Arte Magazine n°17 22 avr 2000
Arte Magazine n°17 22 avr 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de 22 avr 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Apocalypse Viêt-nam... 30 ans de guerre, et après ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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v en d redi 28 avril 22.05 Grand format. Tango suédois Documentaire de Jerzy Sladkowski (Suède/Allemagne/Pologne, 1998-1h31mn) ZDF (Rediffusion du 26 février 1999) Hans et Kerstin se sont rencontrés il y a cinquante ans sur un air de tango. Au soir de leur vie, ils se décident à quitter l’hiver suédois pour l’Argentine. Jerzy Sladkowski a suivi ce couple digne de Bergman dans ses aventures sud-américaines. K i runa dans le nord de la Suède. L’hiver est glacial. Pas forcément le genre d’endroit où danser le tango. C’est compter sans la passion de Hans et Kerstin pour cette danse argentine – sur les rythmes de laquelle ils se sont connus, il y a plus de 50 ans. Les soirées dansantes pour le troisième âge sont courantes en Suède, mais notre vieux couple n’a jamais craqué pour les polkas. Hans et Kerstin se disputent comme tous les vieux couples, mais se réconcilient en virevoltant comme à Buenos Aires. Parfois leurs qu e relles de ménage ne sont pas sans rappeler Scènes de la vie conjugale d’I n g m a r B ergman. Le documentariste polonais Jerz y Sladkowski les a observés durant quatre mois et les a accompagnés lorsqu’ils ont enfin pu réaliser le rêve de leur vie : aller en Argentine et y voir danser le tango. Un très beau film qui brosse avec t en d resse le portrait de deux êtres à l’automne de leur vie et livre une approche intime de l’amour en « cheveux blancs ». Level five est édité en cassette par ARTE Vidéo. Dans la collection « Cinéma, de notre temps », ARTE diffusera le portrait inédit de Tarkovski par Chris Marker, Une journée d’Andrei Arsenevitch, le 17 mai 2000. 23.40 Level five Film de Chris Marker (France, 1996-1h45mn) Avec : Catherine Belkhodja, Nagisa Oshima, Kenji Tokitsu, Ju’nishi Ushiyama, et le témoignage du révérend Shigeaki Kinjo Production : Les Films de l’Astrophore, Argos Films, avec la participation de La Sept Cinéma LA SEPTARTE/ARD Une femme (Laura), un ordinateur, un interlocuteur invisible : tel est le dispositif à partir duquel Level five se construit. Cette femme doit terminer l’écriture d’un jeu vidéo consacré à la bataille d’Okinawa : une tragédie pratiquement inconnue en Occident, mais dont le déroulement a joué un rôle décisif dans la façon dont la Seconde Guerre mondiale s’est achevée, et même dans ce que fut l’après-guerre. À l’inverse des jeux de stratégie classiques dont le propos est de renverser le cours de l’Histoire, celui-ci ne consent qu’à reproduire cette Histoire telle qu’elle s’est accomplie. En travaillant sur Okinawa, en rencontrant par l’intermédiaire d’un mystérieux réseau parallèle à Internet des informateurs et des témoins de la bataille (parmi lesquels le cinéaste Nagisa Oshima), Laura accumule les pièces de la tragédie, jusqu’au moment où elles commencent à interférer avec sa propre vie. Comme tous les jeux vidéo, celuilà avance par « niveaux ». Laura et son interloc u t e ur, intoxiqués par leur entreprise, finissent par en faire une métaphore de la vie elle-même et distribuent des levels (n i v e a u x) à tout ce qui les entoure… L’Histoire interactive, ou comment se prendre au jeu Cela pourrait être un journal vidéo. Au fil des jours, installée face à une caméra qui la filme en légère plongée, une femme s’adresse à un mystérieux correspondant : un amant disparu ? un pur esprit ? un cyber - naute anonyme ? l’auteur du film ? le spec - tateur ? Au milieu de ses consoles et de ses écrans, elle élabore un jeu vidéo en navi - guant sur les réseaux informatiques, dialo - guant par écrans interposés avec ses inter - locuteurs, visitant les banques de données, rassemblant les informations et les images, opérant par recoupements et par associa -
Que s’est-il passé à Okinawa en 1945 ? Pour interroger la mémoire collective sur cet épisode efoulé de la Seconde Guerre mondiale, Chris Marker utilise toutes les re s s o urces de la vidéo et du cinéma, mais aussi celles du Net et du CD-Rom… Level five, ou l’interactivité en acte. tions, s’amusant des bogues. L’objet du jeu : reconstituer la bataille d’Okinawa, une peti - te île japonaise où débarquèrent les troupes américaines en 1945. Les investigations de Laura l’amènent à s’interroger sur le sens et la portée de la tragédie qui s’est déroulée à Okinawa : le sacrifice de la population civi - le, le suicide collectif. Mais plus qu’à une interprétation d’un événement historique, c’est à une véritable pédagogie de l’image et par l’image que nous convie le personna - ge fictif de Laura, et l’auteur à travers elle. Car Chris Marker est sans conteste l’un des meilleurs « passeurs » d’images que le ciné - ma ait produit. Comme toujours chez lui, l’image est le lieu d’une mémoire incertai - ne, et la mémoire est une construction tou - jours en cours qui prend l’histoire à témoin. Dans ce film, Chris Marker utilise une fois de plus toutes les ressources du montage et du télescopage pour offrir une vision plu - rivoque de la réalité. Avec une précision proportionnelle à la gravité du sujet (les souffrances d’une population lointaine qui trouvent un écho dans les souffrances intimes de la jeune femme) et avec l’élé - gance littéraire qui le caractérise (ainsi les îles de l’archipel d’Okinawa deviennentelles « des îles fractales posées sur un bleu K l e i n »), il nous entraîne dans le labyrinthe des images vraies et des clichés reconsti - tués, dans l’espace vertigineux de ces nou - veaux territoires virtuels qui alimentent la culture contemporaine. Plus qu’un docu - mentaire, plus qu’une fiction, Level five e s t une exploration supérieurement intelligente des formidables possibilités offertes par les techniques multimédia telles que le CD- Rom, un CD-Rom qui serait en train de s’élaborer sous nos yeux (rappelons que Chris Marker est lui-même l’auteur d’un splendide CD-Rom, I m me m o r y). Ici, les manières de voir et de sentir se confondent avec un art de la pensée critique. Un film qui repose sur une seule interprète, Laura (Catherine Belkhodja) : atteindra-t-elle le level five ? « C’est très humiliant pour un ordinateur de ne pas savoir comment choux-fleur. » (Laura)



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