Arte Magazine n°19 6 mai 2000
Arte Magazine n°19 6 mai 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de 6 mai 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : le théâtre, passionnément.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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m ardi 9 mai « Je crois que leur course est absolument parfaite. Elle comprend tout : l’ascension, la chute, la rédemption, le chemin de croix. Et ce qui était fantastique, c’était que quand la vague portait l’un sur un triomphe, l’autre était discrètement derrière. » (Francis Huster) En partenariat avec LASEPTARTE 22.15 Les Renaud- Barrault Bâtisseurs de théâtre Documentaire de Jacques Tréfouël Écrit par Gérard Bonal (France, 1999-57mn) Montage : Bénédicte Mallet Coproduction : La Sept ARTE, Nestor Productions, Bibliothèque nationale de France, INAEntreprise LA SEPTARTE Portraits entrelacés de Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, unis par l’amour et le théâtre. Un destin où la vie publique se mêle à la vie privée, au carrefour des grandes aventures théâtrales du XX e siècle. Ce documentaire raconte une histoire brillante, périlleuse parfois, traversant le siècle de part en part. L’histoire d’un couple devenu mythique sous les feux de la rampe. Il nous fait re v i v re les grandes h e u res de la compagnie Renaud-Barr a u l t, unique enfant de ce couple dévoué au t h é â t re. Sa magie évocatoire tient à l’abondance des photographies et des images d’archives (nombreuses interv i e w s de Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, extraits de spectacles, de films, d’actualités…) qui s’enchaînent en un ballet quasiment ininterro m p u sur la voix de Ludmila Mikael. Interv i en n en t aussi d’émouvants conteurs : le metteur en scène Claude Régy, Annie Dupere y, sa « fille de théâtre », Geneviève Page, Francis Huster arrachent ces deux figures rares à l’impersonnalité froide du mythe. L’un i v e r s i t ai re Robert Abirached éclaire l’aspect théorique et historique de l’œuvre des R en a u d - B arrault, aidé en cela par Jean- P i erre Miquel, administrateur général de la Comédie-Française. Cette histoire unit à jamais Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud dans l’eff ervescence créatrice d’un nouvel élan théâtral. Les enfants au paradis Août 1936 : Madeleine Renaud, brillante s o ci é t ai re de la Comédie-Française, et Jean-Louis Barrault, jeune comédien bohème, élève de Dullin au Théâtre de l’Atelier, se rencontrent sur le tournage d’Hélène de Jean-Benoît Lévy. Pendant près de soixante ans, ils ne se quitteront plus. En 1946, ils partent tous deux de la Comédie-Française pour fonder leur pro pre troupe, la Compagnie Renaud-Barrault. C’est le début d’une des plus belles et des plus longues aventures du théâtre français. Théâtre Marigny, Odéon, Récamier, Théâtre
d’O r s a y, Théâtre du Rond- Point, tournées en Amérique du Sud, au Japon, dans toute l’Europe… Partout, ils p ortent la bonne parole d’un répert o i re résolument contemporain : Claudel, Beckett, Ionesco, Tc h e k h o v, Genet, Billetdoux, Duras… Quand, en 1968, le pouvoir les chasse de l’Odéon où il les a placés neuf ans plus tôt, c’est pour eux l’occasion d’un nouveau départ. À l’Él y s é e - M on t m art re, à Orsay, au Rond-Point – autant de lieux qu’il crée presque de ses pro pres mains –, Jean- Louis Barrault inaugure un nouveau style, proche de celui des estrades et des bateleurs des Enfants du paradis. R a b e l ais, J arry sur la b u t te, les Oiseaux… sont des spectacles gais, colorés, qui semblent improvisés sur place, au milieu du public. Tandis que Madeleine Renaud, à l’âge où beaucoup d’actrices tirent leur dern i è re révére n c e, renouvelle radicalement sa carrière. Elle est la Winnie de Oh ! Les beaux jours, une femme sans âge, « l’ê t re humain tout nu », comme disait Barrault. Inséparables, Jean- Louis Barrault et Madeleine Renaud, disparus tous deux en 1994, à huit mois d’intervalle, ne se sont pas pour autant noyés l’un dans l’autre. Un théâtre total Ce documentaire, qui p arvient à recréer l’atm o s p h è re d’une époque théâtrale riche en innovations, laisse derr i è re lui un certain parfum de nostalgie. Évoquant le couple R en a u d - B arrault, il fait en même temps surgir les figures lumineuses de Claudel, Beckett, Dullin, Ionesco, Decrou (inventeur d’un langage corporel). Barrault a sorti de l’o m b re le répert o i re des années 1950 à 1970, prenant tous les risques pour l’impos er. C’est de toutes ces re n c on t res successives qu’est né un théâtre total, à l’œuvre notamment dans le Soulier de satin, associant à la parole la musique et le langage d’un corps pur. Si les difficultés re n c on t r é e s par la compagnie ont toujours été la conséquence d’un choix, elles ont le plus souvent débouché sur un enrichissement art i s t i que. Restée à la Comédie-Française, Madeleine n’aurait jamais trouvé l’inoubliable rôle de Liouba dans la Cerisaie, ni celui de Wi n n i e, l’e n t errée vivante de Beckett. Chaque départ f orcé, de l’Odéon ou d’ailleurs, a insufflé à Jean-Louis Barrault un nouveau génie créat e ur, à l’origine notamment de son R a b e l ais. Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault dans l’Échange, au Théâtre Marigny, en 1951. Gérard Bonal publie une biographie de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, les Renaud-Barrault, aux éditions du Seuil, à paraître le 18 avril 2000. Jean-Louis Barrault dirige les répétitions de Rabelais, à l’Élysée-Montmartre, en 1968.



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