Arte Magazine n°2015-03 10 jan 2015
Arte Magazine n°2015-03 10 jan 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-03 de 10 jan 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : un jour à Paname.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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en couverture Un paris Entre Balzac et « Short cuts » Virginie Brac est romancière et scénariste. On lui doit, entre autres, de nombreux épisodes d’Engrenages ainsi que la série Les beaux mecs. Éprise de fiction, elle a pris plaisir à injecter une bonne dose de romanesque dans le script de la série Paris. La série raconte vingt-quatre heures de la vie de Parisiens. D’où est venue cette idée ? Virginie Brac  : Elle a été suggérée par Alain Clert, producteur à la société Son et Lumière. Il m’a parlé d’un documentaire intitulé 24 h Berlin – Une journée en capitale [NDLR  : coproduit et diffusé par ARTE en 2009], où l’on suivait la vie de quelques habitants de Berlin, certains célèbres, d’autres anonymes, pendant un temps réel de vingt-quatre heures. On s’est dit que ce concept pouvait donner lieu à une minisérie de fiction, située à Paris, avec des personnages issus de milieux différents que la vie urbaine amènerait à se croiser, de 5 heures du matin jusqu’à l’aube du lendemain. Cela m’intéressait de faire un portrait de Paris à travers certains de ses lieux emblématiques et la vie des personnages qui les traversent. Bien sûr, il a fallu faire un tri  : j’aurais voulu aussi montrer l’Opéra, la Sorbonne et les étudiants, le milieu de la mode, le monde des marchés... Mais six épisodes ne suffisaient pas ! Quels défis pose une série qui brasse autant de milieux et de personnages ? Cela commence par un gros travail de recherche, qui est important, car il donne ensuite la liberté de choisir, et de composer un ensemble. Les producteurs de Paris encouragent cette démarche et je leur en sais gré. J’ai enquêté à la RATP, au palais de justice, à Matignon. Quel est le déroulement exact des événements dans l’hypothèse où le fils du Premier ministre ferait une fugue ? Voilà le genre de questions que je dois poser aux bonnes personnes. Ensuite, il faut trouver le bon dosage dans la dramatisation des personnages  : faire en sorte que chacun vive cette journée comme un moment décisif, tout en restant crédible, trouver l’équilibre entre le quotidien et le romanesque. Et bien sûr, coordonner chacun de ces basculements individuels... Je me suis beaucoup laissé guider par les objets  : le revolver de Mansour, les fourrures volées, le deuxième portable de Lanvin, le sac rempli de cash que recherche Ange... On voyage avec eux. Ils nous permettent de passer d’un monde à l’autre, de faire apparaître des liens invisibles. Par ailleurs, pour ce type de récit, le montage constitue une étape essentielle, un moment d’écriture à part entière. Peggy Koretzky a fait ici un travail extraordinaire, en poussant certaines idées plus loin, en trouvant de nouveaux liens. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce type de récit « choral » ? Je voulais explorer comment des morceaux de quotidien très divers peuvent tisser un monde à une échelle plus grande (une ville en l’occurrence), comment ils lui donnent sa pulsation, son rythme. J’ai pensé à des films comme Short 4 N°3 – semaine du 10 au 16 janvier 2015 – ARTE Magazine
cuts de Robert Altman, à ceux d’AlejandroGonzález Iñárritu ou à Collision de Paul Haggis. Mes références se situaient plus du côté du cinéma que des séries. Le format de Paris s’apparente un peu à celui d’un « grand » long métrage... Mais je m’inspire surtout de la littérature, car c’est de là que je viens. Balzac et La comédie humaine sont derrière tout ça ! Dans ce jeu des destins croisés, c’est le romanesque qui m’intéresse. Il fallait injecter de la fiction dans ce concept, qui sans cela aurait été creux, ennuyeux. La rigidité du cadre permettait ces envolées. Ainsi, elles étaient « tenues », préservées d’une forme de gratuité. Paris contient à la fois une vraie noirceur et une grande tendresse pour ses personnages... Oui, cela se termine par une naissance, qui a lieu dans un corbillard... Il y a aussi l’humour, avec cette idée de cycle qui structure l’ensemble de la série. Paris est le reflet à plusieurs facettes de réalités d’aujourd’hui – la France vue comme pays en crise, en guerre, agité de tensions... Les personnages se débattent avec leurs problèmes. Chacun fait ce qu’il peut, y compris le Premier ministre. Des individus en situation de combat, pris dans la réalité et essayant de s’en sortir. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux N°3 – semaine du 10 au 16 janvier 2015 – ARTE Magazine Jeudi 15 janvier à 20.50 Paris Lire page 23 Pierre Vialle-Son et Lumière 5



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