Arte Magazine n°17 22 avr 2000
Arte Magazine n°17 22 avr 2000
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de 22 avr 2000

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Apocalypse Viêt-nam... 30 ans de guerre, et après ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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d i m a n c h e23 avril Rome Fellini : « Cette dame qui rentre en rasant les murs du palais patricien est une actrice romaine, Anna Magnani, elle pourrait être le symbole de la ville : Rome, louve et vestale, aristocrate et gueuse, sombre, bouffonne… Je pourrais continuer jusqu’à demain. » Anna Magnani : « Federico, va dormir ! » ●●● ne. Puis les fresques se désintègrent au contact de l’air… Omniprésent et incompréhensible, le passé s’efface au fur et à mesure, semble dire Fellini. Si l’on excepte le temps de l’enfance, placé en intro du c t i on, son film alterne deux époques : celle d’un jeune journaliste, double de Fellini débarquant de Rimini, et le présent, où un réalisateur re g arde autour de lui sans re c on n a î t re la ville. Les maisons closes, par exemple, n’existent plus, tombées en désuétude pour cause de révolution sexuelle. « Je les ai fait re v i v re, pierre par pierre – en plastique, bien sûr ! – en dépit du monde moderne qui les a fait disparaître », déclare le cinéaste – et les deux bordels, l’un chic, l’autre populaire, déballent leur tourbillon de femmes dévoreuses qui s’arrachent les mâles à grands coups de gueule. On croise sans arrêt des personnages persuadés qu’hier la ville était me i l l e u re (voir la scène de la princesse solit ai re rêvant au temps où le cardinal était re ç u chez elle en grande pompe, prétexte à un ahurissant défilé de mode ecclésiastique). Mais au-delà de ce refrain nostalgique, les rues du Tr a s t e v e re de 1939 ne sont pas plus b ruyantes et grouillantes que la Rome en fête de 1971. « C’est une mère idéale, pre s qu e i n d i ff é rente, c’est une mère qui a trop de fils pour pouvoir se consacrer entièrement à toi » : la vision apocalyptique que Fellini en livre cache peut-être la blessure secrète d’un jeune homme qu’elle n’a pas tout de suite reconnu et qui n’est que son fils adoptif. 22.35 Jubilate Deo Rome 2000 Documentaire de Paolo Pisanelli (Italie, 2000-1h30mn) Coproduction : La Sept ARTE, Tele +, Fandango, On Line Productions Cinquante millions de pèlerins et de touristes sont attendus à Rome pour le jubilé 2000. À cette occasion, la ville s’est off e r t un formidable lifting. Paolo Pisanelli a filmé les préparatifs et l’hystérie collective qui s’est emparée de Rome pendant neuf mois. Vingt millions de touristes envahissent Rome chaque année. Pour le jubilé du millénaire, on en attend cinquante-cinq millions ! Un budget colossal a été prévu pour embellir la ville. Rome s’est transformé en énorme chantier urbain sur lequel ont travaillé près de 50 000 personnes et qui a modifié la vie et le rythme de la ville tout entière. Malgré tout cela, comme en toile de fond, il y a la religion : l’attente fébrile, les groupes qui se pr é p a rent au pèlerinage, la re c h erche de la spiritualité et le Vatican, présence immobile, silencieuse, secrète. Structuré comme une c h ronique, ce documentaire raconte les neuf mois qui ont précédé l’ouvert u re de la p orte Sainte de la basilique Saint-Pierre. Rome triomphale Le film commence le 2 mai 1999, avec la béatification de Padre Pio. C’est un peu la répétition générale du jubilé : ce jour-là, le peuple catholique de l’Italie du Sud vient voir le triomphe de son Saint. Un million de personnes investissent Rome ! Il y a des milliers d’autocars, des récits de miracles, des écrans géants, des guérisons... En marge de la manifestation, la ville est complètement paralysée. Le jubilé 2000, lui, a o fficiellement commencé le 24 décembre 1999, le jour de l’ouvert u re de la port e Sainte. Mais c’est au moment du passage au nouvel an 2000 (sur lequel le film se termine) que l’attente de la ville a véritablement explosé. Rythmé par le compte à rebours des grandes horloges électroniques, Jubilate Deo présente les préparatifs de la fête en croisant une multitude de scènes. De temps en temps, le rythme s’arrête. Et le regard, presque ébahi, survole le paysage urbain de la ville.
23.45 Bons baisers de Rome Documentaire de Laura Muscardin (France, 2000-52mn) En collaboration avec Nanni Balestrini Coproduction : Fandango, La Sept ARTE, On Line Productions Douze coups de foudre, autant d’histoires d’un inguérissable « mal de Rome ». Douze étrangers racontent leur arrivée à Rome, le moment où ils sont tombés amoureux de cette ville fatale et ont décidé d’y faire leur vie. Douze histoires d’amour différentes, passions violentes, attractions romantiques, unions sereines, concubinages agités, trahisons et fidélités. Nos a m ou reux – un acteur, une jeune philosophe, une chanteuse d’opéra, une photographe, une musicienne, un pro f e s s e ur, une artiste – proviennent de cultures diff é- rentes, de pays lointains, et sont encore a u j o urd’hui incapables de re p art ir. Une a p proche inédite de cette ville par ailleurs connue pour la beauté de ses monuments, son histoire millénaire, mais aussi pour son aspect chaotique, sa difficulté d’approche... Le Colisée en chantier, le dôme de Saint-Pierre bien gardé. Mélange de bizarrerie et de chaleur humaine, Rome est devenue le refuge d’originaux du monde entier. Pour quelques-uns seulement On dit qu’il existe trois manières de visiter la Ville éternelle : il y a ceux qui restent tro i s jours pour pouvoir dire qu’ils y ont été ; ceux qui y passent deux semaines et racontent qu’ils l’ont vue ; enfin, il y a ceux qui s’y arr ê- tent plus longuement et qui finissent par y rester toute leur vie. Cet itinéraire-là est r é s ervé à quelques-uns seulement, et en p articulier à des étrangers. C’est ce tro i s i è- me itinéraire – ou mieux, cette troisième dérive – que ce documentaire entend raconter : des vies diff é rentes, des interprétations d i v ergentes d’un lieu devenu décor de l’âme, miroir de la vie, et de ses contradictions parce que, comme le disait Pasolini, Rome est en même temps la plus belle et la plus laide des villes. Il ne s’agit pas nécess ai rement d’une Rome « douce » et ro m a n- tique. Le documentaire montre les banlieues où aucun touriste ne viendra jamais, et raconte le caractère fascinant de cert ai n s qu artiers désolés. C’est une Rome folle où nos extravagants personnages, comme autant de « désadaptés internationaux », ont t rouvé un cadre qui leur sied parf ai t e me n t, fait de bizarrerie et de chaleur humaine.



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