Arte Magazine n°2015-44 24 oct 2015
Arte Magazine n°2015-44 24 oct 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-44 de 24 oct 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : au service de la France.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ArtPCREC)TIVE oirt0 EDITIC)NS en couverture «Taper là où ça fait mal» Sa plume et son humour singuliers, Jean-François Halin les a toujours mis au service de la France  : Les guignols de l’info, Groland, OSS 117... Avec la nouvelle série d’ARTE, il nous ramène en 1960 pour raconter, depuis les coulisses de nos services secrets, une nouvelle et désopilante page de l’histoire nationale. À découvrir en ligne  : un examen d’entrée drolatique pour intégrer les services secrets français des années 1960, au moyen de modules pédagogiques vidéo dispensés par les personnages de la série. Un jeu-concours conclura ces épreuves, avec, à la clé, des dvd d’ARTE Éditions, des tampons encreurs et des cadeaux mystères à gagner. arte.tv/asf La série sortira en dvd et Blu-ray le 4 novembre, avec des bonus vidéo. Comment est née l’idée d’Au service de la France ? Jean-François Halin  : Avec le producteur Gilles de Verdière, nous avions envie de montrer les coulisses des services secrets français. Ce qui m’amusait particulièrement, c’était de les décrire comme une administration tatillonne, ringarde, avec, en toile de fond, un pays sûr de sa suprématie, et en réalité ignorant des grands enjeux du moment. J’ai puisé dans l’imaginaire de mon enfance (le feuilleton Des agents très spéciaux, les premiers James Bond), pour le transposer dans une ambiance de bureau, hiérarchisée, pesante...française ! Avec les coscénaristes Claire Lemaréchal et Jean-André Yerlès, nous avons donc imaginé un service où un vol de trombone serait aussi important qu’une crise à Cuba. Vous avez déjà œuvré dans le pastiche du film d’espionnage… Il y a bien entendu une parenté avec OSS 117, une sorte de cousinage. J’aime bien que les héros soient de tout petits bonshommes, obsédés par des choses superflues alors qu’ils sont au cœur de grandes problématiques. Certains traits du personnage d’OSS 117 sont reportés sur les trois agents du «Service», Jacquard, Moulinier et Calot. Mais en réalité, ils sont bien plus méchants que lui  : racistes, incompétents, voire fous ! Nous trouvions amusant de les confronter à un personnage candide, pétri d’idées humanistes, celui d’André Merlaux. Il incarne notre regard moderne sur ce monde ancien et apporte de la comédie car il est en total décalage. Est-ce que son intelligence et son histoire d’amour avec Sophie vont être gâchées par la crétinerie ambiante ? Voilà l’enjeu. Pourquoi avez-vous choisi de situer l’action en 1960 ? Car c’est une période charnière pour notre pays. 4 N°44 – semaine du 24 au 30 octobre 2015 – ARTE Magazine On a parfois tendance à confondre les années 1960 en France et aux États-Unis. La France de l’époque n’est pas celle de Mad men, qui dépeint une nation prospère, n’ayant pas connu la guerre sur son territoire. Cette France est un pays en partie en ruines, sale, toujours ancré dans le passé, et en même temps à l’orée de quelque chose de nouveau  : les yé-yé, Kennedy, Mai-68 vont arriver... Alexandre Courtès a très bien exploité cette idée dans sa mise en scène, notamment à travers le décor des bureaux, qui montre ce mélange de désuétude et de modernité. Merlaux, et plus encore Sophie, annoncent les changements à venir. Quand cette dernière explique vouloir être une «femme moderne», elle sème le chaos ! Il ne faut pas oublier qu’en 1960, si une femme veut travailler, elle doit demander l’autorisation à son mari. Merlaux, lui, a de belles idées, mais il reste un homme de son temps, alors que Sophie veut s’émanciper. Il y a aussi l’empire colonial français, constitutif de cette époque, qui est en train de s’effondrer. Mais alors que le monde change, notre «Service» ne s’en rend pas compte. Les agents n’ont pas conscience qu’ils sont sur un morceau de banquise qui dérive, qui fond. Derrière la comédie, la série aborde des sujets très sérieux… C’est la France d’avant Le chagrin et la pitié  : remplie de secrets. Des secrets de famille, d’État. Un couvercle bien refermé sur le passé... On préfère ne pas trop fouiller, alors on ne fait pas de différence entre le résistant de 1941 et celui de 1944. Les services secrets vivent dans le mythe de la France tout entière résistante. Quelques années plus tard, on tombera dans un autre excès, celui de la France toute collabo. La vérité est bien sûr entre les deux. On peut assimiler le personnage d’André à une génération ayant l’intuition qu’il faut changer les choses, et qui se retrouve empêchée, broyée. Le discours qu’il tient
photos  : Luc Roux aux émissaires africains qui viennent réclamer l’indépendance contient des extraits de celui de Patrice Lumumba face au roi des Belges [Assassiné en 1961, Patrice Lumumba est l’une des grandes figures de l’indépendance du Congo belge,ndlr]. Mais ni moi ni mes coscénaristes ne sommes des historiens. Si nous avons veillé à ce qu’il n’y ait pas d’anachronismes, notre objec- N°44 – semaine du 24 au 30 octobre 2015 – ARTE Magazine tif est avant tout de faire rire et de taper là où ça fait mal. Je me suis appliqué, par exemple, à bien faire entendre cette phrase  : «L’Algérie c’est la France.» Aujourd’hui, elle semble étonnante, choquante. Mais le rire c’est aussi ça... La comédie ne m’amuse que si elle a un fond. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux- Comnène Jeudi 29 octobre à 20.50 Au service de la France (1-4) Lire pages 22-23 5



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