Arte Magazine n°2 4 jan 2020
Arte Magazine n°2 4 jan 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de 4 jan 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : une île, avec Laetitia Casta.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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lundi 6 janvier ARTE MAG N°2. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 JANVIER 2020 16 20.55 Cinéma Indiscret Réunissant Ingrid Bergman et Cary Grant dans un duo de charme, une élégante comédie sentimentale mise en scène par Stanley Donen, maître du genre. 2019 BY PARAMOUNT PICTURES CORPORATION Après avoir abrégé des vacances aux Baléares, Anna Kalman, comédienne de théâtre à la gloire désenchantée, est de retour chez elle à Londres. Ayant perdu toute illusion sur les hommes, la belle célibataire rencontre alors, grâce à sa sœur et à son beau-frère, Philip Adams, un irrésistible expert financier au charme duquel elle succombe au premier regard. Le parti idéal n’a qu’une faiblesse  : il est marié et dans l’incapacité de divorcer. Bravant avec panache les conventions, le couple entame une liaison sans nuages, jusqu’au jour où Anna apprend que Philip lui a menti... PARTITION DÉLICATE Impeccable fluidité de la mise en scène, audaces formelles dans une économie de lieux et subterfuges visuels empruntés au théâtre...  : à partir du scénario de Norman Krasna adapté de sa pièce à succès et sur un très étroit fil narratif, Stanley Donen (Chantons sous la pluie) brode une délicieuse comédie et explore avec élégance la complexité du couple et de ses petits arrangements. Épris d’Anna, Philip, maladivement rétif à l’engagement, se retranche derrière un statut fictif d’homme marié pour éviter, avec elle comme avec ses conquêtes antérieures, l’invasion conjugale, tandis qu’elle s’égare avec volupté dans le rêve romantique de l’amour impossible. C’est cette partition délicate et à fleurets mouchetés qu’interprètent Cary Grant et Ingrid Bergman, stars assumant le flamboyant crépuscule de leur carrière, et qui se retrouvent à l’écran douze ans après avoir été réunis au sommet par Hitchcock dans Les enchaînés. Un duo de charme dont la classe souveraine infuse le film, discrète et subtile variation sur la guerre des sexes. (Indiscreet) Film de Stanley Donen (Royaume-Uni/États-Unis, 1958, 1h36mn, VF/VOSTF) - Scénario  : Norman Krasna, d’après sa pièce Kind Sir Avec  : Cary Grant (Philip Adams), Ingrid Bergman (Anna Kalman), Cecil Parker (Alfred Munson), Phyllis Calvert (Margaret Munson), David Kossoff (CarlBanks), Megs Jenkins (Doris Banks) Production  : Warner Bros., Grandon Productions 1945 TF1 DROITS AUDIOVISUELS 22.35 Cinéma Les dames du bois de Boulogne Abandon, vengeance et amour rédempteur  : à partir d’un conte de Diderot, Robert Bresson filme une tragédie intemporelle en noir et blanc, habitée par l’ombre menaçante de la grande Maria Casarès. Pour se venger de son amant qui s’éloigne, Hélène, femme fatale, le précipite dans les bras d’Agnès, la fille d’une de ses anciennes amies. Mais l’ingénue dont il croit s’éprendre est en réalité une ancienne danseuse de cabaret, otage d’un passé qu’il découvre le jour de ses noces. ANGE NOIR Peintre avant de devenir cinéaste, Bresson cherchait des « modèles » à façonner et non des acteurs à diriger. Même si Maria Casarès reprocha au plus janséniste des réalisateurs de l’avoir bridée sur le tournage, son visage triangulaire d’ange noir structure tout le film de manière implacable, jusqu’au
dénouement. Dans l’ombre de sa passion blessée, l’impériale Hélène croit tenir les fils d’un théâtre de marionnettes qui finiront pourtant par lui échapper. Face à sa puissance maléfique, Agnès, pantin désarticulé sanglé dans un imperméable froissé, n’a que la fragilité de sa grâce à opposer. Derrière les murs de son passé secret, contre lesquels elle se jette avec l’énergie du désespoir – la scène fulgurante où elle improvise sa dernière danse –, la jeune fille obéit surtout aux desseins de sa mère, maquerelle déchue. Dans ce marivaudage morbide, à la théâtralité renforcée par les très beaux dialogues de Jean Cocteau, les cartes sont brouillées et les personnages, complexes. Hélène pense agir par orgueil alors qu’elle succombe à ses sentiments ; Jean, l’inconstant, s’incline malgré lui devant la pureté d’Agnès. Car seul l’amour est porteur de rédemption. Encore loin de l’ascétisme radical de ses films ultérieurs, Robert Bresson signe, avec Les dames du bois de Boulogne, tourné en 1944, une œuvre romantique d’une irrésistible élégance. Film de Robert Bresson (France, 1945, 1h21mn, noir et blanc) Scénario  : Robert Bresson, Jean Cocteau, Raymond-Léopold Bruckberger, d’après Jacques le Fataliste de Denis Diderot Avec  : Maria Casarès (Hélène), Paul Bernard (Jean), Élina Labourdette (Agnès), Lucienne Bogaert (Mme D.), Jean Marchat (Jacques), Yvette Étiévant (la bonne) Production  : Les Films Raoul Ploquin - (R. du 1 er/6/2006) I 12/1 0.00 La lucarne Entrée du personnel JEAN-PIERRE MÉCHIN-AD LIBITUM Dans des abattoirs industriels, alors que les bêtes sont démembrées en masse, les cadences et la répétitivité des gestes éreintent les corps des hommes. Une immersion vertigineuse. D’abord, il y a des centaines de bêtes – cochons, bœufs, moutons – qui défilent en flux continu vers la mort industrielle, dans un vacarme de machines qui grincent et s’entrechoquent. De l’autre côté de la chaîne, alignés comme une armée de clones en blouse blanche, femmes et hommes, certains en cotte de maille, abattent, découpent, désossent et emballent pour la mise en barquette, répétant les mêmes gestes à l’infini, jusqu’au vertige. Une éreintante chorégraphie, soumise à des cadences infernales qui les tuent, eux aussi, lentement. « Usés jusqu’à l’os », confient-ils en voix off, dans une parole anonyme, par crainte des représailles. Avec une douloureuse lucidité, les ouvriers racontent l’habitude du sang qui jaillit et de l’odeur qui les imprègne, l’accélération constante du rendement, les cauchemars quotidiens, l’aliénation. CORPS À L’ÉPREUVE Cette plongée dans les entrailles d’usines à viande modernes montre d’abord la violence du travail déshumanisé et les corps à l’épreuve. Manuela Frésil a notamment demandé aux opérateurs de mimer leurs gestes en plein air, exercice auquel ils se prêtent volontiers, comme pour exorciser l’extrême pénibilité de leur tâche. Celle-ci les condamne à de fréquentes tendinites et à des incapacités de travail, qui leur valent alors d’être remerciés. Les anciens rêvent de la retraite, mais n’espèrent pas en profiter plus de trois ans. Un témoignage fort en forme d’hommage à ces ouvriers de l’ombre. Grand prix de la sélection française, FID Marseille 2011 – Prix spécial du public, Festival Filmer le travail 2012 Documentaire de Manuela Frésil (France, 2011, 59mn) - Production  : Ad Libitum, Mil Sabords, Télénantes, Yumi Productions - (R. du 24/4/2017) 1/12/2019 5/3/2020 lundi 6 janvier ARTE MAG N°2. LE PROGRAMME DU 4 AU 10 JANVIER 2020 17



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