Arte Magazine n°17 22 avr 2000
Arte Magazine n°17 22 avr 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de 22 avr 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Apocalypse Viêt-nam... 30 ans de guerre, et après ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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m ardi 25 avril Poe vu par... Un grand documentaire et les adaptations rares signées Alexandre Astruc, Maurice Ronet et Claude Chabrol. Avec Fanny 21.40-01.35 Edgar Allan Poe M a î t re du conte fantastique, Edgar Allan Poe (1809-1849) nourrit toujours l’imagination des peintres, des cinéastes et des écrivains. ARTE lui rend hommage avec un documentaire complet et de rares adaptations de ses célèbres nouvelles. Ardant, Matthieu Carrière, Pierre Clémenti, Joséphine Chaplin, Arielle Dombasle... RB L’écrivain américain Edgar Allan Poe (1809- 1849) est sans conteste l’une des figures les plus fascinantes de la littérature. Connu pour ses nouvelles fantastiques, mille fois adaptées au cinéma (la Chute de la maison U s h er, le Puits et le pendule), il invente le personnage du génial détective amateur avec Dupin (la Lettre volée, Double assassinat dans la rue Morg u e). Brillant conteur, doté d’une imagination baroque et cru e l l e, Poe est aussi un esprit singulier. Ses hist o i res sont traversées de multiples dérèglements érotiques et fantastiques. Son chefd’œ u v re, les Av en t u res d’Arthur Gord on P ym, peut se lire comme un grand ro m a n d’a v en t u res maritimes pour la jeunesse (Jules Verne en donnera même une suite avec le Sphinx des glaces). Sauf que, mutinerie et cannibalisme aidant, Gordon Pym re g orge de scènes absolument insoutenables. La fin du livre, abrupte et hautement symbolique, engloutit les héros dans un tourbillon, tandis que se lève une silhouette blanche. On prétend le livre inachevé, il n’est peut-être qu’absolument moderne. Claude Chabrol dirige sa vache et ses comédiens dans une adaptation bouffonne du Système du docteur Goudron et du professeur Plume. Poe est ainsi un auteur qu’on peut lire à tout âge, en tout cas en France. La réputation qu’il a acquise ici constitue encore aux yeux des Américains un étonnant mystère. C’est B a u de l ai re qui, avec ses traductions et ses c o m me n t ai res de l’œuvre, le fait connaître en France. Stéphane Mallarmé et Paul Va l é ry le célèbrent à leur tour comme poète et philosophe. Enfin, symbolistes, s urréalistes et théoriciens du nouveau roman rendent hommage à son génie. Les c on t roverses autour de la vie de Poe ont donné lieu à un déchaînement d’études psychanalytiques, expliquant son caractère complexe notamment par un désir inassouvi pour sa mère, morte lorsqu’il avait deux ans. La psychanalyste Marie Bonaparte alla jusqu’à le considérer comme un cas e x e m p l ai re de complexe d’Œdipe avec tendances sado-nécrophiliques. Les études actuelles s’attachent plutôt à un retour au texte et à une analyse pro prement littéraire de son symbolisme subtil. C’est dans ce c a d re que la soirée cherche à re n d re à l’écrivain la place qui lui re v i ent.
21.40 La chute de la maison Usher Téléfilm d’Alexandre Astruc (France, 1980-58mn) Adaptation et dialogues : Pierre Pelegri Avec : Fanny Ardant (Madeline), Matthieu Carrière (Roderick), Pierre Clémenti (Allan), Jacques Dacqmine (le docteur Hawthorne), Fernand Guiot (London) Musique : Georges Delerue Fanny Ardant, Matthieu Carrière et le regretté Pierre Clémenti réunis par A l e x a n d r e Astruc pour une adaptation d’un des contes fantastiques les plus connus de Poe. Roderick Usher, guetté par la folie, appelle à l’aide son ami Allan, le narr a t e ur. Il souff re en effet d’une hypersensibilité des nerfs qui décuple ses perceptions. Ainsi il éprouve la douleur et la mélancolie de sa sœur Madeline qui, malade, dépérit lentement. Après l’enterrement de Madeline, Roderick est persuadé que sa sœur vit encore : « N ou s l’avons enterrée vivante dans sa tombe », répète-t-il sans cesse, comme obsédé par un mystère macabre. Atmosphère fuligineuse A l e x a n d re Astruc, également réalisateur pour la télévision d’une adaptation de la nouvelle le Puits et le pendule (1963), parvient à transposer l’angoisse suscitée par la lecture de la Chute de la maison Usher. Le fantastique s’installe ici pro g re s s i v e- ment. Il se crée une atmosphère obscure, e m preinte de mystère et de mort. Dans cette histoire inquiétante, Pierre Clémenti – d i s p a ru il y a quelques semaines –, Fanny Ardant et Matthieu Carr i è re conviennent parfaitement aux personnages de Poe. 22.40 Poe, visionnaire de l’irréel Documentaire de Manfred Uhlig (Allemagne, 1999-46mn) Les documents, les citations de l’auteur, les analyses de spécialistes de l’œuvre, font un portrait vivant d’un Edgar Poe hanté par de sombres visions. Le documentaire laisse parler les lieux et les personnages qui furent importants pour Poe, et met en parallèle la transposition litt é r ai re qu’il en a donnée. En cre u s a n t quelques points essentiels de sa vie et de son œuvre, il évoque en même temps le puritanisme de la société américaine, qui a sans doute largement contribué à la réputation sulfureuse de l’écrivain. Il est vrai que la vie de Poe fut marquée par la dépression et l’alcool, et par de violentes passions, comme celle qu’il éprouva pour sa cousine Virginia. Celle-ci l’épousa à l’âge de quatorze ans et mourut prématurément de phtisie. Tous ces éléments donnèrent lieu aux spéculations et aux interprétations les plus curieuses. Face à cela, le documentaire nous présente l’image complexe d’un homme et d’un créateur dont il s’appro c h e avec retenue et sensibilité. Lire notre biographie page 21. Fanny Ardant (Madeline), parfaite en héroïne diaphane. Edgar Poe et sa cousine Virginia interprétés par des acteurs. L’art de l’étrange « Parmi les écrivains trop rares qui ont travaillé à la limite de la rêverie et de la pensée objective, dans la région confuse où le rêve se nourrit de formes et de couleurs réelles, où réciproquement la réalité esthétique reçoit son atmosphère onirique, Edgar Poe est l’un des plus profonds et des plus habiles. Par la profondeur du rêve et par l’habileté du récit, il a su concilier dans ses œuvres deux qualités contraires : l’art de l’étrange et l’art de la déduction. » (Gaston Bachelard, préface des Aventures d’Arthur Gordon Pym, Ed. Stock, 1944)



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