Arte Magazine n°19 2 mai 2020
Arte Magazine n°19 2 mai 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de 2 mai 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : l'agent immobilier avec Mathieu Amalric.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 MAI 2020 8 Figure majeure du cinéma d’auteur européen, Volker Schlöndorff n’a cessé d’explorer les époques troubles de l’histoire par le biais de l’adaptation littéraire. Entretien avec un cinéaste francophile et cosmopolite, qui se raconte dans le beau portrait documentaire de Pierre-Henri Gibert. Volker Schlöndorff « Je reviens toujours aux années passées en France » Mercredi 6 mai à 20.55 Film Diplomatie Suivi du documentaire Volker Schlöndorff Tambour battant MM 29/4 4/7 Lire pages 20 et 21 Dans le documentaire, vous confiez avoir peu de souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, alors que vous êtes né en 1939, au début du conflit… Volker Schlöndorff  : Ce qui est curieux, c’est que je ne me sens pas du tout traumatisé par la guerre, bien que j’aie passé les six premières années de ma vie dans une ville industrielle bombardée, Wiesbaden. Je suppose que le choc, s’il y en a eu un, s’est effacé devant celui causé par la mort de ma mère, disparue quand j’avais 5 ans, à cause d’un incendie domestique. Je me souviens davantage de la fin du conflit  : les derniers jours, l’arrivée des Américains, la capitulation… C’était une curieuse anarchie et une révolution culturelle. Cinq ans plus tard, j’en ai vécu une deuxième, en me rendant en France. Je me suis jeté sur ce pays, sa littérature, son cinéma. J’ai adoré ses femmes... Laquelle de vos « familles créatrices » a le plus compté ? La française, en tant qu’assistant de Melville ou de Resnais, l’allemande, aux côtés de Herzog ou de Fassbinder, ou l’américaine, avec Sam Shepard et Dustin Hoffman ? La réponse est simple  : j’ai 81 ans, et cette nuit, j’ai reçu la visite en rêve de Jean-Pierre Melville et de Françoise Sagan, et non pas de Herzog et de Fassbinder. C’est une constante, je reviens toujours à ces premières années passées en France. Pourquoi avez-vous été à ce point attiré par l’adaptation littéraire ? Comme les amours, cela ne s’explique pas. Je n’ai jamais pu dissocier littérature et cinéma. Tout se résume à raconter une histoire. Adapter un livre, c’est une façon plus intense de le lire. On m’associe à la littérature, mais je me vois plutôt comme un réalisateur-voyageur. Le périple, pour moi, ne consiste pas tant à visiter un endroit qu’à y vivre. Je suis allé aux États-Unis pour y tourner et pour arpenter ce pays  : deux films à New York, un en Louisiane, un autre en Caroline du Nord, puis en Californie. J’ai voulu explorer ce continent, y passer du temps, y nouer des amitiés. J’ai un réseau d’amis incroyable à travers le monde. J’ai été plus doué en amitié qu’en amour. Propos recueillis par Augustin Faure RALF HIRSCHBERGER/PICTURE ALLIANCE VIA GETTY IMAGES
ODHRÀN DUNNE Avec un joli casting, la websérie Replay réinterprète en plansséquences des scènes marquantes de huit pièces du répertoire théâtral français, comme autant de variations sur l’amour. Une vibrante immersion au cœur de textes intemporels. Théâtre en série Souligner la modernité de textes de théâtre célébrissimes ou méconnus  : c’est le pari de Replay, une websérie de Matthias Castegnaro et Xavier Reim, qui dépoussière avec brio l’adaptation scénique. Au travers de décors quotidiens toujours contemporains, cette collection coproduite par ARTE et la Blogothèque revisite le répertoire en huit épisodes de huit minutes. Le Dom Juan de Molière (joué par Nassim Si Ahmed) opère ses jeux de séduction sur un shooting photo tandis que Médée et Jason (Lou de Laâge et Gaël Kamilindi, pensionnaire du Français) font vivre le tragique cornélien dans une voiture, puis une stationservice. Quant au Cyrano d’Edmond Rostand, il devient femme sous les traits de Romane Bohringer (voir encadré). Aux côtés de ces classiques, on redécouvre aussi des œuvres d’auteures oubliées (Brutus de Catherine Bernard, Le mariage de Victorine de George Sand, Arrie et Petus de Marie-Anne Barbier). Chaque scène décline une facette du sentiment amoureux, thématique universelle permettant au spectateur de s’identifier à ce qui se joue sur l’écran. Car Replay veut toucher un public jeune, pour qui le théâtre reste difficile d’accès. RELECTURES « Pendant longtemps, les personnages du théâtre classique m’étaient étrangers. Je m’en suis rapproché en étudiant le septième art. En intégrant une dimension cinématographique au texte, j’espère susciter des émotions », explique Matthias Castegnaro. Inspiré par Birdman d’AlejandroGonzález Iñárritu et Victoria de Sebastian Schipper, le réalisateur a tourné chaque épisode en planséquence. « Cette mise en scène permet de plonger le spectateur au cœur de l’œuvre et de le rapprocher des personnages. On respire avec eux, on navigue dans la scène à leur rythme », précise-t-il. L’absence de coupes renforce également la spontanéité du jeu. Un pari gagné aussi grâce à l’audace du casting, où se mêlent des figures montantes du Web, comme Marion Seclin et des acteurs de la Comédie-Française et du cinéma. Dix-sept ans après L’esquive, d’Abdellatif Kechiche, Sara Forestier retrouve ainsi le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux pour se glisser avec un incroyable naturel dans la peau de Silvia, causant mariage avec India Hair en Lisette..11 Romane I 9 Hélène Porret Replay En ligne le 15 avril sur arte.tv/replay et Youtube Bohringer Cyrano au féminin Dans Replay, Romane Bohringer livre une interprétation étonnante du héros de la pièce d’Edmond Rostand. « J’étais émue de me frotter au personnage de Cyrano le temps d’une scène, d’autant que la pièce fait partie de mes œuvres favorites. J’ai essayé de retranscrire la métrique des alexandrins mais aussi la chair de cette déclaration d’amour mythique. Mon personnage est déguisé en homme. Il se met petit à petit à nu, en enlevant son maquillage, son déguisement, pour avouer son amour à une autre femme. L’idée de transposer le rôle de Cyrano au féminin sonnait juste. J’ai aimé jouer ce moment incroyable en plan-séquence, sans interruption, dans une mise en scène à la fois fluide et gracieuse. J’ai retrouvé des sensations que je peux éprouver au théâtre, une sorte de transe. À travers ce projet, j’étais aussi enthousiaste à l’idée de démocratiser un genre que l’on pense réservé à une élite. Pour des raisons culturelles et économiques, les lignes ont du mal à bouger. Or je suis convaincue que les grands textes parlent au plus grand nombre. Le théâtre est un art populaire, plein de fougue et de possibles. » ARTE MAG N°19. LE PROGRAMME DU 2 AU 8 MAI 2020



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