Arte Magazine n°20 9 mai 2020
Arte Magazine n°20 9 mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de 9 mai 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : au nom du père, saison 2.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°20. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 MAI 2020 6 Subversion à la russe Les grands films contiennent un plan inoubliable, pour longtemps imprimé dans la mémoire du spectateur, de Lawrence d’Arabie observant l’approche d’un cavalier bédouin à l’horizon au regard d’Antoine Doinel découvrant la mer. Les spectateurs de Faute d’amour se souviendront, eux, de l’image tétanisante d’un gamin, caché derrière une porte comme un objet oublié, étouffant ses sanglots pour ne pas trahir son désespoir d’enfant non désiré d’un couple en pleine séparation. Le coup de force du cinquième film du Russe Andreï Zviaguintsev (prix du jury à Cannes en 2017) tient tout entier dans son choix radical de faire disparaître très tôt et sans explication cet Aliocha, figure tragique de l’enfance délaissée, pour ne laisser planer ensuite que l’intolérable sensation de son absence. Fugue ? Accident ? Enlèvement ? Aucun indice ne vient éclairer cette effroyable énigme, alors que les recherches s’engagent dans une banlieue de Moscou glacée. DYSFONCTIONNEMENTS Ce requiem froid comme la mort, et pourtant aussi vibrant que la musique martelée qui l’accompagne, inspiré de statistiques affolantes indiquant que 120 000 personnes, principalement des personnes âgées et des enfants, disparaissent chaque année en Russie, pose une question obsédante. Quel est ce pays, où une partie de la population s’évapore sans bruit, et que des institutions défaillantes ne parviennent pas à retrouver ? Si Andreï Zviaguintsev affirme, dans le documentaire que consacre Olivia Mokiejewski à Faute d’amour, avoir moins réalisé un film sur la société russe qu’une histoire universelle sur la désintégration d’un couple, le résultat s’inscrit dans une filmographie traversée par une critique acerbe de l’impuissance de l’État et de l’omniprésence étouffante de la religion. Un sous-texte provoquant dans une Russie de plus en plus chatouilleuse sur la critique de ses dysfonctionnements, qui fait de Zviaguintsev un cinéaste à part  : pas tout à fait un opposant officiel, néanmoins un artiste engagé (en faveur des Pussy Riots par exemple). Cet émule de Bergman et d’Antonioni manœuvre habilement entre les crocs du pouvoir poutinien, capable d’intensifier sa pression comme il l’a fait lors de la sortie de Léviathan, quand l’Église À la faveur de la soirée consacrée à Faute d’amour, le chefd’œuvre du Russe Andreï Zviaguintsev, récompensé à Cannes en 2017 et coproduit par ARTE, retour sur la genèse du film, retracée dans un documentaire d’Olivia Mokiejewski, et sur son frondeur réalisateur. orthodoxe avait tenté de faire interdire le film, et que des dialogues avaient été expurgés au nom d’une loi bannissant les grossièretés à l’écran. Toutefois, Zviaguintsev parvient encore à assurer son indépendance de ton grâce à des financements internationaux, notamment d’ARTE qui a coproduit Faute d’amour. Il fait ainsi habilement perdurer une tradition russe héritée des années soviétiques  : exprimer, l’air de rien, les pensées les plus subversives. Augustin Faure Mercredi 13 mai à 20.55 Film Faute d’amour 11/7 Suivi du documentaire Il était une fois… «Faute d’amour» 6/5 11/7 Lire pages 20 et 21 ANNA MATVEEVA/NON-STOP-PRODUCTION
PLATTFORM PRODUKTION/FREDRIK WENZEL ; LES FILMS DU LOSANGE ; UNIVERSAL CITY STUDIOS, INC Le genou de Claire Coproductrice de nombreux films en Europe et dans le monde, ARTE réaffirme son soutien au cinéma d’auteur en proposant une belle programmation dédiée au Festival de Cannes dont la 73 e édition est reportée sine die. Au menu, une sélection de longs et courts métrages, distingués ou primés, de webmagazines et de documentaires cinéphiles pour fêter à domicile le plus prestigieux des festivals. À L’ANTENNE Dimanche 10 mai Milos Forman, une vie libre à 22.45 Sélection Cannes Classics 2019 Lundi 11 mai The Immigrant de James Gray à 20.55 Sélection officielle, Cannes 2013 Do the Right Thing de Spike Lee à 22.45 Sélection officielle, Cannes 1989 Mercredi 13 mai Faute d’amour d’Andreï Zviaguintsev à 20.55 Prix du jury, Cannes 2017 Il était une fois…«Faute d’amour» à 23.00 Snow Therapy de Ruben Östlund à 23.50 Prix du jury, Un certain regard, Cannes 2014 Vendredi 15 mai 24 Hour Party People de Michael Winterbottom à 1.00 Samedi 16 mai Court-circuit n°983 – Spécial Festival de Cannes à 1.30 The Square Spécial Festival de Cannes «chez vous» Dimanche 17 mai Cannes, le festival libre à 18.05 L’homme qui en savait trop d’Alfred Hitchcock à 20.55 Sélection officielle, Cannes 1956 Les merveilles d’Alice Rohrwacher à 2.55 Grand prix, Cannes 2014 Lundi 18 mai The Square de Ruben Östlund à 20.55 Palme d’or, Cannes 2017 Il était une fois…«The Square» à 23.20 Happy Sweden de Ruben Östlund à 0.15 Sélection Un certain regard, Cannes 2008 Mercredi 20 mai Happy End de Michael Haneke à 20.55 Sélection officielle, Cannes 2017 Cinema Austria – Les 112 premières années à 22.45 Harmonium de Koji Fukada à 23.40 Prix du jury, Un certain regard, Cannes 2016 White God de Kornel Mundruczo à 1.35 Prix Un certain regard, Cannes 2014 Lundi 25 mai Le ruban blanc de Michael Haneke à 20.55 Palme d’or, Cannes 2009 Paterson de Jim Jarmusch à 23.10 Sélection officielle, Cannes 2016 Mercredi 27 mai Le passé d’Asghar Farhadi à 20.55 Prix du jury œcuménique, Cannes 2013 Jeune femme de Léonor Serraille à 23.10 Caméra d’or, Cannes 2017 SUR LE WEB Si la quasi-totalité des films de la programmation cannoise à l’antenne seront disponibles en replay sur le site d’ARTE, la chaîne proposera également de nombreux films en exclusivité sur le numérique. Du 16 avril au 15 octobre, ARTE rend hommage sur arte.tv à deux grands cinéastes de la Nouvelle Vague. Au programme, deux films de Jacques Rivette  : La belle noiseuse (grand prix du jury, Cannes 1991) et Ne touchez pas L’homme qui en savait trop la hache, et trois d’Éric Rohmer  : La collectionneuse, Le genou de Claire et Ma nuit chez Maud (sélection officielle, Cannes 1969). Du 1er mai au 31 août, retrouvez également sur arte.tv les tumultueux Claire Dolan de Lodge Kerrigan, en compétition pour la Palme d’or 1998 et Paranoid Park de Gus Van Sant, prix du 60 e anniversaire au Festival de Cannes 2007, Du 1er au 31 mai Play de Ruben Östlund (auquel ARTE consacre un cycle à l’antenne), présenté en 2011 à la Quinzaine des réalisateurs. Et d’autres surprises ! En ligne sur arte.tv Sans oublier des numéros collectors de Blowup, le webmagazine mitonné par Luc Lagier avec, notamment, «James Gray en images», «Joaquin Phoenix par Laetitia Masson», «Sports d’hiver et cinéma», «Alfred Hitchcock en 8 minutes», «Top 5 musical  : Jim Jarmusch»… En ligne sur arte.tv et Youtube 7ARTE MAG N°20. LE PROGRAMME DU 9 AU 15 MAI 2020



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