Arte Magazine n°17 22 avr 2000
Arte Magazine n°17 22 avr 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de 22 avr 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Apocalypse Viêt-nam... 30 ans de guerre, et après ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
m ardi 25 avril 23.25 Ligeia Téléfilm de Maurice Ronet (France, 55mn) Dialogues : Maurice Ronet et Napoléon Murat Avec : Joséphine Chaplin (Elle), Georges Claisse (Lui), Arielle Dombasle (Ligeia), Arlette Balkis (Marie), Albert Michel (Pierre), Hervé Le Boterf (le médecin) Arielle Dombasle incarne l’héroïne préférée de Poe. Une jeune femme s’emploie à effacer le souvenir du premier amour de son mari, Ligeia, m orte quelques années plus tôt. Elle pousse celui-ci à ret o urner dans la maison où il a vécu avec elle. Son amour parvient tout d’a b ord à vaincre la présence obsédante de la disparue. Mais Ligeia se manifeste bientôt de façon étrange et inquiétante, imposant sa volonté par delà la mort. Une adaptation fidèle Le point de départ de ce que Poe considérait comme son meilleur récit est une réflexion du philosophe anglais Joseph Glanville, pour qui la mort n’est due qu’à un fléchissement de la volonté. Maurice Ronet réalise une adaptation fidèle à l’esprit du conte de Poe. La sensation de malaise qui préside à la lecture de Ligeia transparaît ici. Elle trouve son expression télévisuelle dans un travail sur la temporalité qui allonge les durées et fait naître la tension de l’attente. Le rationnel, incarné par Lui, s’oppose au pouvoir occulte de Ligeia, qui se drape dans un langage énigmatique, créant ainsi les possibilités du fantastique. Signé Chabrol ! Réduire son œuvre à ses contes fantastiques ou policiers reviendrait à nier son extraordinaire éclectisme : de la critique à l’essai, du roman à la poésie, du dialogue au traité philosophique. 00.20 Le système du docteur Goudron et du professeur Plume Téléfilm de Claude Chabrol (France, 55mn) Avec : Pierre Le Rumeur (le docteur Maillard), Jean-François Garreaud (Lucien), Coco Ducados (Alice), Vincent Gauthier (Georges de Braucourt), Ginette Leclerc (la douairière), Sacha Briquet (la Mule), Noëlle Noblecourt (le Thé) Une mise en scène baroque et excessive de Claude Chabrol pour une étrange histoire de fous. Lucien arrive au château du docteur M ai l l ard, qui abrite un asile de fous. Le jeune homme veut entretenir son hôte sur ses méthodes originales de traitement de la folie. Mais, au fur et à mesure de ses renc on t res avec le personnel, le malaise de Lucien croît... Histoire grotesque Claude Chabrol a choisi de mettre l’accent sur le dérèglement, le désord re et l’excès. Les comédiens en font des tonnes, la folie devient un spectacle, une caricature. C h a b rol marque les personnages du film de ses pro pres obsessions et crée un univers très personnel, qui ne peut laisser i n d i ff é rent. (d’après T é l é r a m a, mars 1981) 01.15 Le corbeau Court métrage de Manfred Uhlig (Allemagne, 1999-15mn) Une intéressante mise en images du poème qui, en 1845, rendit Edgar Poe enfin célèbre. D’une époustouflante virtuosité linguistique, le Corbeau est l’une des œuvres les plus r a ffinées de la littérature américaine. Dans son célèbre essai la Genèse d’un poème, Poe écrit que sa composition à re b our s relève de la mathématique pure. Plus encore que ses histoires policières ou ses nouvelles énigmatiques, le Corbeau justifie sa réputation de poète nimbé de mystère. Ce c h e f - d’œ u v re lui rapporta en tout et pour tout dix dollars.
Edgar Poe naît à Boston en 1809 dans une famille d’acteurs ambulants. À la mort de sa m è re, il est recueilli par un riche négociant, John Allan, avec lequel il découvre l’Écosse, puis Londres. Il y reçoit une excellente éducation, qu’il poursuit aux États-Unis. Mais comme il refuse d’être employé dans le négoce paternel, il doit bientôt se débrouiller seul. Il devient acteur à Boston. Puis il s’engage dans l’armée et est admis à l’école d’off i cier s de West Point en 1830. « Il donne les signes d’une intelligence admirablement douée, mais i n d i s ci p l i n a b l e » (B a u de l ai re). Il est vite expulsé de la prestigieuse académie m i l i t ai re. Revues et magazines org a n i s en t alors des concours de contes et de poésie : Poe y voit un moyen pour sortir de la misère. Son Manuscrit trouvé dans une bouteille obtient un certain succès en 1833. Il cherc h e alors à rassembler ses premiers contes en un volume cohérent, Contes du club de l’I n - f o l io, qui ne verra jamais le jour. Il épouse sa cousine Virginia Clemm, alors âgée de qu a t o rze ans, et collabore à plusieurs re v u e s, de Richmond à Philadelphie en passant par Baltimore. Poe y inaugure une critique centrée sur le texte qui tranche avec la critique d’opinion alors seule pratiquée. Cet excentrique maudit, cet i v rogne incorrigible, sert la notoriété de ces j o urnaux avec des compositions d’un genre nouveau. Ses meilleurs contes y paraissent comme L i g e i a (1838), la Chute de la maison U s h e r (1839), le Chat noir (1843), le Scarabée d’o r (1843)… Il écrit des histoires policière s, notamment Double assassinat dans la ru e M org ue, des dialogues philosophiques, Colloque entre Monos et Unas, où il exprime son mépris de la démocratie, du progrès et Edgar Allan Poe L’ange du bizarre La vie d’Edgar Poe est marquée par une production littéraire impressionnante, doublée d’une descente dans le maelström de son enfer personnel. Vous qui me lisez... « Vous qui me lisez, vous êtes encore parmi les vivants ; mais moi qui écris, je serai depuis longtemps parti pour la région des ombres. Car, en vérité, d’étranges choses arriveront, bien des choses secrètes seront révélées, et bien des siècles passeront avant que ces notes soient vues par les hommes. Et quand ils les auront vues, les uns ne croiront pas, les autres douteront, et bien peu d’entre eux trouveront matière à méditation dans les caractères que je grave sur ces tablettes avec un stylus de fer. » (Edgar Allan Poe) de la civilisation. En 1840, il parvient enfin à publier ses contes en recueil, mais les Contes du grotesque et de l’arabesque se vendent mal. À New York, les Av en t u res d’Art h u r G ordon Pym s ortent chez Harper. Ce ro m a n échappe génialement à toute classification générique : il mêle des part i e s d o c u me n t ai res, de grandes séquences fantastiques ou oniriques, des passages de pur roman d’aventures ou de farc e philosophique. L’art de Poe est ici d’avoir confié ces atroces récits à un narr a t e ur, un i n t ermé d i ai re entre le créateur et son sujet, dont la confession crée une terr i f i a n t e dialectique de la raison et de la déraison, de la vie et de la mort, du réel et de l’imaginaire, où se perd la conscience du lecteur. Par ailleurs, Poe approfondit sa théorie de l’intrigue comme construction visant à la p erfection formelle. En janvier 1845, son poème le Corbeau, exploit intellectuel et prosodique, emporte l’adhésion des critiques comme du grand public. En 1847, Virg i n i a me urt. Peu de temps après, il subit les pre m i è res attaques de délirium tremens. Il boit de plus en plus, se drogue, sombre dans des crises de désespoir. Un soir d’octobre 1849, il est ret rouvé inanimé dans la rue. Il meurt quelques jours plus tard à l’âge de quarante ans. Baudelaire dira : « Hélas ! celui qui avait franchi les hauteurs les plus ard u e s de l’esthétique et plongé dans les abîmes les moins explorés de l’intellect humain, celui qui, à travers une vie qui ressemble à une tempête sans accalmie, avait trouvé des moyens nouveaux, des procédés inconnus pour étonner l’imagination, pour séduire les esprits assoiffés de Beau, venait de mourir en quelques heures dans un lit d’hôpital, – quelle destinée ! Et tant de grandeur et tant de malheur, pour soulever un tourbillon de phraséologie bourgeoise, pour devenir la p â t u re et le thème des journalistes vertueux ! » Pendant dix-sept ans, Baudelaire traduira les œuvres de Poe et réunira ses contes en trois recueils devenus fameux, H i s t o i res extraord i n ai res, Nouvelles histoires extraord i n ai res, et H i s t o i res grotesques et sérieuses. ■



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :