Arte Magazine n°2015-11 7 mar 2015
Arte Magazine n°2015-11 7 mar 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-11 de 7 mar 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Peaky Blinders, l'ascension d'un gang ultraviolent.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vaincre la violence Dans Rwanda, la vie après – Paroles de mères d’André Versaille et Benoît Dervaux, doublement primé au Fipa, des mères d’enfants nés de viols commis pendant le génocide témoignent avec dignité de leur calvaire. GodelieveMukasarasi, de l’association Sevota *, les a accompagnées dans ce parcours de survie. Entretien. Pourquoi l’association Sevota, créée au lendemain du génocide pour œuvrer à la réconciliation, s’est-elle d’abord adressée aux femmes ? GodelieveMukasarasi  : Parce que celles qui ont survécu à l’horreur portent les plus lourds stigmates  : elles ont tout perdu, leurs maris, parfois leurs enfants, leurs maisons... Selon les estimations, entre 250 000 et 500 000 d’entre elles ont été victimes de viols et certaines contaminées par le sida. Il était urgent de les aider à lutter pour leurs droits. Après le génocide, le viol était considéré comme un crime mineur. Quelques mois plus tard, le nouveau gouvernement a mis en place une loi reconnaissant enfin sa gravité. Beaucoup ont depuis témoigné des sévices subis et des bourreaux ont été condamnés. andré versailles Dans le film, ces femmes, mères d’enfants de génocidaires, surprennent par leur liberté de parole... Souvent culpabilisées par leur communauté, ces femmes se muraient au début dans le silence. Il a fallu les encourager et organiser des groupes de parole où elles pouvaient partager des expériences et les souffrances qu’elles s’acharnaient à Documentaire 6 N°11 – semaine du 7 au 13 mars 2015 – ARTE Magazine Benoit Dervaux effacer de leur mémoire. Parce qu’il touche à la sexualité et au sacré, le viol reste tabou, pas seulement au Rwanda mais partout dans le monde. Peu à peu, elles se sont entraidées et ont appris à exposer leurs difficultés. La solidarité leur a permis de combattre pour leur dignité et de commencer à dépasser leurs traumatismes. Comment avez-vous accompagné ces femmes et leurs enfants ? Il a fallu d’abord accompagner les mères, les aider à gérer leurs traumatismes et les convaincre de révéler à ces enfants la vérité sur leur conception, afin qu’ils comprennent pourquoi leurs mamans les maltraitaient. Elles ont dû de leur côté vaincre la violence qu’elles leur infligeaient. Ces garçons et filles se sont raconté leurs parcours, ont compris la douleur de leurs mères, exprimé de la compassion et souvent pardonné. Mais leur prise en charge post-traumatique reste insuffisante, a fortiori parce qu’il s’agit de familles pauvres et qu’ils sont nés après le génocide  : ils ne sont officiellement pas considérés comme des victimes. Propos recueillis par Sylvie Dauvillier * Solidarité pour l’épanouissement des veuves et des orphelins visant le travail et l’autopromotion Dimanche 8 mars à 22.30 Rwanda, la vie après – Paroles de mères Lire page 15 spécial Journée internationale de la femme Samedi 7 mars Riot Grrrl – Quand les filles ont pris le pouvoir à 22.20 Dimanche 8 mars Metropolis à 11.25 Square à 13.05 Trois reportages 360°-Géo de 13.35 à 16.05 Les intouchables en Inde à 16.05 Personne ne bouge ! – Spécial girl power à 17.00 Artistes femmes – À la force du pinceau à 17.35 ARTE Journal à 19.45 ARTE Reportage – Trois portraits de femmes à 20.00 Les femmes du bus 678 à 20.50 Rwanda, la vie après – Paroles de mères à 22.30 Femmes afghanes, la prison à visage découvert à 23.45 Et aussi… Des éditions spéciales de 28 minutes du 2 au 6 mars, les trois saisons de Borgen, diffusées la nuit, du 4 au 9 mars.
Pendant la dernière Coupe du monde, Daniel Cohn- Bendit a sillonné le Brésil, un pays qu’il connaît et qu’il affectionne. Entre passion du beau jeu et réalités sociales, il en livre un portrait riche en contrastes. Interview. Documentaire Retour au pays du ballon roi acajou films Quelle est l’origine de votre rapport affectif avec le Brésil ? Daniel Cohn-Bendit  : J’y suis allé pour la première fois fin 1983 pendant près de cinq mois. À l’époque, le Brésil était une dictature, mais les manifestations pour des élections directes et la démocratisation avaient commencé. À São Paulo, j’ai assisté à un match de l’équipe des Corinthians qui étaient entrés sur le terrain avec une banderole  : « Gagner ou perdre mais toujours en démocratie. » Voir le football s’exprimer politiquement a été une révélation. Leur joueur phare, Sócrates, et son combat pour la liberté sont devenus mythiques. Comparer le Brésil d’aujourd’hui à cette utopie politique, n’était-ce pas se condamner à la déception ? Confronter la réalité présente au fantasme des années 1980, c’est le défi de mon documentaire. Dans les moments d’exception comme une Coupe du monde, la société se révèle. Ce que j’ai vu, c’est un Brésil en pleine inquiétude identitaire. Un pays tiraillé entre le boom économique, des évolutions sociales positives et des disparités incroyables. Faites-vous un lien entre la sélection brésilienne au jeu si désespérant cet été et le pays dont elle est à la fois le produit et le symbole ? Ce genre de parallèle est peu évident car la plus grande équipe du Brésil de l’histoire, au jeu si N°11 – semaine du 7 au 13 mars 2015 – ARTE Magazine flamboyant, fut celle de Pelé, championne du monde en 1970  : la dictature était alors à son apogée. Aujourd’hui, la société marchande et le capitalisme fou qui règne dans le sport ont normalisé le football. Avec la mondialisation, la majorité des Brésiliens jouent en Europe. La culture du beau jeu a disparu. La greffe entre l’efficacité européenne et le génie brésilien du dribble n’a pas pris. Au final, la Coupe du monde a-t-elle été bénéfique pour le Brésil ? C’est la grande question... Beaucoup disent qu’elle a coûté cher, mais que l’argent dépensé n’aurait de toute façon pas été investi dans d’autres domaines. Par contre, le Mondial a été important pour la fierté nationale. Tout le monde prédisait le chaos total, avec des matchs qui ne commenceraient jamais à l’heure. Mais tout s’est bien passé. Comme le dit Gilberto Gil  : quand le ballon roule, c’est lui qui gouverne. Propos recueillis par Pascal Mouneyres Mardi 10 mars à 20.50 SUR LA ROUTE AVEC SÓCrates FOOT, brÉsil et Politique, UN road movie aveC dany Cohn-bendit Lire pages 18-19 7



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