Arte Magazine n°20 13 mai 2000
Arte Magazine n°20 13 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°20 de 13 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : Depardieu dans thema.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
jeudi 18 mai F a u t-il avoir peur des jeux vidéo ? ●●● liste des publications dangereuses pour la jeunesse, ce qui n’empêche évidemment pas qu’ils soient les plus re c h erchés par les jeunes consommateurs. Et à nouveau se pose la question déjà soulevée par les films et la télévision : y a-t-il un lien direct entre la consommation de ces produits audiovisuels et l’augmentation de la violence réelle ? Le documentaire montre quelles formes prend l’apologie visuelle de la violence et comment elle est diffusée. Comment fonctionnent les circuits de distribution ? Quels sont les remèdes contre l’offre illicite sur Internet ? Dans quelle mesure la brutalité de ces univers virtuels modifiet-elle l’image du criminel aux yeux des jeunes ? La violence est-elle désormais davantage le fait d’individus que celui de bandes ? Pour le professeur Hoffmann, qui, dans son service de chirurgie, opère quotidiennement des jeunes victimes de fractures du crâne, de coups de couteau ou de blessures internes, il est clair que le recours à la violence s’est dramatiquement développé chez les adolescents... 22.05 À l’école de la violence Reportage de Pierre Mathias (Allemagne, 2000-30mn) Regards sur la violence scolaire dans les cours de récréation des lycées et des collèges français. 28 - ARTE MAGAZINE n°20 - 13 mai > 19 mai 2000 En France, la violence à l’école augmente de façon alarmante. Racket, chantage, a g ressions physiques contre les élèves et les professeurs… : pour l’année scolaire 1998/1999, on a enregistré quelque 240 000 actes de violence et dénombré environ 1000 blessés. Que répondent les élèves lorsqu’on leur demande quelle influence les jeux vidéo peuvent avoir sur leur comport e- ment ? « La violence est une façon de s’exp r i me r », disent certains. « Il faut se battre pour être pris en considération », expliquent d’a u t res. Celui qui, par volonté ou par ru s e, réussit à s’imposer, est très facilement pris comme exemple. Peut-être les jeux vidéo ne sont-ils qu’un moyen de se défouler. Même si le personnage qu’on élimine sur l’écran est assimilé à un policier ou à un pro f e s s e u r qu’on déteste, tout cela reste virtuel. Passer à l’agression physique est autre chose. « I l faut vraiment être au bout du rouleau pour en arriver là », disent la plupart des élèves. 22.55 Quand les jeux sont faits Documentaire d’Andrea Schramm et Jana Matthes (Allemagne, 2000-30mn) À la prison de Hameln, en Allemagne, on tente de « resocialiser » des délinquants qui ont basculé dans une extrême violence. Ils ont été condamnés pour meurt re, trafic de drogue ou viol. L’établissement pénitent i ai re de Hameln où ils sont détenus pro p o- se à certains d’entre eux un pro g r a m me spécial de réinsertion. Pendant une année en t i è re, ils sont confrontés à leur crime et aux sentiments de leurs victimes par une équipe de psychologues et d’animateurs qui mettent tout en œuvre pour « casser » les délinquants. C’est l’étape obligée avant la resocialisation. À l’issue de leur forma t i on, les détenus se voient décerner une sorte de « diplôme ». Peut-on réellement tirer de l’eng renage infernal de la haine et de la violence des jeunes que la société a totalement abandonnés ?
23.45 Cinéma le muet du mois Les proscrits (Berg-Ejvind och hans hustru) Film de Victor Sjöström (Suède, 1917-1h13mn) Noir et blanc teinté, VOSTF Scénario : Sam Ask et Victor Sjöström, d’après Ejvind de la montagne et sa femme de JóhannSigurjónsson Avec : Victor Sjöström (Berg-Ejvind, Kári), Edith Erastoff (Halla, sa femme), John Ekman (Arnés, le voleur de moutons), Jenny Tschernichin-Larsson (Gudfinna), Artur Rolén (Farmhand), Nils Aréhn (Björn Bergstéinsson, fermier et bailli), William Larsson (Bjarni) Photographie : Julius Jaenzon Décors : Axel Esbensen Musique (1986) : Torbjörn Iwan Lundquist Production : A.-B. Svenska Biografteatern LA SEPTARTE Version restaurée (1986) Évadé de prison, le bandit Kári s’éprend de Halla. Rattrapé par son passé, il doit s’enfuir dans les montagnes avec sa bienaimée. Version restaurée d’un film rare du maître du cinéma suédois Victor Sjöström. Un étranger nommé Kári vient travailler dans la ferme de la veuve Halla. Le bailli de la commune voit d’un très mauvais œil leur amour naissant. Il sonde alors le passé de Kári et découvre qu’il s’agit de Berg - E j v i n d, un bandit évadé de prison. Poursuivi par le bailli, Kári se réfugie dans les montagnes, suivi par Halla. Pendant quelques mois, ils vivent heureux. Ils ont même un enfant lorsque le bailli trouve leur cache. Halla tue son enfant pour le sauver des griffes du bailli et se sauve avec Kári, toujours plus haut dans la montagne… Jusqu’à ce que la mort les sépare Avec les Pro s c r i ts, Victor Sjöström met en scène la lutte de l’individu contre une société hostile et contre un ennemi impitoyable, la nature. Le bandit Berg-Ejvind (interprété par Victor Sjöström lui-même) est en fait le précurseur du chevalier dans le Septième Sceau de Bergman. Comme lui, il refuse de succomber à l’inévitable et finira par rejoindre sa femme dans une tombe recouv erte de neige. Il survivra jusqu’à ce moment-là grâce à son courage physique, comme le montre la séquence impre s s i o n- nante dans laquelle il est suspendu par une c orde au-dessus d’une falaise et n’est sauvé qu’au dernier moment (Sjöström faillit p erd re la vie pendant le tournage de cet exploit). La photographie de Julius Jaenzon fait re s s ortir de manière éblouissante le rythme quotidien de la vie pastorale avec ses joies et ses peines. Dans une magnifique lumière, Kári réchauffe de l’eau sur un geyser ou se baigne nu dans les cascades impétueuses et dans l’étang. Mais cette a t m o s p h è re joyeuse se dissipe : Kári a transgressé la loi de la société (d’abord en volant une brebis et ensuite en s’évadant) et doit donc payer. Seul avec Halla, le bandit doit lutter contre le froid lorsque l’hiver a p proche. Rendus acrimonieux par la fatigue et la faim, Kári et Halla échangent de cruels propos. Ceuxci étant impossibles à re n d re par les seuls s ou s - t i t res, Sjöström a alors recours à des retours en arr i è re mêlant la vie heureuse du couple aux hallucinations des a ffamés… Ils mourron t ensemble dans la neige : le feu vacille alors que les c a d a v res, gelés, gisent dans la neige comme un signe de re proche éternel envers la société qui les a rejetés. ARTE MAGAZINE n°20 - 13 mai > 19 mai 2000 - 29 « C’est, sans aucun doute, le plus beau film du monde. (…) C’est le premier duo d’amoureux que l’on ait jamais entendu au cinéma. Un duo qui parle de la vie elle-même. Que se passe-t-il dans l’histoire ? Est-ce qu’il se passe quelque chose dans Roméo et Juliette ? Les gens s’aiment et vivent. Voilà tout. » (Louis Delluc)



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :