Arte Magazine n°2015-01 27 déc 2014
Arte Magazine n°2015-01 27 déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-01 de 27 déc 2014

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : le saut de l'an avec Nicolas Le Riche.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Laurent Philippe/Opéra national de Paris en couverture Nicolas Le Riche L’étoile filante 4 N°1 – semaine du 27 décembre 2014 au 2 janvier 2015 – ARTE Magazine Lundi 29 décembre à 22.30 Soirée exceptionnelle Nicolas Le Riche Lire page 17
Ses sauts prodigieux l’ont propulsé à la toute première place du firmament des danseurs étoiles. Le 9 juillet dernier, Nicolas Le Riche, 42 ans, faisait ses adieux à l’Opéra de Paris. Le début d’une nouvelle histoire hors les murs du palais Garnier. Entretien. Quelques mois après votre adieu à l’Opéra de Paris, que devenez-vous ? Nicolas Le Riche  : Bien que mon quotidien reste celui d’un danseur, avec des exercices chaque jour, c’est une période nouvelle. Plein d’énergie, je bouillonne de projets, mais il me faut du temps pour les aborder sereinement. Chorégraphie, transmission, pédagogie...  : comment être à ma place ? J’ai besoin de continuer à me connaître pour me définir dans ce cadre inédit. Des pièces sont en gestation, d’autres à venir, en collaboration avec des créateurs contemporains comme Saburo Teshigawara, chorégraphe japonais avec lequel j’entretiens une correspondance. Après Darknessis hiding black horses, créée récemment avec lui à l’Opéra de Paris, la prochaine, Solaris, sera une nouvelle création, sur une composition de Dai Fujikura, avec l’IRCAM (Institut de recherche et coordination acoustique/musique). Faut-il faire son deuil après plus de trente ans à l’Opéra ? Pas du tout, et je n’éprouve aucune nostalgie. Peut-être parce que j’ai toujours veillé à me construire en dehors aussi. Et puis, mon contrat stipulait que je devais en partir à 45 puis à 42 ans après révision des statuts ; c’était un départ annoncé (rires). Personne n’est propriétaire de cette institution, petit monde dans le vaste univers de la danse. La quitter me paraît très sain pour prendre de la distance. Je suis rempli de tout ce qu’elle m’a apporté, et c’est pourquoi la transmission m’importe tant. Comment m’inscrire dans cette chaîne organique qu’est la danse ? Que faire avec le patrimoine produit par toutes ces figures majeures auquel j’ai eu accès ? J’ai l’envie profonde de le faire vivre. Et bien sûr, j’aimerais avoir une compagnie. Votre soirée d’adieu ressemblait un peu à un inventaire à la Perec de votre parcours... Fil rouge de la soirée, je l’ai conçu comme un hommage à ce magnifique théâtre, vivant et mouvant, qu’est l’Opéra de Paris et à ses richesses. Je voulais présenter les rencontres, humaines et artistiques, qui ont jalonné ce long moment de vie. Roland Petit, grand chorégraphe et forte personnalité toute d’authenticité, qui donnait beaucoup, m’a fait naître à un certain goût de la danse. Je le considère comme l’un de mes maîtres. Noureev aussi, personnage étonnant, avec un œil extraordinaire. Je me souviens que, lors d’une tournée de l’École de danse, il connaissait chacun par son nom. Plus tard, quand j’ai rejoint la compagnie et obtenu des rôles de soliste, j’ai été témoin de son puissant caractère. Mais nos échanges ont toujours été très simples et directs, avec de beaux moments. Et puis il y a Béjart et Mats Ek, brillant leader dans l’univers duquel je suis entré par accident, et qui m’a éclairé sur l’être et le paraître, l’identité sur scène... Dans le studio, ces artistes ont toujours été disponibles pour moi comme je l’ai été pour eux, sans tentative de prise de pouvoir. Il y a aussi le compagnonnage avec Sylvie Guillem. Des rencontres au sommet entre deux étoiles phares de leur génération ? Peut-être, si vous le dites... Nous nous entendons extrêmement bien avec Sylvie, danseuse que j’admire, et toutes nos rencontres répondaient à des envies, loin du mariage arrangé et du calcul d’impact. Caractère très fort, c’est une femme sensible, et donc libre, dans sa vie comme en tant qu’artiste. Vous avez convié Guillaume Gallienne et Matthieu Chedid à la fête... Je tenais à leur présence. Avec Matthieu Chedid, un artiste de ma génération que je suis depuis ses débuts, nous avons fait des choses ensemble, y compris un concert impromptu dans les couloirs du métro où j’ai dansé, avant la sortie de l’album Îl. Matthieu a cette capacité à se rendre poreux à ce qu’il croise. Distinguez-vous des moments clés dans votre parcours ? Dans mon désir d’expression artistique, chaque jour comportait des enjeux. Comment servir cette maison, ou parfois résister ? Lorsque vous êtes en symbiose avec le projet, vous vivez des moments très forts. D’autres fois, cela frotte un peu plus. Quand j’ai intégré l’école à 9 ans, j’étais fou de joie comme un petit garçon qui gagne une course. Puis viennent la découverte et cette succession de virages que vous négociez plus ou moins bien. Chemin faisant, l’expérience, la culture et la maturité vous accompagnent, mais l’intensité ne faiblit pas. Le plus beau jour de ma vie, c’est autant celui où je suis entré à l’Opéra que celui où j’en suis sorti, avec des gens aimants autour de moi... Propos recueillis par Sylvie Dauvillier N°1 – semaine du 27 décembre 2014 au 2 janvier 2015 – ARTE Magazine 5



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