Arte Magazine n°2015-09 21 fév 2015
Arte Magazine n°2015-09 21 fév 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-09 de 21 fév 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : le bonheur au travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RH comme Rendre Heureux Pour vivre heureux, vivons besogneux ? Il faudrait pour cela que les salariés acquièrent davantage de responsabilités dans l’entreprise. C’est l’un des enseignements de l’enquête Le bonheur au travail de Martin Meissonnier. Un principe que Laurence Vanhée, ex-DRH rebaptisée «directrice générale du bonheur», a mis en pratique en Belgique. en couverture 4 N°9 – semaine du 21 au 27 février 2015 – arte Magazine Est-il possible d’envisager le bonheur au travail, ce mot venant du latin tripalium qui signifie «instrument de torture» ? Laurence Vanhée  : En néerlandais, «travail» dérive même du mot esclavage, et, en grec, de douleur. En revanche, en anglais, il vient de «veork», qui signifie fornication ! Le bonheur au travail reste tabou parce qu’il serait réservé à la vie privée. Nous ne serions pas payés pour être heureux, mais pour travailler. Ce raisonnement conduit à une impasse. Les entreprises veulent optimiser leurs performances à l’aide d’outils de rationalisation, comme le lean management, qui, à l’origine, devait améliorer la qualité des produits. Mais cette méthode, à force d’avoir été poussée à l’extrême, a complètement déshumanisé les organisations. Et les employés, qui disparaissent derrière les indicateurs de performance, sont démotivés. Quelles sont, selon vous, les causes du malheur au travail ? Elles sont multiples  : manque de sens de la fonction ; qualité déficiente des relations humaines ; absence d’autonomie, de liberté, de responsabili-
tés, de perspectives d’évolution ; salaire insuffisant... Mais l’un des principaux obstacles au bienêtre au travail restent la hiérarchie et l’ego très fort des dirigeants, qui induisent une culture du contrôle. Ceux qui détiennent le pouvoir abandonnent difficilement ces signes extérieurs de puissance, comme le grand bureau au dernier étage. En outre, le contexte économique, complexe et incertain, se révèle anxiogène, et l’émergence des nouvelles technologies entraîne une «infobésité». Nous croulons sous les informations. Malgré tout, les entreprises demandent à leurs salariés de travailler comme dans les années 1980. Cela ne fonctionne plus ! Pourquoi avoir pris le titre – original – de «directrice générale du bonheur» ? Au ministère belge de la Sécurité sociale, j’étais officiellement directrice du service Encadrement personnel et organisation du service public fédéral. Ayant vécu un burn out dans une fonction précédente, je connais les dégâts provoqués, pour la personne et pour l’organisation, du mal-être au travail. A contrario, je sais aussi combien le bonheur au travail permet d’améliorer la productivité et constitue un profit durable Mardi 24 février à 20.50 Lire page 18 pour l’entreprise, ainsi que la garantie d’une meilleure qualité de vie. J’ai donc rebaptisé ma fonction. Qu’avez-vous mis en place pour rendre les employés heureux ? L’idée était de libérer les salariés du ministère en leur offrant le choix du lieu et du temps de travail. J’ai ainsi développé le télétravail. J’ai aussi promu une culture du collectif, la confiance, la responsabilisation, et privilégié l’apprentissage du droit à l’erreur en lui ôtant toute culpabilité. La qualité des relations humaines à tout niveau hiérarchique est aussi essentielle. Le bonheur au travail est-il en voie de développement ? Tout à fait. En 2013, j’ai lancé Happyformance, un cabinet conseil qui en a fait sa spécialité. J’ai aussi cofondé la Communauté des Happy Organisations, qui rassemble les employeurs convaincus que le bien-être de leurs salariés est un prérequis pour le succès durable de leur entreprise. Elle rassemble déjà 120 organisations qui représentent plus de 500 000 salariés. Propos recueillis par Laure Naimski N°9 – semaine du 21 au 27 février 2015 – arte Magazine tour d’europe du bien-être au travail Pour connaître le pays d’Europe où l’on est le plus heureux au travail, une infographie animée, ludique et interactive complète le documentaire. Il suffit pour cela de croiser trois critères comme l’innovation, l’équité homme-femme ou les valeurs de l’entreprise. Un questionnaire sur le quotidien au travail permet en outre de comparer sa situation avec celle d’autres internautes et de découvrir des solutions concrètes imaginées par des entreprises qui ont mis la satisfaction des employés au cœur de leur stratégie. arte.tv/bonheurautravail 5



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