Arte Magazine n°2015-40 26 sep 2015
Arte Magazine n°2015-40 26 sep 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-40 de 26 sep 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : démons.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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eric margolis en couverture Dans l’enfer cruel de l’amour Pour sa première œuvre audiovisuelle, Démons, le metteur en scène Marcial Di Fonzo Bo réunit Marina Foïs, Romain Duris et Anaïs Demoustier dans des rôles noirs et grinçants. à retrouver simultanément sur ARTE et au Théâtre du Rond-Point. Entretien * avec celui qui est aussi directeur de la Comédie de Caen. 4 N°40 – semaine du 26 septembre au 2 octobre 2015 – ARTE Magazine eric margolis
Vendredi 2 octobre à 22.45 DÉMONS Lire page 25 Pourquoi avoir choisi un texte de l’auteur suédois Lars Norén pour votre première œuvre audiovisuelle ? Marcial Di Fonzo Bo  : Il me permettait de penser du cinéma à partir de quelque chose que je connaissais mieux  : Lars est un dramaturge de théâtre tout comme je suis un homme de théâtre. L’écriture de Lars Norén oscille toujours entre l’intime et le documentaire, le biographique et l’abstrait, le constat de la réalité sociale et la dénonciation politique. Dans sa tentative d’épingler le réel, grâce à l’hyperréalisme des situations et aux dialogues ciselés, j’avais le sentiment d’une dramaturgie qui se prêtait tout naturellement à l’adaptation cinématographique. Quelles sont les différences fondamentales entre le scénario et la pièce ? Pour le scénario du film, nous nous sommes, Louis- Charles Sirjacq et moi-même, librement inspirés de la pièce, dont nous avons modifié une grande partie du récit. Nous avons inventé de nouvelles séquences, des situations parfois muettes, nous nous sommes attardés sur des regards, des silences. Une grande partie des dialogues ont été réécrits. Pour approfondir les personnages, nous avons tout naturellement été inspirés par la présence des quatre interprètes  : Marina Foïs, Romain Duris, Anaïs Demoustier et Stefan Konarske. Nous avons écrit pour eux. Leurs personnalités, leurs corps se sont fondus dans les contours des personnages. Vous avez adapté le texte de Norén pour ARTE avant de le mettre en scène au Théâtre du Rond-Point. Pourquoi cet ordre-là ? Au théâtre, je suis toujours surpris par la justesse d’exécution des acteurs lors des premiers jours de répétitions. Leurs premiers gestes, leurs intuitions, lorsque l’inconscient opère de manière certaine. J’ai toujours pensé que cette première étape dans le travail était plus intéressante à «capter en images» que le spectacle une fois terminé. C’est pourquoi j’ai réalisé le film en amont de la représentation au théâtre et non pas l’inverse. Le film est maintenant un objet à part entière, et nullement une pièce de théâtre filmée. Est-ce la première fois que vous passez d’un genre à l’autre ? Cette porosité entre le théâtral et le cinématographique existait déjà dans mon travail, elle n’est pas dr N°40 – semaine du 26 septembre au 2 octobre 2015 – ARTE Magazine née avec ce projet en particulier. J’ai souvent fait des spectacles hybrides, à partir d’autres matériaux que du «pur texte dramatique», avec par exemple les dessins de Copi ou les écrits de Rosa Luxemburg. J’ai aussi mis en scène de l’opéra. J’aime la friction entre les différents langages. Ce qui m’intéresse, c’est comment s’effectue le passage d’un format à l’autre. Beaucoup d’artistes réalisateurs, d’ailleurs, ont travaillé sur cette question  : Fassbinder, Bergman, Cassavetes... Qui sont ces «démons» ? L’auteur nous donne à voir le quotidien d’un couple et les démons qui le dévorent. Aucun des personnages n’échappe à l’enfer conjugal, ni à celui de la condition humaine. Lars Norén ne voit aucune solution, aucune issue à la lutte des sexes. Au-delà du regard pessimiste que l’auteur porte sur la relation homme-femme, Démons raconte la tentative d’un couple d’aristocrates (incarnés par Romain Duris et Marina Foïs) d’atteindre l’amour le plus absolu. Cette passion destructrice vient en opposition au mode de vie du couple voisin (Anaïs Demoustier et Stefan Konarske, ou Gaspard Ulliel dans la pièce), soi-disant le modèle ascendant, sans aucun repère en dehors de leur cellule familiale. On assiste à une véritable descente aux enfers qui se déploie dans un engrenage irréversible. Le tout dans un mélange d’impudeur et de cruauté, d’exhibition et de vérité. Démons prend acte de la chute de l’aristocratie... À son origine, la pièce explore les liens intimes, secrets, entre la figure du couple – son existence inévitable et pourtant vouée à l’échec selon Norén – et un état de la bourgeoisie au cours de la décennie où la pièce est écrite, les années 1980. Démons fait partie d’une série de pièces écrites à cette époque en réaction au théâtre «bourgeois». Pour ce qui est du film, en resituant l’action dans un château et en grossissant le trait de la différence de classe existant entre les deux couples, j’ai voulu à la fois retranscrire cette envie de l’auteur de faire imploser le théâtre bourgeois et donner l’idée d’une déchéance plus vaste, généralisée. Mettre en scène un moment de bascule où l’on radiographie la chute d’une certaine aristocratie. * Propos extraits d’entretiens de Marcial Di Fonzo Bo avec Maxime Contrepoids (CDN de Normandie) et Pierre Notte (Théâtre du Rond-Point) Démons se joue au Théâtre du Rond-Point du 9 septembre au 11 octobre et à la Comédie de Caen du 20 au 22 octobre. 5



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