Arte Magazine n°2015-42 10 oct 2015
Arte Magazine n°2015-42 10 oct 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-42 de 10 oct 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Gérard le gourmand.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
STARS DES TERROIRS Un beau piment, un homard frais...  : pour son restaurant parisien La Fontaine Gaillon, Gérard Depardieu s’approvisionne chez les meilleurs producteurs. À travers la série documentaire À pleines dents !, il invite à un savoureux périple à leur rencontre, avec son chef cuisinier et ami Laurent Audiot. Entretien avec ce dernier. EN COUVERTURE Comment avez-vous rencontré Gérard Depardieu ? Laurent Audiot  : C’était il y a plus de vingt ans. En attendant sa femme qui jouait au théâtre, Gérard venait avec Jean Carmet déguster du vin blanc près de mes fourneaux, dans l’établissement où je travaillais alors. Un jour, il m’a proposé d’acheter un restaurant avec lui. Je ne l’ai pas vraiment pris au sérieux. Mais dix ans plus tard, en 2002, il m’a dit  : «T’as pas l’air bien. C’est le moment pour toi de le faire.» Gérard est d’une grande fidélité. Très peu de temps après, il m’a appelé pour m’annoncer que La Fontaine Gaillon était à nous. Il a ajouté  : «Je suis en train d’y manger. C’est pas terrible. On va changer la carte ! » Comment est né le projet À pleines dents ! ? Avec Gérard, nous avions cette idée depuis longtemps. Plusieurs fois par an, nous allons en cure à Quiberon. Officiellement, pour faire une diète, mais nous rencontrons quand même des producteurs  : ostréiculteurs, boulangers, viticulteurs, etc. Gérard me répétait sans cesse  : «Ce qu’ils font est extraordinaire. Il faut absolument que nous rapportions des images.» 4 N°42 – Semaine du 10 au 16 octobre 2015 – ARTE Magazine Que souhaitez-vous transmettre à travers cette série ? Avant tout, la rencontre avec les producteurs et les marins-pêcheurs. Tous ont une grande humilité, de la générosité et le sens du partage. Leurs métiers, très difficiles, nécessitent énormément de travail. Tous leurs efforts peuvent être anéantis à cause de mauvaises conditions météorologiques. Les médias montrent les chefs, mais eux sont rarement visibles. Pourtant, sans eux, je n’existerais pas. Avec Gérard, nous les invitons avec leurs familles à goûter ma cuisine, à Paris. Ils comprennent que je ne dévalorise pas leur travail. Par exemple, les langoustines, qui arrivent vivantes d’Écosse, sont cuisinées le jour-même. Sinon, acquérir un bon produit n’aurait aucun intérêt. À quoi tient la qualité d’une viande, d’un poisson ? Prenons l’exemple d’un jambon  : pour en obtenir un bon, il faut d’abord sélectionner d’excellents cochons. Le respect de la nature est gage de qualité, tout comme la rigueur. Aujourd’hui, l’agriculture intensive domine et l’alimentation est en danger, d’où l’importance de mettre en avant ce savoir-faire et ceux qui fabriquent ces produits
d’exception, en gagnant peu d’argent. D’autant qu’ils sont de plus en plus rares. Comment avez-vous choisi les producteurs ? J’en connaissais certains comme Michel Izard, boulanger à Lannilis en Bretagne, qui fabrique du pain pour les navigateurs. Gérard, lui, tenait à aller en Écosse. Nous y avons passé de beaux moments sur un petit bateau de pêche. Pour moi, qui ne voyage d’ordinaire que dans ma cuisine, rencontrer toutes ces personnes constituait un fantastique aboutissement. L’un d’entre eux vous a-t-il plus particulièrement touché ? La visite chez Jean-Pierre Craignou, qui cultive des pommes de terre sur l’île de Batz, m’a beaucoup ému. Je crois que sa rencontre avec Gérard a été l’un des plus beaux jours de sa vie. Il en avait les larmes aux yeux. Gérard aussi était touché. Il a vu les mains de Jean-Pierre, qui font le double des siennes, et s’est écrié  : «Ça, c’est de la paluche ! » Jean-Pierre travaille encore à l’ancienne, avec une jument, et fertilise avec du goémon. Il a su dire non à l’argent et a préféré rester sur son île, là où il est heureux. N°42 – Semaine du 10 au 16 octobre 2015 – ARTE Magazine Gardez-vous d’autres souvenirs forts ? J’ai aimé l’étape au Pays basque auprès de Jean- Marie Oçafrai, éleveur de Kintoa, un porc de race basque qui a bien failli disparaître. Nous avons partagé un repas avec lui et eu de longues discussions avec Christian Aguerre, dont les piments d’Espelette sont fameux. Il nous a fait goûter une joue de porc dont j’ai encore la saveur en bouche  : un moment de grâce. Je me souviens aussi d’Antonio Tubelli, un extraordinaire cuisinier napolitain, qui m’a fait découvrir un marché d’une grande authenticité. Quelles sont vos prochaines destinations ? Nous avons déjà réalisé l’épisode sur l’Île-de- France. Nous partons bientôt en Bavière, avant une escale en Catalogne, au Maroc et dans une autre région de France. Ce qui est formidable avec Gérard, c’est qu’il aime tout. À condition que ce soit bon. Propos recueillis par Laure Naimski Les cinq prochains épisodes d’À pleines dents ! seront diffusés en 2016. Du lundi 12 au vendredi 16 octobre à 19.00 À PLEINES DENTS ! AVEC GÉRARD DEPARDIEU ET LAURENT AUDIOT Lire page 16 arte. Cs) Retrouvez en ligne les recettes de Laurent Audiot. 5



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :