Arte Magazine n°2015-29 11 jui 2015
Arte Magazine n°2015-29 11 jui 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-29 de 11 jui 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : ciel, mon mérou !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Lorsqu’il explore les eaux du globe, Laurent Ballesta aime partir à la rencontre de poissons extraordinaires tels que le gobie d’Andromède, le requin gris ou le légendaire cœlacanthe *. Mais contre toute attente, celui qui est à la fois biologiste, plongeur et photographe est allé observer des… mérous. «C’est un poisson d’une extrême banalité», reconnaît l’intéressé. Banal, peut-être, mais détenteur d’un secret. Tous les ans, pendant plusieurs semaines, 18 000 mérous se rassemblent dans une passe de l’atoll de Fakarava, en Polynésie en couverture Laurent Ballesta L’homme-poisson Biologiste et plongeur, Laurent Ballesta a l’art de sublimer la vie marine grâce à ses images inédites. Sa nouvelle expédition, en Polynésie française, perce le secret de la reproduction des mérous et retrace l’aventure d’un record de plongée. Samedi 11 juillet à 20.45 Le mystère Mérou Lire page 11 * Le documentaire Le cœlacanthe – Plongée vers nos origines est disponible en vod. 6 N°29 – semaine du 11 au 17 juillet 2015 – ARTE Magazine Les films d’ici française, pour se reproduire un jour de pleine lune en un gigantesque ballet. Paradoxalement, ils risquent leur vie face aux centaines de requins gris qui les dévorent par milliers. «J’avais l’intime conviction que résidait là un mystère à lever», confie le scientifique qui, tout en perçant les secrets du monde marin, relève des défis de plongée et revient des abysses avec des images inédites exceptionnelles. Plongée record de vingt-quatre heures Pour cette expédition en Polynésie française, baptisée «Gombessa II», Laurent Ballesta et son équipe se prennent à rêver d’une plongée de vingt-quatre heures sans interruption – du jamais vu – afin d’observer un cycle de vie du mérou. Avec succès, ils reussissent à mettre au point un mélange spécifique à haute teneur en hélium. «Respirer de l’hélium plutôt que de l’oxygène élimine l’ivresse des profondeurs. Cela permet aussi des décompressions beaucoup moins longues et moins éprouvantes, explique Laurent Ballesta qui ne cache pas sa peur au moment de la mise à l’eau. Je somatisais. J’avais la migraine, un torticolis et les reins bloqués. Mais après une heure, j’ai réalisé à quel point les fonds marins étaient magnifiques et toute mon angoisse a été évacuée.» Fruit d’une prouesse de plongée, Le mystère mérou apporte aussi un immense plaisir visuel. Son talent pour la photo a d’ailleurs valu à Laurent Ballesta d’être le plus jeune biologiste-photographe à être exposé sur les grilles du jardin du Luxembourg, en 2005, à l’âge de 31 ans, pour un tour du monde de la faune et de la flore sousmarines. Une fois encore, il rapporte de Polynésie française d’incroyables images au cœur de l’intimité des requins, des fusiliers et des mérous pour comprendre leur mystère grâce à des vidéos ultraralenties et des caméras de vidéosurveillance disséminées sous la mer. «Depuis toujours, dit-il, j’aspire à un travail photographique sinon artistique, du moins naturaliste, dans la tradition séculière de l’art pariétal et des dessinateurs du XVI e siècle.» «Gombessa III» est déjà en préparation. «Luc Jacquet, le réalisateur de La marche de l’empereur, m’a contacté pour donner, dix ans après, une suite à son travail sur les manchots dans l’Antarctique grâce à une plongée très profonde en eau polaire», annonce Laurent Ballesta. Le biologiste prépare cette nouvelle expédition dans ses bureaux d’Andromède Océanologie, un pôle de recherche sur l’environnement marin qu’il a fondé en 2008 dans sa région natale, près de Montpellier. Avec vue sur la mer. Laure Naimski Le mystère mérou sera disponible en VOD à partir du 11 juillet, sur boutique.arte.tv
spectacle Richard III «le loup qui sommeille en moi» ARTE retransmet depuis Avignon la tragédie de Shakespeare Richard III, mise en scène par Thomas Ostermeier. Figure majeure du théâtre européen, celui-ci a créé le spectacle, l’un des plus attendus du festival, à la Schaubühne de Berlin. Entretien. Pourquoi mettre en scène un auteur classique comme Shakespeare ? Thomas Ostermeier  : Soyons polémiques  : car ce n’est pas un classique ! Shakespeare est celui qui est le plus à même de faire cohabiter la plupart des genres. Il faut maîtriser le comique, le sens de l’intrigue, les scènes d’amour, le divertissement et la tragédie. Pour moi, Shakespeare est une mine immense et riche de ressources infinies, dont chaque génération gratte un peu les parois. Robert KlubA/SIGNATURES Pourquoi Richard III ? Je ne sais pas qui est Richard, mais j’essaie de le découvrir au fil de la représentation. C’est un défi de se plonger dans l’histoire de ce scélérat pour essayer de comprendre ses motivations profondes et sa relation aux autres. Je suis aussi très intéressé par le côté bonimenteur de Richard, un Richard d’ailleurs complice du public. Dans le théâtre populaire élisabéthain, les Vertus faisaient leur entrée par une scène latérale, tandis que le Vice sortait des rangs des spectateurs, car il représentait une émanation de l’auditoire sur scène – et c’est ma lecture du personnage. Richard nous fait vivre par procuration tout ce que nous abritons en nous d’abject – pulsion de mort, de violence, dépravation… – mais que la civilisation permet heureusement de brider. Il est le loup qui sommeille en moi, qui peut se révéler en chacun de nous. Dans votre mise en scène à la Schaubühne, il y avait la même proximité entre comédiens et spectateurs que celle qui existait au théâtre du Globe au temps de Shakespeare… Richard est en contact avec les spectateurs, car chacun doit avoir l’impression de pouvoir le toucher. Il leur dit  : «Je suis l’un de vous, votre inconscient, qui va pouvoir se libérer comme un chien enchaîné qu’on détache.» Et si cela fonctionne, on a envie de le suivre dans ses Arno Declair dérives. C’est ce que j’aime dans le théâtre  : il nous aide à sortir des jugements moraux pour nous laisser séduire et nous détourner du droit chemin… À Avignon, nous allons créer un effet de kaléidoscope en jouant sur une plate-forme qui s’avance à l’intérieur des gradins. On aura l’impression d’être dans un chaudron et l’ambiance devrait donc être assez proche de celle de la Schaubühne. Qu’est-ce que cela signifie pour vous de présenter Richard III à Avignon ? C’est très important, puisque Avignon est le premier festival de théâtre au monde, avec cette atmosphère si particulière, qui voit toute une ville fêter cet art trois semaines durant. C’est une manifestation très populaire, fréquentée par des gens «normaux», où vit encore l’esprit du Théâtre national populaire de Jean Vilar. J’adore ce lieu. Propos recueillis par Katrin UllmannN°29 – semaine du 11 au 17 juillet 2015 – ARTE Magazine Lundi 13 juillet à 22.45 Richard III Lire page 15 7



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