Arte Magazine n°20 13 mai 2000
Arte Magazine n°20 13 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de 13 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : Depardieu dans thema.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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v en d redi 19 mai « Quand les cellules 22.15 Vacances prolongées A p prenant qu’il va bientôt mourir, Johan van der Keuken décide d’aller chercher les réponses à ses interrogations dans le grand livre du monde. De la baie de Rio aux canaux d’Amsterdam, des lamaseries du Bhoutan aux paysages du Mali, le grand documentariste hollandais tente de saisir l’essence même de la condition humaine. Magnifique. s’emballent, les choses tournent mal. On voit le tréfonds de son cœur comme un firmament en proie à la tempête. » (Johan van der Keuken) Vacances prolongées sortira en salles en novembre 2000. Documentaire de Johan van der Keuken (Pays-Bas, 1999-2h20mn) - VOSTF Montage : Menno Boerema et Johan van der Keuken Son : Noskha van der Lely Production : Pietevan Huystee Film & TV LA SEPTARTE Meilleur film, Festival de Berlin 2000 (section Forum) Special Honorary Award, Festival de Thessalonique 2000 Silver Spire Award Winner, De rencontres en découvertes, le cinéaste fait surgir toute l’épaisseur du réel. Festival de San Francisco 2000 O c t o b re 1998. Johan van der Keuken a p prend que son cancer de la prostate ne lui laisse que quelques années à vivre. Caméra à l’épaule, il part en compagnie de sa femme pour un dernier voyage, dont il fera son dernier film. De Noël 1998 à l’été 1999, il sillonne les pistes du Mali, les contref orts himalayens du Bhoutan, les rues de Rio de Janeiro, les aéro p orts américains… P artout, Johan van der Keuken a filmé des 32 - ARTE MAGAZINE n°20 - 13 mai > 19 mai 2000 ê t res dans leur quotidien : le rituel des ablutions et la prière des bonzes ; la misère des favelas de Rio ; des Africains encore épargnés par une culture de la consommation qui corrompt le rapport au monde ; des enfants maliens défilant dans une innocence grave... Et puis, un jour, à New York, l’espoir renaît : le médicament miracle existe…
Merci la vie Johan van der Keuken propose depuis une quarantaine d’années une œuvre atypique et magistrale. Dans l’esprit du réalisateur, Vacances pro l on g é e s devait être son dernier film : « Ce film est un livre des morts. De toute façon, je n’y apparais pas. Il est conçu pour me surv i v re ne serait-ce qu’un bref instant. » Le film frappe par ses images. Superbes de poésie et de sensibilité, elles témoignent d’une volonté d’échapper au néant – de même que les œuvres d’art permettent de défier les siècles et l’oubli. Les objets que filme Johan van der Keuken, « patinés par les baisers des siècles », nous en disent beaucoup plus long sur lui que ne le ferait une biographie. De re n c on t re s en découvertes, le réalisateur fait surg i r toute l’épaisseur et la consistance du réel. Derrière les travaux quotidiens et le passage des jours se profile également l’image d’un âge d’or de l’humanité, « active » ou « méditative », mais délivrée du souci permanent de la mort. À tout moment, l’angoisse de Johan van der Keuken de disparaître avant d’avoir achevé son œuvre est perceptible. Le film est comme le fil ténu qui le retient au monde – un monde dont il s’extrait pro g ressivement et que l’objectif contribue à tenir à distance : « Je dois continuer à filmer. Si je ne peux plus créer d’images, je suis mort. » Vacances pro l o n- g é e s est une très belle réflexion sur la vie et son inévitable complément, la mort. Le cancer, dont les cellules tumorales refusent de mourir, est justement la maladie qui échappe au cycle naturel de la vie. Tout le film tient dans la quête de cet équilibre p erdu. Quand l’espoir renaît, quand Johan van der Keuken peut enfin s’écrier « O n dirait bien que je suis encore là pour un moment », le film n’a plus de raison d’être. Il s’achève par un retour à l’élément liquide, au fleuve, symbole de la fuite du temps, mais un fleuve agité cette fois-ci par les tourbillons de la vie. 00.35 Cinéma. Le songe de la lumière (El sol del membrillo) Film de Victor Erice (Espagne,1992-2h18mn) - VOSTF Scénario : Victor Erice et Antonio López Avec : Antonio López, Maria Moreno, Enrique Gran, José Carretero, María López, Elisa Ruiz, Amalia Avia, Lucio Muñoz, Esperenza Parada Photographie : Javier Aguirresarobe Musique : Pascal Gaigne LASEPT ARTE Grand Prix du jury, Cannes 1992 Antonio López entreprend de peindre un arbre de son jardin. Un duel magnifique s’engage entre le peintre et son sujet… Antonio López vit dans une maison madrilène avec un jardin au milieu duquel est planté un cognassier. À l’automne 1990, il décide de peindre l’arbuste. Il prépare son matériel, installe la perspective, délimite soigneusement l’espace autour de l’arbre, enfonce dans le sol de gros clous pour caler ses pieds. Commence alors le face à face de l’arbre et du peintre … Le peintre et le cognassier C’est l’histoire d’un cinéaste qui filme un art i s- te qui peint un arbre … Dans cette expérience intime et solitaire vont et viennent des personnes e x t é r i e u res à l’événement. En s’arrêtant devant l’œ u v re en constru c t i on, elles brisent l’aspect d o c u me n t ai re et intro du i- sent la fiction. Tou t d’a b ord María, la femme d’Antonio López, puis son ami Enrique Gran qui comprend toute la difficulté pour capter la lumière. Un couple de visiteurs chinois pousse le peintre à expliquer les mystérieux re p è res blancs peints sur les fruits… À force de re g arder l’arbre, Antonio apprend à le trouver beau, même lorsque ses fruits pourrissent. Dès lors, peu i m p orte qu’il soit obligé d’abandonner son projet. Avec un immense talent, Victor Erice réussit à montrer ce que la peinture, par sa n a t u re même, est incapable de saisir. Il permet d’entendre et de voir ce que le tableau fait disparaître : le son et le silence, le mouvement, l’absence et la durée… ARTE MAGAZINE n°20 - 13 mai > 19 mai 2000 - 33 « Alors que l’inflation audiovisuelle atteint des degrés inimaginables, la question qui plus que jamais se pose est de savoir comment rendre visible, peindre, filmer une image. » (Victor Erice)



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