Arte Magazine n°2015-26 20 jun 2015
Arte Magazine n°2015-26 20 jun 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-26 de 20 jun 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'expérience Guédelon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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À Spectacle l’opéra équestre de bartabas La relation entre l’homme et le cheval constitue pour Bartabas une source d’expression inépuisable. Après une rencontre au sommet à Salzbourg avec Marc Minkowski, il parachève son nouveau spectacle, réponse poétique et humoristique à la violence du monde. chaque spectacle, Bartabas expérimente, qu’il s’agisse pour lui d’orchestrer la rencontre de son art avec d’autres cultures ou de le mettre au cœur de nouveaux défis scénographiques. Depuis quelque temps déjà, il parle de l’opéra équestre comme d’une nouvelle frontière à explorer, imaginant le cheval en point de rencontre entre deux formes d’interprétation musicale, celle des chanteurs et celle des cavaliers. Ce désir a pris forme grâce à une collaboration exceptionnelle avec Marc Minkowski, à l’occasion de la dernière Semaine Mozart, le Festival d’hiver de Salzbourg  : pour Davide penitente, un oratorio peu joué du compositeur, le splendide amphithéâtre de la Felsenreitschule («Manège des rochers») de Salzbourg est redevenu ce qu’il était à l’origine, un manège. Le chef d’orchestre a volontairement proposé à Bartabas de travailler sur une œuvre peu connue, et suffisamment abstraite pour le laisser libre de ses choix scénographiques  : l’homme goûte peu les opéras trop «mis en scène». Il recherche avant tout dans la musique la dimension sacrée, intemporelle. De fait, il fait fi ici de toute dramaturgie, tandis que Minkowski expérimente lui aussi, plaçant ses musiciens dans des arcades situées en hauteur pour laisser l’espace scénique aux chevaux en mouvement... Visuellement et acoustiquement, le résultat s’avère impressionnant. Retour aux sources Revenu dans son fort d’Aubervilliers après cette expérience inédite, Bartabas a mis la dernière main au spectacle qu’il présentera pour la première fois aux Nuits de Fourvière de Lyon, le 8 juin. On achève bien les anges – Élégies, qui porte un titre inspiré par la tragédie de Charlie hebdo, sera accompagné par les chansons mélancoliques de Tom Waits. Le maître écuyer fera aussi son retour dans l’arène  : on verra Bartabas sur scène, entouré de six musiciens et de trentecinq chevaux, dans une scénographie sous chapiteau retrouvant la proximité avec le public qui caractérisait ses premières créations. Jonathan Lennuyeux-Comnène artPc NCERT 6 N°26 – semaine du 20 au 26 juin 2015 – ARTE Magazine Matthias Baus Journée spéciale Fête de la musique Dimanche 21 juin, de 13.00 à 0.50, de Paris à Baden-Baden en passant par Salzbourg, ARTE fête la musique sur les plus belles scènes européennes. > Daniel Barenboim en direct de Berlin à 13.00 > La belle Hélène – Au Théâtre du Châtelet à 15.00 > Les trois ténors  : naissance d’une légende à 17.15 > «David Penitente», l’oratorio de Mozart – Bartabas à Salzbourg à 18.40 > Promenades à Vienne avec The Philharmonics à 20.00 > La Traviata – Mise en scène par Rolando Villazón à 20.45 > John Williams across the stars à 23.05
Raoul PECk Fiction Ayo à huis clos La chanteuse globe-trotteuse a fait escale en Haïti pour accomplir avec brio ses premiers pas d’actrice dans Meurtre à Pacot, un huis clos implacable signé Raoul Peck. Portrait d’une artiste en mouvement. Joy Olasunmibo Ogunmakin, dite Ayo, est une voyageuse. Allemande d’origine nigériane par son père et tzigane par sa mère, installée en France, cherchant ses inspirations musicales en Amérique, où elle a vécu un temps, elle incarne un métissage contemporain, qui nourrit ses chansons depuis son premier album, Joyful, avec un tube qui marqua l’année 2006, «Down on my knees». Ayo («Joie» en yoruba, l’une des langues du Nigeria) est connue, mais pas diva, ce qui lui donne la liberté de se laisser porter par ses envies d’ailleurs et d’expérimentation. Elle le dit elle-même  : elle n’a jamais considéré son métier comme un travail, car entre sa vie et la musique, elle ne met pas de frontière. En lui proposant de faire ses premiers pas à l’écran, Raoul Peck lui a donné une chance d’élargir encore ses horizons. Cela faisait quelque temps N°26 – semaine du 20 au 26 juin 2015 – ARTE Magazine Jeudi 25 juin à 22.55 Meurtre à Pacot Lire page 23 que la chanteuse regardait vers le cinéma. C’est aujourd’hui chose faite, avec un rôle de premier plan dans Meurtre à Pacot qu’on pourrait presque qualifier de contre-emploi tant il est éloigné de la chaleureuse simplicité qui porte la chanteuse sur scène. Dans cette fable pessimiste qui met à nu la société haïtienne au lendemain du séisme de 2010, Ayo se défait de son aura musicale pour endosser le rôle austère d’une grande bourgeoise déchue, réduite à camper dans les ruines de sa luxueuse villa. Même si elle parvient à lui insuffler de subtiles nuances d’émotion et de fragilité, son personnage restera prisonnier de sa classe sociale et de sa peur de l’autre. Exigence En participant à un projet aussi exigeant, Ayo confirme avec talent son goût pour l’aventure. Celle-ci se poursuivra cet été en musique, dans divers festivals de France et de Belgique où elle chantera un répertoire aujourd’hui constitué de quatre albums. Dans le premier, elle évoquait une enfance marquée par la toxicomanie de sa mère, et sa vie de déracinée. Puis ses textes se sont mis davantage à regarder le monde, comme le résumait en 2013 son dernier album en date, Ticket to the world. Des accents de rap, sa première passion musicale, se sont mêlés à la folk mâtinée de soul et de reggae qui avait jusque-là caractérisé son style. Celle qui, juste avant, avait présenté avec éclat le «Summer of soul» d’ARTE, a d’ailleurs songé à signer cet opus sous le nom d’un alter ego plus sombre, «Black mamba» (le nom anglais d’un long et dangereux serpent)... Mais elle a préféré rester Ayo, à la fois une et diverse. On est curieux de voir où la mèneront ses pas ensuite, entre scènes et plateaux. Jonathan Lennuyeux-Comnène 7



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