Arte Magazine n°2015-23 30 mai 2015
Arte Magazine n°2015-23 30 mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-23 de 30 mai 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : mission Rosetta.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Samedi 30 mai à 20.50 L’aventure Rosetta – Aux origines de la vie Lire page 11 en couverture Des plans sur la comète Fin 2014, le robot Philae se posait sur la comète Tchouri et la mission Rosetta, projet européen lancé vingt et un ans plus tôt, atteignait son but. Un exploit qui pourrait éclairer l’origine de la vie. Précisions avec l’astrophysicienne Anny-Chantal Levasseur-Regourd. En quoi la mission Rosetta relèvet-elle de l’exploit technologique et scientifique ? Anny-Chantal Levasseur-Regourd  : C’est la première fois que sont effectués un rendez-vous avec un très petit objet du système solaire et un atterrissage à sa surface. Cela signifie d’abord qu’il a fallu arriver sur la même orbite que lui, parce qu’on ne peut être attiré gravitationnellement par sa faible masse, qui n’agit qu’à proximité immédiate. Il a ainsi fallu viser cet objet en rotation rapide. Un exploit inouï qui a nécessité le développement de technologies et de nouvelles 4 N°23 – semaine du 30 mai au 5 juin 2015 – arte Magazine méthodes de navigation spatiale. Au-delà, comme le nom de Rosetta («pierre de Rosette») l’indique, cet objet peut nous en apprendre beaucoup sur les origines du système solaire et peut-être même sur celles de la vie sur Terre. C’est une prouesse dont on peut être très fier en tant qu’Européen, une performance qui montre que quand on se met ensemble, on fait vraiment des choses exceptionnelles. En Europe, il y a une grande diversité d’approche des problèmes qui devient une richesse quand les synergies jouent et qu’il s’agit d’accomplir des performances scientifiques ou techniques.
Ÿ '-.c.- ; rj.'ns,. -,.- - -.. ".' -7Rt: Jriv `` 1- -.., r -.+at_.dF_ti a +. -. - -yt 1j -'w. r.,+. artwFUTURQ En complément du documentaire, arte Future propose des infographies et une série de bonus vidéo sur les dessous et les enjeux de cette mission hors norme. S ` Peut-on dresser un bilan scientifique de cette mission ? C’est trop tôt, parce qu’elle se poursuit encore. Rosetta a commencé à s’approcher du noyau de la comète au début du mois d’août 2014, et Philae a atterri à sa surface le 12 novembre dernier. Rosetta se trouve toujours à proximité du noyau, et tous deux se rapprochent de plus en plus du «périhélie» de la comète, c’est-à-dire du point où son orbite est la plus proche du Soleil. Un passage prévu pour le 13 août prochain. Contrairement aux planètes, les comètes ne se situent pas toujours à la même distance du Soleil  : elles ont des orbites elliptiques très allongées. Il s’agit donc d’étudier une évolution recouvrant de réels changements quant à l’aspect de la surface de ces petits corps constitués de glaces qui se vaporisent et de poussières qui s’échappent avec les gaz. Cela offre aussi la possibilité de détecter ce qui se trouve au-dessous. Qu’a-t-on déjà obtenu ? Les résultats les plus spectaculaires sont les images du noyau bilobé, peut-être formé de deux sous-noyaux distincts qui se sont rencontrés sans heurt violent. Il y a aussi la structure interne de cet objet primordial dont la formation remonte à l’agglomération de la «nébuleuse protosolaire» N°23 – semaine du 30 mai au 5 juin 2015 – arte Magazine CNES/EKIS FraNCE (le nuage de gaz et de poussières à l’origine du système solaire). Plus on observe ce noyau, plus on comprend sa complexité, laquelle ne relève ni d’une géologie terrestre ni d’une géologie planétaire. Constitué de glaces (en particulier d’eau) et de poussières (de silicates et de matériaux carbonés), c’est un objet de très faibles gravité et densité, laquelle indique une grande porosité. Peut-on espérer d’autres résultats encore ? Une interrogation demeure concernant Philae qui a réussi à accomplir sa mission en fonctionnant entre le 12 et le 14 novembre sur ses seules piles dans le vide et dans le froid pendant plus de 62 heures. Mais le noyau sur lequel il se trouve se rapprochant du Soleil, Philae, actuellement à l’ombre, va peut-être être exposé au Soleil, ce qui permettra à ses panneaux solaires de produire de l’énergie et au robot de se «réveiller» pour recueillir de nouveaux résultats. La mission n’est donc pas finie. L’Agence spatiale européenne compte-t-elle réitérer une telle expérience ? On ne refait jamais les mêmes expériences. Mais peut-être qu’un jour, il y aura une autre expérience qui permettra d’apporter sur Terre un morceau de noyau cométaire. Une collecte plus difficile encore à concevoir que celle d’un morceau de roche de la planète Mars. D’une part, il faudrait conserver ce morceau à très basse température, et d’autre part, il devrait traverser l’atmosphère terrestre sans accélération, car sa densité est si faible qu’en arrivant sur Terre, il serait réduit à l’état de «bouillie». Les résultats de la mission Rosetta que l’on présente aujourd’hui ne sont sans doute pas les plus étonnants. Pour les résultats qui peuvent a priori se révéler les plus surprenants, il faut s’armer d’une grande prudence et construire des théories pour interpréter avec acuité ce qui est observé. Rosetta n’a pas fini de faire parler d’elle. L’intérêt médiatique aide-t-il ce type de mission ? Oui, on se sent fier de participer à ce projet, parce qu’indirectement, c’est toute la technologie et la science européennes, sans oublier une part de collaboration américaine, qui se trouvent dans la même aventure. Et ce qu’il y a de merveilleux, c’est non seulement l’implication de scientifiques, de techniciens et d’ingénieurs, mais encore le fait que chacun, s’il le désire, peut aussi vivre l’expérience en temps réel. Propos recueillis par Jean Demerliac Anny-Chantal Levasseur-Regourd est professeure à l’Université Pierre et Marie Curie (upmc), et effectue sa recherche au Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (latmos). 5



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