Arte Magazine n°2015-35 22 aoû 2015
Arte Magazine n°2015-35 22 aoû 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-35 de 22 aoû 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Heimat, la saga.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Edgar Reitz Filmproduktion München en couverture Heimat l’œuvre fleuve Qua,nd Quand le desfin destin d’une d'une famille hiMlflie de pqszns paysans zllilenaznds allemands offre à un pqs pays enteT entier de Erel.SiteT revisiter son. histoire, histofre9 au prisme dune d’une Mercredi 26 août à 20.50 Heimat (1 & 2) Chronique d’un rêve et L’exode Lire page 17 Jeudi 27 août à 22.50 Heimat Une chronique allemande (1 & 2) Lire page 19 magistrale nutstmie &ton fiction courEnt courant du du nIlheu milieu du du XiXe XIX e sIleek siècle à I nos DtUTSo jours. Retour Refouir SUI sur HeiMag9 Heimat,llE la szga, saga d’Edgar d9EdgEs Reitz. Rezo Il aura fallu trente ans pour réaliser les cinquante-quatre heures de la fresque Heimat, terme allemand réputé intraduisible. Il signifie à la fois la patrie, la terre natale, le terroir, un lieu où l’on se sent bien. Le réalisateur Edgar Reitz, figure du Nouveau Cinéma allemand des années 1960, l’a choisi pour revisiter l’histoire de son pays de 1842 à nos jours, et le réhabiliter après sa confiscation par les nazis. Au cœur de sa saga, le destin d’une famille de paysans du Hunsrück en Rhénanie-Palatinat. Elle apparaît d’abord, en 1984, dans une série devenue culte  : Heimat – Une chronique allemande, qui couvre la période 1919-1982 ; Heimat – Chronique d’une jeunesse (1992), qui scrute la RFA des années 1960 et 1970 ; Heimat 4 N°35 – semaine du 22 au 28 août 2015 – ARTE Magazine – Chronique d’une époque (2004), qui fait écho à la chute du Mur. Reitz retournera dans le Hunsrück en 2011 afin de tourner Heimat – Chronique d’un rêve et L’exode pour évoquer une autre période importante de l’histoire de l’Allemagne (1842-1844) et une possible patrie d’adoption  : le Brésil. Réaction à «Holocauste» À l’origine de Heimat, il y a une réaction épidermique de Reitz. Celui-ci a vu, en 1978, à la télévision allemande, le téléfilm américain Holocauste sur le drame d’une famille juive allemande. Il est excédé par son esthétique artificielle et son excès de ressorts mélodramatiques, estimant que «l’on ne comprendrait
jamais comment une partie du peuple allemand était devenue nazie à partir d’une représentation aussi caricaturale». Dès lors, il brûle de tourner une série réaliste et populaire, d’évoquer un passé occulté et le complexe de culpabilité des Allemands, de «décloisonner les mémoires, la grande histoire venant toujours se substituer à la petite». Il décide donc, tel un sociologue, de recueillir des témoignages dans son «Heimat», le Hunsrück, interrogeant durant un an des gens du cru sur leurs vies, leurs proches, leurs souvenirs. Cette enquête en amont donne naissance à la saga sous une forme qui relève à la fois du documentaire et de la fiction, avec, au départ, un scénario de… deux mille pages ! Le premier volet de Heimat fut un choc pour le public de la Mostra de Venise en 1984, où il fut projeté pour la première fois, et où il reçut le Prix de la critique internationale, puis pour douze millions d’Allemands qui le virent à la télévision peu après. En France, Patrice Chéreau organisa une projection marathon au théâtre des Amandiers à Nanterre. Le film sort en 1985 en quatre parties sur les écrans, et son succès inattendu amène TF1 – alors encore chaîne de service public – à le diffuser en 1987 sous forme de série (doublée et remontée en quinze épisodes de 55mn). ARTE la programme ensuite dans son découpage d’origine et en version sous-titrée en 1992. N°35 – semaine du 22 au 28 août 2015 – ARTE Magazine Edgar Reitz dit de ses compatriotes que«Heimat leur a donné le sentiment qu’ils pouvaient à nouveau assumer leur passé». À l’issue des projections ou dans les milliers de lettres qu’il reçoit durant des années, les spectateurs participent à un travail de mémoire inédit outre-Rhin. Œuvre fondatrice Le chancelier Kohl intervient officiellement pour saluer cette œuvre fondatrice pour l’identité allemande. Certains ont pourtant reproché à Reitz d’être passé un peu vite sur la Shoah et d’avoir banalisé le nazisme à travers les destins de gens ordinaires. Accusations dont le cinéaste s’est défendu en expliquant qu’il ne souhaitait pas «remplacer le travail de l’école». Aussi son film ne se focalise pas seulement sur la période 1933-1945, il en montre les prémices avec la montée du nationalisme à la fin des années 1920 et les ferments de la peste brune, tout en s’intéressant au vécu de l’après-guerre dans un pays en ruines à travers l’occupation américaine puis le miracle économique. Cette saga à la portée universelle, où chaque spectateur peut reconnaître un aïeul, a rencontré un succès indéniable à l’étranger et a fait évoluer l’image des Allemands. C’est pour montrer une autre Allemagne qu’Edgar Reitz, qui avait cru, une fois bouclé le troisième volet de son œuvre fleuve, en prendre définitivement congé, est retourné dans son Hunsrück natal sept ans plus tard pour y tourner Heimat – Chronique d’un rêve et L’exode, qui se concentrent sur les années 1842 à 1844. Ce sujet historique lui tenait à cœur  : celui de l’émigration d’habitants de cette région au Brésil et, à travers elle, l’émergence d’une nouvelle génération qui revendique le droit au bonheur et à l’utopie, exprime des désirs de culture et d’éducation ainsi que l’envie d’ailleurs. Josie Mély 5



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