Arte Magazine n°2015-13 21 mar 2015
Arte Magazine n°2015-13 21 mar 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-13 de 21 mar 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : un oeil sur vous.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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C’est un fait divers macabre sublimé par une œuvre universelle. Dans le documentaire La véritable histoire du radeau de la Méduse, ARTE retrace en parallèle la véritable épopée des survivants du radeau et la création du chef-d’œuvre de Géricault. Un tableau révolutionnaire et romantique, plus politique qu’il n’y paraît. Par Pascal Mouneyres documentaire Planches de salut Un radeau en trompe l’œil Pour donner un aspect plus spectaculaire à sa composition, Géricault joue avec les perspectives et les dimensions du radeau qui paraît ici plus petit qu’il ne l’était. L’effet de compression humaine qu’il obtient est étouffant. Mais il donne une juste idée des proportions avec ce coin gauche où apparaît la suite de l’armature, qui mesurait 20 mètres sur 12. Un hommage par le vide aux 130 naufragés qui ont sombré. Muscles salés mais saillanTS Influencé par ses maîtres (Poussin, Michel-Ange) et conscient qu’une peinture trop crue et violente aurait été très mal reçue, le peintre préfère le modelé harmonieux des corps classiques, au détriment de la logique physiologique. Car au moment de leur sauvetage après treize jours de dérive sans vivres ni eau potable, les rescapés étaient faméliques, la peau brûlée par le soleil et le sel, les blessures purulentes… 4 N°13 – semaine du 21 au 27 mars 2015 – ARTE Magazine Samedi 21 mars à 20.50 La véritable histOIRe du radeau de la Méduse Lire pages 10-11 Un modèle de luxe Cet homme gisant sur le ventre est un special guest appelé à devenir célèbre  : le jeune Eugène Delacroix, qui partageait son appartement avec Géricault et accepta de poser pour son ami.
Black Power Dans le même état d’esprit progressiste que sa vigie métisse, Géricault fait monter au moins trois Noirs sur le radeau, alors qu’un seul y était réellement présent. Les mains de l’un d’eux enveloppent des mains blanches, signe de fraternité. Le radeau est un tableau autant politique que romantique. Natures (vraiment) mortes Pour étudier la carnation des chairs mortes et les expressions de souffrance des moribonds, le peintre, aussi consciencieux qu’un reporter de guerre, se rend dans les hôpitaux. Il réalise de nombreux croquis in situ et repart avec des morceaux de cadavres  : mains, bras, têtes… Son atelier était réputé pour sa puanteur pestilentielle. N°13 – semaine du 21 au 27 mars 2015 – ARTE Magazine Corbis Pavillon normand Ce ciel contrasté n’est pas tout à fait une création sortie de l’imagination de l’artiste. Il est celui que Géricault vit au-dessus du port du Havre où il se rendit pour étudier les levers de soleil marins. Métis superstar Cet homme au sommet de la pyramide ascensionnelle est le premier héros de la peinture occidentale sans nom et vu de dos. Suprême provocation de la part d’un jeune peintre critiquant une certaine France esclavagiste et conservatrice  : ce personnage placé au plus haut, symbolisant la délivrance, la vie triomphante et le futur glorieux, est un métis. Senteurs marines Des grappes d’hommes enlacés aux corps d’athlètes, des émotions fortes, une communauté qui s’est soudée face au destin… La tonalité homo-érotique du tableau déclencha les sarcasmes de certains commentateurs de l’époque (1819). La seule femme du radeau fut jetée à la mer (comme les blessés, les souffrants, les bannis), considérée comme une bouche inutile. Ironie du destin  : elle était cantinière. 5



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