Arte Magazine n°2015-42 10 oct 2015
Arte Magazine n°2015-42 10 oct 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-42 de 10 oct 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Gérard le gourmand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LUC MOLEUX Qu’avez-vous découvert lors de vos fouilles au Laos ? Fabrice Demeter  : Avec notre équipe, dont ma consœur américaine LynnLaura Shackelford, nous fouillions un abri sous roche lorsque notre sédimentologue, Philippe Duringer, a repéré l’entrée d’une grotte dissimulée sous la végétation. En 2008, les premières fouilles avaient mis en évidence des charbons de bois datés de 45000 avant J.-C. L’année suivante, nous avons trouvé des os, dont un fragment de crâne presque complet vieux de 63 000 ans. Il s’agit de l’un des premiers Homo sapiens ayant vécu en Asie, sans doute une jeune femme. Qu’a apporté ce fossile dans la connaissance de notre espèce et de son expansion ? Il a permis de comprendre que l’homme moderne était arrivé en Asie plus tôt que nous ne le pensions. Jusqu’à présent, les fossiles retrouvés hors d’Afrique, et qui présentaient les traits résolument modernes d’Homo sapiens, n’étaient pas aussi anciens. Le documentaire montre comment Homo sapiens a quitté son berceau africain pour peupler la planète. Pourquoi a-t-il entrepris ce long voyage ? Les chercheurs n’ont aucun élément de réponse. Yves Coppens, qui a été mon directeur de thèse, évoque la curiosité. Nous savons qu’il n’existait pas d’enjeux de subsistance ou de pression démographique. Peut-être nos ancêtres ont-ils été simplement tentés d’aller voir toujours plus loin. Lorsque Sapiens, après avoir quitté l’Afrique vers 70000 avant J.-C., a conquis de nouveaux territoires, notamment en Eurasie, il a sûrement rencontré des populations déjà présentes, comme les SÉRIE DOCUMENTAIRE NOS ANCÊTRES LES SAPIENS Diffusé à l’occasion de la Fête de la science, Quand Homo sapiens peupla la planète, un spectaculaire docu-fiction, retrace l’incroyable odyssée de l’homme moderne en s’appuyant sur les dernières découvertes, dont celle du paléoanthropologue Fabrice Demeter. Entretien. Néandertaliens, et s’est mélangé avec elles. Les analyses ADN récentes de certains fossiles présentant des caractères hybrides, à la fois archaïques et modernes, le prouvent  : l’Homo sapiens possède des gènes néandertaliens. Ces croisements ont-ils été bénéfiques à l’homme moderne ? Certains gènes archaïques encore présents aujourd’hui dans notre génome permettent de résister à des maladies, mais on n’identifie pas pour l’instant tous ces gènes de façon certaine. L’un d’eux, par exemple, présent chez les Tibétains, leur offre la capacité de vivre en haute altitude. La grande force d’Homo sapiens est d’être parvenu à s’adapter à tous les environnements pour assurer sa survie au fil des millénaires. Propos recueillis par Laure Naimski 6 N°42 – Semaine du 10 au 16 octobre 2015 – ARTE Magazine Samedi 10 octobre à 20.50 QUAND HOMO SAPIENS PEUPLA LA PLANÈTE Lire page 12
INA INA DOCUMENTAIRE L’HOMME QUI AIMAIT LES PHRASES Trente ans après la disparition de Michel Audiard, retour sur son art des dialogues, nourri de son enfance de gamin de Paname, d’une grande culture littéraire et d’une vie marquée par des tragédies personnelles. N°42 – Semaine du 10 au 16 octobre 2015 – ARTE Magazine Dimanche 11 octobre à 22.20 MICHEL AUDIARD J’PARLE PAS AUX CONS, ÇA LES INSTRUIT Lire page 15 cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît.» «Quand «Les les types de 130 kg disent quelque chose, ceux de 60 les écoutent.» «Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche.» Et si Michel Audiard était la synthèse improbable de saint Augustin et de Louis- Ferdinand Céline, une figure méconnue de grand moraliste, à la plume trempée dans une nitroglycérine qui «éparpillait façon puzzle». toutes les hypocrisies de l’après-guerre ? Camouflé derrière son image de dilettante génial, l’ancien ouvrier passé journaliste, puis romancier, qui a dialogué plus de trente ans de cinéma français, n’aura eu de cesse d’explorer ce qu’il estimait «Le» sujet fondamental et universel  : la connerie humaine. La critique «sérieuse» (François Truffaut en tête) lui reprocha longtemps sa gouaille de titi parisien, jugée vulgaire, sans prendre la mesure de son érudition littéraire et de la noblesse de sa plume, qui n’avait en réalité que peu recours à l’argot. Il faudra attendre 1978 et la publication de sa bouleversante autobiographie, La nuit, le jour et toutes les autres nuits, sorte de Recherche du temps perdu écrite par le Bardamu du Voyage au bout de la nuit, pour découvrir les ombres derrière ses impertinences. MARINS ET FANTÔMES Avant Audiard, il y avait le petit Michel, Gavroche du 14 e arrondissement, abandonné par ses parents avant ses 7 ans. Recueilli par une famille aimante, il vécut une jeunesse buissonnière dans le sud de la capitale, où il constitua son bagage de répliques, de livres, qu’il avait pour habitude de voler sur les étals, et de rencontres avec tout ce que le Paris interlope comptait de marginaux. Le petit homme maigre à la voix nasillarde resta toujours un enfant du pavé. Il traînait un cynisme d’anar forgé dans la douleur par sa connaissance trop intime des horreurs de son temps. Très tôt, il eut besoin de mettre des mots entre lui et le monde, pour apprivoiser ses drames intimes, de l’assassinat de son amie Myrette, jeune prostituée lynchée par des salauds ordinaires à la Libération, à la mort de son fils aîné dans un accident de voiture. «C’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases», ironise Francis Blanche dans Les tontons flingueurs. Sans elles, Audiard n’aurait peut-être jamais réussi à tenir à distance les fantômes de son passé. Emmanuel Raspiengeas 7



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