une séquence du film. On y voit la réalisatrice allongée sur un lit avec Higelin. Il y a une veilleuse. Elle lui fait raconter une anecdote. Quand il était gamin, sa mère est allée trouver son institutrice retorse pour lui dire  : «Si vous n’aimez pas cet enfant, vous n’obtiendrez rien de lui.» Un conseil suivi à la lettre par Sandrine Bonnaire. Ludovic Perrin N°45 – semaine du 31 octobre au 6 novembre 2015 – ARTE Magazine 5



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :