Arte Magazine n°19 6 mai 2000
Arte Magazine n°19 6 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de 6 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : le théâtre, passionnément.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 12 mai 22.15 Les indésirables La minorité turque en Bulgarie À travers le destin de trois femmes, Adela Peeva décrit les difficiles conditions de vie de la minorité turque en Bulgarie. Documentaire d’Adela Peeva (Allemagne, 2000-52mn) ZDF Dans la région du Rhodope, près de la front i è re turque, les rapports entre Bulgares et Turcs ont toujours été tendus : les Bulgares re prochent aux Turcs les massacres et les conversions forcées à l’époque ottomane ; les Turcs se plaignent de la politique aberrante du régime communiste de Jikov dans les années 80. À cette époque, le gouvernement a obligé le million de Bulgares d’origine turque à « bulgariser » leurs noms. Ceux qui refusaient étaient invités à quitter le pays : 350 000 personnes ont dû abandonner leur terre natale au cours de l’été 1989 pour s’installer en Turquie. Nombre d’entre elles furent séparées de leurs familles lorsque, au plus fort de la vague d’immigration, Ankara décida de fermer sa fron t i è re. A u j o urd’hui encore, la Turquie n’accord e qu’un nombre restreint de visas. Même si ses droits sont mieux re c on n u s depuis la chute du régime communiste (droit de porter le nom turc, de pratiquer sa religion, etc.), la minorité turque est dans une situation dramatique. Les paysans, qui cultivent majoritairement le tabac, triment pour un salaire de misère payé par la régie nationale bulgare des tabacs. L’exil forc é de 1989 a vidé des villages entiers. Adela Peeva décrit la vie de cette minorité à travers le destin de trois femmes : la Bulgare Alamanova et les Turqu e s Gülser et Selver. Diff é re n t e s de par leurs origines, leur culture, leur formation et leur a p p artenance sociale, elles ont néanmoins toutes été m arquées par les événements des années 80. Selver trime dans les champs de tabac pour un salaire de misère.
23.10 Cinéma Je suis Cuba (Soy Cuba) Film de Mikhaïl Kalatosov (Cuba/URSS, 1964-2h15mn) Noir et blanc, VOSTF Scénario : Evgueni Evtouchenko, Enrique Pineda Barnet Avec : Luz Maria Collazo (Maria/Betty), Jean Bouise (Jim), Sergio Corrieri (Alberto), José Gallardo (Pedro), Raul Garcia (Enrique), Mario González Broche (Pablo) Photographie : Sergueï Ouroussevski Musique : Calors Farinas Production : ICAIC, Mosfilm ZDF Inédit à la télévision Comment le peuple cubain a chassé Batista… Une fresque épique et poétique d’une extraordinaire créativité visuelle, par le réalisateur soviétique de Quand passent les ci g o g ne s (Palme d’or à Cannes en 1958). La Havane, à la fin des années 50. La ville est un gigantesque bordel, un enfer du jeu et un lieu de divertissement pour Américains décadents. En quatre épisodes, le film raconte la victoire des castristes, des ferments de révolte à la chute du dictateur Batista et à l’entrée triomphale de Fidel Castro et de ses hommes à La Havane le 2 janvier 1959… Le socialisme au soleil Ce film est l’un des plus réussis de ceux réalisés dans le cadre de la coopération en t re l’URSS et les « pays frères » au cours les années 60. En fait, la vitalité du peuple cubain, les paysages de l’île, l’arc h i t e c t u re locale, se pliaient mal au dogme du réalisme socialiste. Sans doute est-ce pour cela que Je suis Cuba ne dégage pas l’impression d’ennui pontifiant que l’on ret rou v e souvent dans les coproductions de ce type. D err i è re les portraits de la prostituée maltraitée par les Yankees, du petit planteur dépossédé de ses terres par la toute-puissante American Fruit Company ou de l’étudiant qui passe à l’action militante, on sent chez Evtouchenko (scénariste du film et grand écrivain soviétique) l’influence de Brecht. Les personnages ne sont pas présentés en tant qu’individus, mais plutôt comme des figures emblématiques. Surtout, le film se distingue par une extraord i n ai re créativité visuelle. Avec son directeur de la photographie Sergueï Ourou s s e v s k i, Kalatosov fait alterner des images expre s- sionnistes, de longs plans fixes (6 minutes pour le cortège funèbre de l’étudiant assassiné par la police) et des mouvements de caméra qui rappellent la grande époque du cinéma soviétique. Il multiplie les grands angles, utilise une pellicule qui re n f orce la du reté des contrastes et crée, grâce à un s u p p ort négatif spécial, des effets inattendus qui contribuent au lyrisme du film (voir la séquence d’ouvert u re filmée depuis un h é l i c o p t è re). L’Institut de cinéma cubain (ICAIC), qui permettra à des œuvres intéressantes de voir le jour jusqu’à la fin des années 70, est sans nul doute lui aussi responsable de la qualité du film. La beauté des images et la voix de femme (off) qui fait le lien entre les quatre épisodes font de ce film une œuvre éminemment poétique et émouvante. Des images expressionnistes, de longs plans fixes et des mouvements de caméra qui rappellent la grande époque du cinéma soviétique.



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