Arte Magazine n°2015-21 16 mai 2015
Arte Magazine n°2015-21 16 mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-21 de 16 mai 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : les frères Coen, présidents du jury du festival de Cannes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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KCNA/xinhua press/corbis Documentaire Kim Jong-un fait son autocritique Après Bush, Castro et Poutine, KarlZéro et Daisy d’Errata font parler Kim Jong-un, le dirigeant nord-coréen, pour dresser un portrait tragicomique et remarquablement documenté d’un tyran mal dans sa peau. Interview croisée. B. Rindoff Petroff/getty Pourquoi avez-vous choisi de vous mettre dans la peau de Kim Jong-un ? KarlZéro  : Le dernier «Grand timonier» vivant, anachronisme stalino-maoïste dans ce XXI e siècle mondialisé, était une proie de choix. On pourrait même croire que la série «Dans la peau de...» a été inventée pour lui. Nous choisissons toujours des «hommes forts», qui sont déjà en quelque sorte des caricatures d’eux-mêmes. Et ArtPINFO c’est à chaque fois un véritable délice de se glisser dans la peau d’un caïman. 6 N°21 – semaine du 16 au 22 mai 2015 – ARTE Magazine Mardi 19 mai à 22.50 Dans la peau de Kim Jong-un Lire page 19 Que souhaitiez-vous dire à travers ce nouvel épisode ? Daisy d’Errata  : Le pari de la série est de permettre au téléspectateur de se faire l’idée la plus juste possible d’un personnage illustre dont il entend parler, sans savoir au fond ce qu’il est réellement. Il s’agit d’autobiographies non autorisées où l’on s’instruit en s’amusant. K. Z.  : Dans le cas de Kim Jong-un, nous souhaitions révéler qu’il n’a jamais rêvé de succéder à son père. Élevé en Suisse, il a fantasmé sur des modèles américains. C’est son frère aîné, arrêté à Tokyo alors qu’il tentait d’aller visiter Disneyland, qui devait reprendre la succession. Dès lors, il était un traître capitaliste. Rapatrié dare-dare de l’étranger, Kim Jong-un a alors reçu une formation accélérée pour prendre le pouvoir. D. d’E.  : Même s’il s’est fait au costume trop grand pour lui de «leader divin», ce qu’il souhaite le plus, c’est que ça s’arrête. Comment avez-vous rassemblé autant de documents sur ce pays très secret et de quelle manière avez-vous travaillé le ressort comique face à la tragédie qu’il vit ? D. d’E.  : Le principe intangible de cette série, c’est que rien n’y soit truqué, inventé, ni ajouté par nos soins pour faire sourire. La drôlerie, l’ironie, le cynisme bien souvent, ce sont nos «héros» qui nous les fournissent, involontairement bien sûr, au travers des images qu’ils laissent filtrer d’eux-mêmes par leurs médias officiels. Les archives sont issues de la télévision nordcoréenne. Elle émet, mais personne ne la regarde jamais. K. Z.  : Les images des camps, des famines, tout ce qui laisse entrevoir l’horreur absolue dans laquelle vivent ses habitants, sont des images «volées», filmées le plus souvent par des Nord- Coréens qui les font ensuite passer à l’étranger par le Japon. Avez-vous déjà en projet un nouvel épisode ? D. d’E.  : On aimerait bien s’attaquer à Angela Merkel. Ce n’est certes pas une «dictatrice», mais c’est une vraie «femme forte», sans jeu de mots déplacé ! Propos recueillis par Laure Naimski Voir aussi le dossier sur arte Info
Agnieszka Zwiefka Documentaire L’enfant qui danse Pendant trois ans, la réalisatrice Agnieszka Zwiefka a filmé Denisa, une fillette sourde de 10 ans, dans un campement illégal de Roms, en Pologne. C’est l’héroïne de son documentaire, La reine du silence. Comment avez-vous été amenée à tourner un film sur les Roms ? Agnieszka Zwiefka  : Nous voyons les Roms mendier dans la rue, et nous avons une opinion à leur propos, sans connaître leur mode de vie. Je voulais regarder de l’autre côté du mur qui les isole, découvrir ce que cela signifie d’être Rom. J’ai passé trois ans dans ce campement d’environ quatre-vingts personnes, à proximité de Wroclaw. Maintenant, pour moi, ce ne sont plus «des Roms», mais des personnes qui répondent au nom de Parola, Irena, Marta... J’étais à leurs côtés quand ils n’ont rien eu à manger des jours durant. Je n’aurais pas cru qu’une telle situation fût possible au XXI e siècle en Europe ! Denisa, 10 ans, sourde et incapable de parler, est au cœur de votre film. Pourquoi ce choix ? Je tournais depuis un an lorsque Denisa est arrivée. À partir de là, il a été impossible de filmer qui que ce soit d’autre. Elle se servait de la caméra pour révéler qui elle était. C’est une petite fille très positive, d’une force et d’une énergie incroyables, une battante qui, à mes yeux, symbolise les Roms. Elle est exclue à plusieurs titres  : fille dans une société machiste, handicapée, et Rom séjournant illégalement en Pologne. Elle ne N°21 – semaine du 16 au 22 mai 2015 – ARTE Magazine connaît pas la langue des signes, elle ne peut pas dire ce qu’elle ressent, alors elle le danse. Partout et à tout instant. La danse serait-elle une manière de conjurer la misère ? Le jeu et la danse constituent des stratégies de survie. Tous les petits du campement transforment la réalité par l’imaginaire, créant ainsi un monde qui leur fait moins peur alors qu’ils connaissent la faim et l’agressivité de la population à leur encontre. J’étais là aussi quand un groupe d’extrême droite a attaqué le camp pour l’incendier... À la fin du film, la famille de Denisa l’envoie toute seule en Roumanie. Pourquoi ? Denisa est une gêneuse, une rebelle. Elle n’aide pas trop au ménage et refuse de mendier. Elle ne veut que danser. Quand la mendicité ne suffit pas pour nourrir tous les enfants, on en renvoie un en Roumanie. Elle était triste. Alors elle a laissé derrière elle l’appareil auditif que lui avait donné une ONG. Elle ne veut à nouveau rien entendre dans cet autre univers, ce que j’ai trouvé étonnant pour une enfant de 10 ans ! Pour moi, elle est donc plus que jamais «la reine du silence». Propos recueillis par Katja Ernst Vendredi 22 mai à 23.20 La reine du silence Lire page 25 7



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