Arte Magazine n°2015-26 20 jun 2015
Arte Magazine n°2015-26 20 jun 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-26 de 20 jun 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'expérience Guédelon.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Denis Gliksman, Inrap. DENIS GLIKSMAN, INRAP. Samedi 20 juin à 20.50 Guédelon  : renaissance d’un château médiéval Lire page 12 en couverture L’aventure Guédelon À l’occasion d’une journée consacrée à l’archéologie, ARTE explore cet ambitieux projet de reconstruction de château fort, situé dans l’Yonne. Entretien avec l’archéologue Anne Baud, maître de conférences à l’université Lumière Lyon 2 et membre du comité scientifique de Guédelon. 4 N°26 – semaine du 20 au 26 juin 2015 – ARTE Magazine 4
Comment avez-vous rejoint le projet Guédelon ? Anne Baud  : En 1997, Marilyne Martin, la responsable de Guédelon, m’a contactée. Avec Michel Guyot, le propriétaire du château de Saint- Fargeau, ils cherchaient des scientifiques spécialistes du médiéval pour construire un château fort selon les connaissances et les techniques exclusives du bâti de l’époque. Ils ne voulaient pas de Disneyland, mais d’un projet qui s’inscrive dans une histoire. Sur le site de Saint-Fargeau, des vestiges du XIII e siècle subsistaient dans les tours. On est parti de là pour raconter l’histoire du seigneur de Guédelon qui, un jour, est revenu des croisades. Une fois que l’équipe scientifique a été réunie, les travaux ont pu commencer. Ce chantier devrait durer vingt-cinq ans. Il nous reste donc sept ans pour l’achever. Une expérience unique au monde  : jusque-là, en archéologie, on avait affaire à des murs. Avec Guédelon, l’homme se retrouve au centre du projet. VAS211£111- C’est un laboratoire d’archéologie à ciel ouvert. Qu’y avez-vous découvert ? L’aller-retour entre le geste et son expertise. Avec la révolution industrielle, le geste s’est mécanisé et l’homme a perdu le contact avec la matière. Il y a vingt ans, on découvrait l’image de synthèse. C’est très bien, mais le virtuel a ses limites. À Guédelon, c’est différent. Ce travail au long cours ne s’arrête pas, n’est pas standardisé. Le chantier évolue constamment. Trouve-t-on encore des artisans capables de bâtir comme au Moyen Âge ? Soixante-dix personnes travaillent de mars à novembre à Guédelon  : des tailleurs de pierre, des connaisseurs du bois, des charpentiers, des spécialistes de la tuilerie, ceux qui portent l’eau... Ils travaillent en osmose avec la nature. On ne peut pas maçonner en hiver, par exemple. Ils obéissent aux rythmes du soleil avec des journées plus courtes en hiver et plus longues en été... Bien sûr, nous ne bâtissons pas exactement comme à l’époque médiévale. Dans la construction, on ne sait plus lire le bois ou la veine d’une pierre. Toutefois, ces connaissances ne se sont pas complètement perdues. Des praticiens, des artisans, des restaurateurs les ont perpétuées grâce au geste. Guédelon, c’est un modèle d’entreprise... Oui. Ici, tout le monde s’écoute. Il existe un allerretour constant entre le savoir-faire des artisans et l’observation des scientifiques. On s’interroge. On se remet en question. Chacun sort de sa bulle. Ainsi, grâce aux archéologues, les maçons ont découvert les vertus de la terre locale pour leur mortier. On oublie souvent ce que la nature nous offre. Cela crée aussi du lien social... Cela a redynamisé la région. Les touristes ont permis de faire vivre le projet. Par leur venue, tout un patrimoine local renaît. Les gens s’intéressent aux chantiers de fouilles. Ils aiment l’histoire, beaucoup plus qu’on ne le croit. Avec Guédelon, ils découvrent un travail au quotidien fondé sur la solidarité. Les gens qui achèveront le chantier de Guédelon ne seront pas les mêmes que ceux qui l’ont commencé. Durant ce quart de siècle, il y aura eu transmission d’un savoir, d’une pratique. Cela rend humble. Au XIII e siècle d’ailleurs, la notion d’architecte n’existait pas... Effectivement, c’est venu plus tard, au XV e siècle. Jusque-là, un architecte était un bon ouvrier de terrain, qui maîtrisait assez les métiers pour exercer son autorité sur les autres corporations. Au Moyen Âge, on utilisait peu le terme architecte et davantage l’expression latine de magister operis que l’on traduit par maître d’œuvre. C’est lui qui dirige le chantier mais la discussion reste ouverte. Propos recueillis par Ludovic Perrin N°26 – semaine du 20 au 26 juin 2015 – ARTE Magazine Journée archéologie Samedi 20 juin de 9.45 à 23.25 Du 19 au 21 juin se tiendra dans toute la France la sixième édition des Journées nationales de l’Archéologie. ARTE s’associe à l’événement le 20 juin à travers cette programmation spéciale. En partenariat avec > X:enius – Archéologie  : que nous apprennent les champs de bataille ? à 9.45 > Squelettes du Sahara à 10.15 > L’énigme de la fausse momie à 11.05 > Sur nos traces de 12.00 à 13.20 et de 14.15 à 15.35 > X:enius – La préhistoire  : comment nos ancêtres vivaient-ils ? à 13.20 > Les experts remontent le temps (1-5) à 15.35, 16.35, 17.35, 20.45 et 22.20 > Les jardins suspendus de Babylone à 15.40 > Cités englouties – Thônis- Héracléion en Égypte à 16.40 > Enquête sur la momie des tourbières à 17.40 > Le dessous des cartes – Civilisations  : changer ou disparaître ? à 19.30 > Guédelon  : renaissance d’un château médiéval à 20.50 > Les énigmes du Sphinx à 22.25 5



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