Arte Magazine n°2015-09 21 fév 2015
Arte Magazine n°2015-09 21 fév 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-09 de 21 fév 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : le bonheur au travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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photos jean-CLAude LOTher tournage Trepalium un thriller romanesque La prochaine série française d’ARTE plonge le spectateur dans un univers rétro-futuriste où chômeurs et actifs vivent séparés par un mur. Reportage au siège du Parti communiste français, où plusieurs scènes viennent d’être tournées. 6 N°9 – semaine du 21 au 27 février 2015 – arte Magazine
«P ensez à exprimer la rigidité de ce monde, n’oubliez pas que ces gens ont peur ! » Avant le clap, le réalisateur belge Vincent Lannoo (Au nom du fils) rappelle à ses acteurs l’environnement féroce dans lequel leurs personnages évoluent. Pourtant, place du Colonel-Fabien à Paris, dans l’ambiance feutrée du hall d’entrée du siège du Parti communiste français transformé en plateau de tournage, rien ne laisse transparaître la dureté de l’univers de Trepalium. Cette série d’anticipation en six épisodes met en scène un futur proche mais indéterminé où un cinquième seulement de la population a un emploi. Une élite d’actifs nantis qui vivent retranchés dans une ville sans nom, derrière un mur de 40 mètres de haut qui les sépare de la «Zone». Dans ce territoire pollué, les chômeurs survivent tant bien que mal, sans eau potable ni électricité, des ressources devenues rarissimes. Le point de départ de l’intrigue est l’enlèvement du ministre du Travail, retenu en otage par des N°9 – semaine du 21 au 27 février 2015 – arte Magazine activistes de la Zone. Ce rapt force la Première ministre de la Ville à offrir des «emplois solidaires» à quelques «zonards» tirés au sort. Parmi eux, la jeune Izia, interprétée par Léonie Simaga (sociétaire de la Comédie-Française), est embauchée par la famille de Ruben. Incarné par Pierre Deladonchamps (César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans L’inconnu du lac), cet ingénieur travaille pour Aquaville, une puissante multinationale. Anticipation réaliste «C’est un monde où le citoyen est un simple employé consommateur et où l’État est remplacé par une multinationale qui s’est arrogé des pouvoirs régaliens», explique Adrienne Fréjacques, chargée de programmes à l’unité fiction d’ARTE. Un apartheid ultralibéral aux accents orwelliens, que les créateurs Antarès Bassis et Sophie Hiet, accompagnés des auteurs Thomas Cailley et Sébastien Mounier, ont imaginé dès 2007. «Nous voulons raconter les maux d’aujourd’hui en les transposant dans un avenir qui peut ressembler au nôtre, raconte Antarès Bassis. Il nous a toujours semblé étrange et anormal que le travail, qu’on en ait ou pas, détermine notre identité dans la société et devienne source d’angoisse voire de souffrance.» Ce souci de réalisme a conquis les acteurs, peu habitués à se voir proposer un rôle dans un film de genre. «C’est une façon d’accentuer les dérives en germe dans notre société pour mieux montrer comment elles peuvent évoluer si notre passivité citoyenne se poursuit», commente Charles Berling, interprète du directeur d’Aquaville dans la série. Antarès Bassis nuance cette vision apocalyptique et se défend d’avoir signé une simple tribune anticapitaliste  : «La série invite à une réflexion plus humaniste qu’alarmiste.» Retour vers le futur «Nous voulions faire une série d’anticipation sobre sans recours massif aux effets spéciaux», précise Antarès Bassis. Un parti pris que reflète le style rétro-futuriste choisi par les scénaristes et le réalisateur Vincent Lannoo. Ils reconnaissent s’être inspirés de Bienvenue à Gattaca pour les décors et les costumes de la Ville. Cette recherche esthétique a conduit l’équipe à poser ses caméras à la BNF, au Centre national de la danse de Pantin et au siège du PCF, conçu par Oscar Niemeyer. «Des lieux dont l’architecture rappelle la vision du futur des années 1950-1960», explique le cinéaste belge. Autre référence majeure, Les fils de l’homme d’Alfonso Cuaron a servi de modèle pour la Zone. Sans oublier le cinéma de Kubrick et le film Soleil vert, dans lesquels Vincent Lannoo reconnaît avoir puisé son inspiration. Cette ambitieuse série d’ARTE, coproduite par Kelija, s’inscrit donc dans la lignée des plus grands monuments de l’anticipation. Une fiction inédite dans le paysage français, dont le tournage s’est achevé à la mi-janvier pour une diffusion prévue fin 2015 ou début 2016. Hendrik Delaire 7



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