Arte Magazine n°16 11 avr 2020
Arte Magazine n°16 11 avr 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de 11 avr 2020

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : dans le sillage d'Ulysse avec Sylvain Tesson.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTE MAG N°16. LE PROGRAMME DU 11 AU 17 AVRIL 2020 6 Du lundi 13 au vendredi 17 avril à 17.45 Série documentaire Dans le sillage d’Ulysse avec Sylvain Tesson Lire page 16 p 6/4 11/6 Heureux qui comme Ulysse Quand Sylvain Tesson aime, il ne fait pas les choses à moitié. Au point de s’isoler, en 2017, des semaines entières dans une cabane des Cyclades, et y puiser l’inspiration de ses chroniques radio * consacrées à l’Iliade et l’Odyssée d’Homère, un de ses poètes préférés. «À son retour, je lui propose, à la manière d’une boutade, de partir en voilier accomplir à notre tour le voyage d’Ulysse. Naviguer, rencontrer et raconter. Mais aussi, prendre le temps et contempler», raconte son ami Christophe Raylat, réalisateur de cette fabuleuse exploration en cinq épisodes. Après plus d’un an de préparation, l’Akhenaton, fière goélette aux boiseries acajou, appareille. Avec Sylvain Tesson pour capitaine, l’aventure suivra les errances du héros grec, naviguant dix années durant pour rejoindre son royaume d’Ithaque après la défaite des Troyens. Géographe de formation, l’écrivain voyageur le plus lu de France (il s’est vendu plus de 500 000 exemplaires de La panthère des neiges, son De la Sicile à la Turquie, l’écrivain Sylvain Tesson se glisse dans la peau du héros de l’Odyssée d’Homère pour refaire en bateau son périple à travers la Méditerranée. Une épopée poétique aux confins des mythes de notre civilisation. dernier livre en date) s’inspire de l’itinéraire imaginé il y a un siècle par l’helléniste Victor Bérard. Ainsi, l’île sarde de Tavolara devient le repère des Lestrygons anthropophages, le cimetière napolitain des Fontanelles, la porte des Enfers et le volcan du Vésuve, l’antre du cyclope Polyphème. VERTIGES ET MERVEILLES Guidée par les chimères, les monstres et les légendes du récit homérique, l’expédition chemine aux confins du mythe, dans ce monde méditerranéen fécondé par l’épopée antique, pour en faire résonner les échos dans notre présent. «Ulysse est confronté à des épreuves et des questions universelles. Lorsqu’on lit Homère, on se dit  : Ulysse, c’est moi», observe Christophe Raylat. Arpentant, cheminant, escaladant, Sylvain Tesson dresse des analogies au fil de ses pérégrinations  : le chant vénéneux des sirènes rappelle les pièges d’Internet et de la surveillance généralisée ; les compagnons d’Ulysse, punis de mort pour avoir dévoré les bœufs d’Hélios, la destruction de la nature par l’avidité humaine. «Les dieux n’ont pas toujours été tendres avec nous. Il a fallu composer avec une météo incertaine, des vents forts», se souvient le réalisateur. Mais nous avons eu des petits miracles  : l’éruption inattendue de l’Etna ou l’amicale présence des dauphins lorsque nous évoquions Apollon.» Ainsi imprégné de merveilleux, le voyage montre aussi, deux mille cinq cents ans après Homère, combien sa poésie continue d’irriguer le quotidien de ses lointains descendants, à l’image de ces chanteurs traditionnels albanais disant devoir leur art à Zeus. «Homère n’est pas mort. Il vit dans le cœur des gens», se réjouit haut et fort Sylvain Tesson. Clara Le Quellec * Diffusée par France Inter, la série Un été avec Homère a donné lieu à un livre (Éditions des équateurs/France Inter, 2018). LATO SENSU PRODUCTIONS
NILAYA Alors que l’obésité et les maladies chroniques associées explosent, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade pointent les ravages de la nourriture industrielle dans une enquête à la fois alarmante et combative. Entretien. Mardi 14 avril à 20.50 Documentaire Un monde obèse Lire page 18 MM 7/4 12/6 Sylvie Gilman Thierry de Lestrade Le poison de la malbouffe Qu’est-ce qui vous a poussés à réaliser ce film ? Sylvie Gilman  : L’Organisation mondiale de la santé a parlé d’épidémie mondiale d’obésité et lancé l’alerte dès 1997. Alors pourquoi, malgré les prises de conscience, les chiffres continuent-ils d’augmenter dans le monde depuis vingt ans ? On stigmatise toujours les individus en les désignant comme coupables de leur surpoids, mais on ne s’interroge jamais sur leur environnement devenu «obésogène». Un marketing hyperefficace encourage ainsi partout la malbouffe. Tout le monde a peur du coronavirus, mais la peste alimentaire, jusqu’à présent, tue dans des proportions bien plus importantes. À quand une vraie réponse politique ? Thierry de Lestrade  : Nous avons cherché à combattre les idées reçues façonnées par le lobby agroalimentaire et relayées dans les messages de santé publique  : il suffirait de manger moins et de faire de l’exercice pour maîtriser ses kilos. Or la croyance selon laquelle le poids résulterait d’un équilibre entre les calories avalées et les calories dépensées est fausse. Le système hormonal, et notamment l’insuline, jouent un rôle clé. Considérez-vous que les industriels de l’agroalimentaire nous empoisonnent sciemment ? S. G.  : C’est très clairement ce qu’affirment des acteurs de santé publique que nous avons filmés. Les études pointant les effets de la malbouffe sur la santé s’accumulent, et pourtant une industrie comme celle du sucre les ignore et défend ses produits avec les mêmes méthodes que les fabricants de tabac  : financement d’autres études scientifiques, discrédit de certains chercheurs, lobbying pour bloquer les réglementations... T. deL.  : Les industriels connaissent les impacts de leurs produits et, au mieux, regardent ailleurs. Ces derniers ont du succès parce qu’ils ont été rendus savoureux, addictifs, pratiques et peu chers. Depuis les années 1980, les dépenses alimentaires des ménages ont suivi une courbe descendante alors que leurs frais de santé n’ont cessé d’augmenter. Ce n’est pas un hasard. L’exemple du Chili, qui a adopté des logos d’alerte sur les produits dépassant un certain seuil de gras, de sucre, de sel ou de calories, vous incite-t-il à l’optimisme ? T. deL.  : Ce dispositif, au fond, relève du simple droit à l’information sur les produits, et pourrait être appliqué partout. La deuxième étape consistera à s’attaquer au degré de transformation des aliments. S. G.  : L’exemple chilien prouve que les améliorations s’obtiennent sous la contrainte. Considérer l’industrie comme un partenaire responsable prêt à changer ses pratiques, comme en Allemagne, n’a jamais fonctionné. Il faut réglementer, éduquer et revenir à des aliments de base. Propos recueillis par Manon Dampierre 7ARTE MAG N°16. LE PROGRAMME DU 11 AU 17 AVRIL 2020



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